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OBSERVATION II

Tumeur ostéo-dentaire du volume d'un gros œuf enkystée dans l'épaisseur de l'os maxillaire inférieur. Inflammation ulcéreuse des parois du kyste: Fistules ossifluentes multiples. Résection de la moitié gauche du corps de” la mâchoire el d'une portion de sa branche. Guérison. tn

Dans les premiers jours du mois de mai 1885, M. L.…, négociant à la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), me présenta son fils, que d’après le conseil de M. le docteur Lerminier, savant et habile praticien de cette ville, il avait conduit à Paris pour lui. faire subir une opération nécessitée par une maladie de l’os maxillaire inférieur, dont il avait ressenti les premières atteintes vers l’âge. de cinq ans.

Historique de la maladie. — À cette époque, le jeune L..., éprouva dans le côté gauche de la mâchoire, des douleurs assez longtemps intermittentes, puis continues et si aiguës, que, parvenu, à l’âge de sept ans, 1} dut subir l’extraction des deux petites molaires, bien qu’elles fussent saines, dans la pensée où l’on était qu’elles gênaient l’é- -volution des dents secondaires. Cette opération produisit un soulagement notable, les douleurs intra-maxillaires cessèrent, mais bientôt après, une petite tumeur arrondie, dure, du volume d’une noisette, se dessina sur la face externe de la mâchoire, en regard des alvéoles des dents qui avaient été arrachées. |

Longtemps circonscrite, indolore et stationnaire, cette tumeur ne fit des progrès sensibles qu’au bout de huit ans. La totalité de la moitié gauche de la mâchoire se tuméfia, si bien que ses deux faces, au lieu d’être planes, étaient, dit le malade, larges et arrondies. Une circonstance, en outre, le frappa vivement, ce fut l’absence des

n 0 RES grosses molaires qui n’ont point poussé à gauche, bien qu’elles fussent régulièrement développées à droite.

L’ampliation morbide de la mâchoire s’accompagna, à plusieurs reprises, d’un mouvement fluxionnaire des gencives, de la joue et de toute la moitié gauche de la face. Très douloureuse chaque fois qu’elle se produisit, cette fiuxion eut pour résultat d’entretenir et d’augmenter la tuméfaction des parties molles, de telle sorte ‘que bientôt la différence de volume entre les deux côtés du visage devint très apparente et constitua une véritable difformité. LE ;

Au mois de novembre 1854, le gonflement prit des proportions considérables, une inflammation très vive envahit la base de la mâchoire et de la région cervico-maxillaire. Un traitement antiphlogistique dut être employé, deux applications de sangsues eurent lieu. Quinze jours après, les symptômes inflammatoires s’amendèrent, une collection purulente formée dan$ l’épaisseur de la joue, s’ouvrit spontanément et donna issue à une notable quan- tité de pus d’une odeur fétide. L'ouverture de cet abcès est demeurée fistuleuse, les tissus ambiants se sont amincis, décollés, et sous eux, l’os resta dénudé sur une assez grande étendue.

Etat actuel. — Le jeune 1... est âgé de vingt ans, fort, bien développé, il est doué d’une constitution excellente, et sa santé n’a nullement souffert de l'affection locale dont il est atteint. |

Celle‘ci se révèle à l’extérieur par une tuméfaction considérable de la joue gauche plus que triplée de volume, elle accuse la forme ovoïde qu’a imprimée à l’os maxillaire correspondant un développement excentrique très marqué.

En faisant ouvrir la bouche au malade, ce qu’il fait

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avec assez de facilité, on voit en effet que toute la moitié gauche de cet os$ressemble, pour la forme et le volume, à un gros œuf de dinde. Il résulte de cette disposition, que la base de la mâchoire se confond sans ligne de démarcation appréciable avee ses faces interne et externe qui décrivent une courbe très prononcée. FA |

La tumeur ainsi constituée est uniforme, égale, sans bosselure, sans aucun us irrégulier à sa surface. Dure et résistante, elle ne cède en aucun point à la pression et ne donne nulle part le bruit de crépitation caractéristique de l’amincissement du tissu osseux. Le relief qu’elle forme extérieurement masque la partie supérieure et latérale du cou, au-devant duquel elle descend dans une étendue de plusieurs centimètres. ;

Du côté de la bouche, lP’ampliation de l’os a forcé la langue à se dévier de sa direction et le plancher buccal est refoulé de gauche à droite.

Le bord alvéolaire, singulièrement élargi, ne présente, à partir de la première dent bicuspide régulièrement placée dans son alvéole, aucune des autres dents molaires qui devraient s’y trouver. Le tissu des gencives, d’un rouge foncé, est épaissi et induré. Dans un point circonserit, de la grandeur d’une pièce de vingt centimes,-ce tissu s’interrompt et laisse à nu, une surface grisâtre, inégale, lugueuse, qui, percutée avec une sonde métallique, rend un fon sec, comme ferait la couronne d’une dent enfouie dans l’alvéole.

Quant aux limites de lasmaladie, en avant, elle ne dépasse pas la symphyse du menton, et en arrière, on peut atteindre le point où elle s’arrête, à l’aide du doigt porté à l’isthme du gosier, sur le bord postérieur de la branche maxillaire, dont la partie la plus élevée est saine, ainsi que le col et le condyle articulaire.

