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tous les médecins les ont constatés au moment de l’éruption des dents et Charpentier de se ranger à l'avis de son collègue de l’Académie et d'affirmer à son tour que le travail de la dentition est bien la cause unique de la sto: matite. Si l’on a pu reprocher avec quelque vraisemblance à nombre d'auteurs, d'avoir exagéré les accidents de la première dentition el d’avoir mis sur leur compte une foule de maladies imaginaires, on peut dire que la tendance du médecin à l'égard de la première molaire est inverse. Il ne l’incrimine jamais, car elle passe inaperçue : on l'ignore.
Quoique moins nombreux en apparence que ceux de la première dentition, ces accidents n'ont-ils pas leur place marquée dans la pathologie de la deuxième dentition où figuraient seulement les troubles provoqués ou entretenus par la dent de sagesse ? Leur nombre en indique l'importance, D’après notre statistique qui porte sur plus de vingt mille enfants, il atteint le chiffre de 20 pour cent.
Ce taux élevé étonnera sans doute, ces faits n'ayant pas d’existence pathologique reconnue et étant réputés rares. Cela tient uniquement à ce que ces accidents, peu soupçonnés, souvent ignorés, passent inaperçus et que le praticien, rarement consulté à cet égard, se mé- . prend, les attribue à des causes diverses et les classe la plupart du temps sous une étiquette qui n’est pas la leur.
Nous n'avons pas la prétention de traiter à fond un sujet si difficile, encore plein d’obscurité et d’incertitude au point de vue de l'interprétation de cerlaines complications.
Par le modeste appoint de nos recherches personnelles et en rappelant celles de nos devanciers, du moins espérons-nous avoir contribué à éclairer d'un jour nouveau une question non classique de la pathologie de l'enfance.
NT ri pee
Notre étude semblera peut-être trop incomplète. Que serait-elle donc si, abandonné à nos propres forces, nous avions dû avancer sans guide et sans autre ressource que nos connaissances par trop restreintes et de notre propre
initiative ? Notre père a bien voulu nous aider de ses conseils et de son expérience. as
C'est au docteur Eyssautier que revient sans doute le mérite d'avoir le premier, en 1886, présenté une descrip-
ton méthodique des accidents d’éruption de la première grosse molaire et d’avoir signalé les méprises qu’occasionne journellement l'interprétation de ces accidents. Pendant plus de 20 ans, il a continué ses recherches et poursuivi ses études sur cetle question plus nouvelle alors qu'aujourd'hui. |
Les circonstances l'ont d’ailleurs favorisé. Chargé pendant dix-huit ans, comme médecin inspecteur, du service dentaire municipal dans les écoles maternelles et primaires dela ville de Grenoble, il a trouvélaun champ d'observation ‘idéal sur l'éruption de la dent de six ans. Ses premiers travaux se sont trouvés dès lors soumis à l'épreuve d’innombrables vérifications et ce contrôle en a été étendu aux deux sexes.
C'est pour nous un devoir bien doux et une filiale satisfaction, au début de cette étude, d'évoquer le souvenir de notre premier maître et il nous est particulièrement agréable de saisir l’occasion de notre travail inaugural pour lui exprimer ici nos meilleurs sentiments d'affection, de gratitude et de reconnaissance.
Attirer l'attention sur ces phénomènes particuliers et si intéressants de la pathologie dentaire de l'enfance, jusqu'ici un peu trop laissés dans l'ombre, en faire un rapide historique, en indiquer la cause en éclairant le point imitial, exposer les phases des accidents et des complica-
SD tions, en décrire la pathogénie et le mécanisme, mettre en lumière les symptômes, en discuter et en établir le diagnostic, en signaler le pronostic, en limiter la marche et la durée, en exposer le traitement : tel sera l'objet de ce travail que nul, si nous ne faisons erreur, n'avait tenté encore.
APE À Der