‹ La Dent de Six AnsChapitre 4 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La bouche, pour le médecin, n’est pas uniquement l'orifice d'entrée, le vestibule, c’est encore la première cavité de l'appareil digestif. Les organes dont elle se compose,

offrent au clinicien un puissant concours pour lui permettre de rechercher la cause et d'établir le diagnostic d'une affection. -

Or, les médecins comme les parents, ne regardant

: jamais la bouche des enfants dès qu'ils ont fait leurs molaires de lait, considèrent les premières grosses molaires comme faisant partie de la série temporaire des dents de lait et croient à leur caducité.

De là, ces opinions erronées ou conlradicloires chez les médecins, les dentistes et même les anatomistes au sujet

de son éruption et le mystère qui semble planer sur les accidents d'évolution de celle dent.

C'est pourquoi nous avons cru bon de signaler des faits curieux et intéressants renfermant, d’une façon pour ainsi dire condensée, des accidents très peu connus.

En attirant l'attention du monde médical sur ce point de pathologie par trop ignoré et non mentionné dans Îles classiques, nous avons essayé de jeter un peu de clarté sur une question mjustement restée dans l obscurité, afin de fournir des matériaux qui, repris plus tard par des mains plus habiles et plus autorisées, pourront compléter une étude de clinique infantile.

Nous nous sommes donc efforcé de mettre en lumière des accidents capables d’égarer la sagacité d’un observateur, en rappelant que dans une période parfaitement déterminée, il se passe dans la bouche et dans le périmètre péri-buccal des phénomènes pathologiques, conséquence d’une éruption dentaire. |

On ne l’a d’ailleurs pas assez fait remarquer ; ces deux époques, si pleines d’analogie, de six à sept ans et de dixhuit à vingt-cinq ans, constituent des périodes où s’accomplissent des transformations biologiques importantes : d'une part la seconde enfance, de l'autre l’âge adulte. La nature semble alors prendre soin de les marquer avecune maternelle sollicitude chez les premiers par le renouvellement des dents, chez les seconds par lachèvement du système dentaire. Les changements et modifications produits alors dans l'organisme sont le résultat de lois qui agissent en silence mais d’une manière constante.

Ce n’est pas de la théorie que nous apportons ici et on ne pourra pas nous accuser d’avoir sacrifié au vain attrait d'innover et d'enrichir d'un chapitre, créé à plaisir, la pathologie de l'enfance.

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La question que nous soulevons à vivement exeité el sollicité notre intérêt, indépendamment de son importance, de son originalité, de sa nouveauté et de l'insuffisante exploration dont elle avait été l'objet.

Les troubles provoqués par cette dent n'ayant pas éveillé la curiosité ou la sagacité des cliniciens et étant restés dans l'ombre, méritaient d’être tirés de l'oubli et signalés parce qu'ils correspondaient à une période d’éruption très précise et aujourd’hui classique, mais d’un diagnostic difficile.

Les amateurs du paradoxe onttenté sans succès, même devant l'Académie de médecine, de dénier à l'éruptlion des dents toute cause d'accidents pathologiques. Ilne nous parait pas inutile de le rappeler, la recherche de la nouveauté ne saurait usurper la place d'un fait clinique.

« C’est à la clinique seule, dit Roger (1), qu'il faut demander la justification de cet éelectisme, à la clinique moderne et non pas à l’ancienne. Les juges les plus compétents sont les auteurs de bons écrits sur la matière etont consigné dans des articles spéciaux les abondants et précieux souvenirs de leur clientèle de la ville et de Phôpital. Tous ces praticiens experts sont d'accord pour'admettre qu’un certain nombre d'accidents locaux ou généraux produits par voisinage où par action réflexe. sont. imputables à l’évolution dentaire : chez quelques enfants, ils en ont vu, et bien vu, se développer en dehors de toute autre cause, au moment de léruption d'une dent, cesser aussitôt après la sortie, et récidiver semblablement à l'occasion d'une éruption nouvelle. »

-. Nier ces accidents, c’est nier l'évidence, disait Hérard,

(1) Roger, Rapport à l'Académie de Médecine, 1883.

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