J’ajouterai, pour compléter cet exposé symptomatique, qu'il existe à la base de la tumeur, plusieurs trajets fistuleux ossifluents ; qu’à deux travers de doigt de la commissure labiale gauche, se voit un ancien foyer purulent, qui a produit le décollement de la peau violacée et fort amincie dans une étendue de quatre centimètres ; enfin, que plusieurs ganglions lymphatiques sous-maxillaires sont notablement hypertrophiés et indurés.

Quant aux troubles fonctionnels dérivant de l’état pathologique qui précède, légers dans l’origine, ils se prononcent davantage chaque jour ; ainsi la phonation est embarrassée, la mastication est douloureuse et incomplète, la déglutition ne s’opère souvent qu'avec difficulté, et la respiration éprouve une gêne notable, toutes les fois qu’un mouvement inflammatoire vient de nouveau à s’emparer de la tumeur et des parties molles qui y confinent.

Enfin il existe pour le malade deux inconvénients très graves, résultant l’un de la difformité très marquée de son visage, et l’autre de l’écoulement incessant d’un pus fétide, provenant des fistules compliquées de carie ostéodentaire.

Forget. Anomalies dentaires, 1859.

OgservarTtion IIT

LA

Accident d'éruption de la dent de six ans inférieure droite Douleurs par compression.

L'enfant K.., jeune Rouennaise, âgée de 6 ans et demie, nous est amenée pendant un séjour à Paris. Elle souffre, depuis la veille, de douleurs sourdes continues, du côté droit, dans la zone du dentaire inférieur tout le long de la mâchoire ; de temps en temps, surtout la nuit, des exa-

: ve 5% “ ï cerbations douloureuses Ini font pousser des cris violents. La mère nous raconte que rien ne la calme, que rien non plus ne provoque ces phénomènes qui semblent spontanés. À l’examen de la bouche, les incisives médianes de lait, inférieures, commencent à s’écarter et sont légèrement branlantes ; trois dents de six ans sont sorties, les deux supérieures complètement, l’inférieure gauche presque entièrement, sauf un petit capuchon de gencive qui recouvre encore la partie postérieure de la face triturante ; mais la première grosse molaire inférieure droite seule, n’est pas même apparente, la gencive est très rouge à ce niveau, surélevée, douloureuse à la moindre pression avec’ le doigt ; si nous le pressons un peu plus fort, la douleur s’exaspère en une crise violente sur toute l’étendue du maxillaire inférieur du côté malade s’irradiant jusque dans l’oreille, la tempe, et même la nuque. Nous faisons un léger badigeonnage de teinture d’iode à ce niveau, nous ordonnons un collutoire cocaïné et un peu d’antipyrine. Le lendemain nous revoyons l’enfant nullement amélioré, les douleurs s’atténuaient un peu avec le collutoire, mais elles ne tardaient pas à réapparaître, et depuis le matin, rien ne parvenait plus à la calmer. Nous faisons alors un large débridement crucial de la gencive recouvrant la dent dessix ans inférieure droite, au galvano-cautère. Dans la profondeur de la plaie, nous sentons à la sonde exploratrice, la face triturante de cette dent. Ses phénomènes douloureux disparaissent immédiatement. Ils ne se sont pas reproduits.

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OBSERvATION IV

Accident d’éruption de la dent de six ans inférieure droite Gingivo-stomalite et lrismus

En mai 1893, nous est amené, à l’hôpital Saint-Antoine, à la consultation du docteur Monod, dont nous avions l’honneur d’être l’interne, un jeune garçon de 6 ans et demi, pâle, amaigri, l’haleine horriblement fétide ;: un trismus intense l’empêche d’ouvrir la bouche de plus d’un demi-centimètre ; il présente une légère tuméfaction de la face au niveau de la moitié inférieure de la joue droite.

Il n’avait aucune dent douloureuse, nous dit la mère ; mais depuis cinq à six jours, il se plaignait d’un peu de gêne au niveau de la gencive inférieure droite, quand V’avant-veille, des douleurs se manifestèrent sur le trajet du dentaire inférieur de ce côté, avec irradiations particulièrement pénibles dans l’oreille. ,

Nous constatons que toute la face externe du maxillaire inférieur à droite est extrêmement sensible au toucher, un peu plus chaude que la région voisine, que les ganglions sous-maxillaires sont tuméfiés et douloureux. Léger état fébrile.

Vu l’impossibilité d'ouvrir la bouche, nous nous contentons d’ordonner de fréquents lavages à l’eau phéniquée faible, avec un irrigateur, la tête penchée en avant ; ous conseillons un peu de sulfate de quinine, des toniques.

Le lendemain matin, l’état général et local est très notablement amélioré, l'enfant entr’ouvre mieux la bouche, les douleurs ont complètement cessé.

1 nous est alors possible de constater l’absence de toute carie, au niveau des dents de lait ; pas une dent de six

PLU SRE

ans n’est apparente, sauf en bas, à droite, où on la voit poindre, surmontée d’un capuchon violacé, boursouflé, dont l’inflammation s'étend à la gencive et à la joue à ce niveau ; il y a là une gingivo-stomatite très intense. ‘ La douleur qui persiste à la pression sur la face externe de la mâchoire est l’indice de la propagation au périoste de l’inflammation qui s’est étendue de là au masséter, d’où le trismus. Même traitement.

Enfin le soir même, l’amélioration est telle qu’il nous est possible de dégager la dent de six ans au galvanoeautère, et de faire à ce niveau des attouchements d’eau

phéniquée au 507%,

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