‹ La dent et l'évolution: De la place de l'homme dans la natureChapitre 17 sur 43 · mondûh · texte numérisé non relu

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(1) Récemment, Francis BELTRAMI, a pensé devoir reconnaître une quatrième origine à cet os mixte : l’origine dentaire, en se fondant sur le fait que c’est l’organe dentaire qui conditionne l’os dentaire.

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Les centres ostéoyènes : a) Centre osseux principal : au quarantième jour (0,015 vertex-coccyx), apparaît dans le tissu mésenchymateux de la future région alvéolaire, sur Le côté externe de chaque cartilage de Meckel (qui apparaîtrait au stade 0,012, mais ces chiffres sont différents suivant les auteurs, à cause des variations individuelles), vers son tiers moyen, une zone osseuse réticulée qui s'étend sagittalement, parallèlement au cartilage et au nerf mandibulaire; cette lame externe s’épaissit à sa partie inférieure, base, et, se recourbant, émet une lame interne de telle façon que le nerf mandibulaire et, un peu plus tard, les vaisseaux mandibulaires se trouveront inclus dans une gouttière alvéolaire où mieux mandibulaire (stade 0,025) ; le cartilage de Meckel se trouve alors situé contre la lame interne (entre la lame et la base) qui se moule sur lui et même, en un point, près de la symphyse meckelienne, va l’envelopper complètement. A l’endroit où le nerf mandibulaire émet sa branche mentionnière, la lame externe laisse un hiatus qui se transformera en #rou mentonnier. La gouttière s'étend en arrière et en avant; en arrière sa lame externe se prolonge et s'élève en formant l’ébauche de la branche montante. Enfin la gouttière se fermera à son extrémité antérieure symphysaire, se fermera partiellement à son extrémité postérieure (foramen mandibulare) et enfin se cloisonnera (alvéoles) autour des germes dentaires au-dessous desquels elle est née.

b) Rôle du cartilage de Meckel : le cartilage de Meckel constitue l’appareil suspenseur initial du 1% are viscéral, alors que la mandibule représente, phylogénétiquement, un squelette local, surajouté et entièrement lié au développement dentaire; mais jusqu’au troisième mois de la vie fœtale le cartilage de Meckel joue

un rôle sustentateur vis-à-vis la mandibule, tant que celle-ci n’a pas pris un point d'appui solide sur le crâne, et il persiste jusqu’au sixième mois chez le fœtus; cependant il joue aussi un minime rôle dans l’ossification de la mandibule. À partir du stade de 0,025, tout près de la symphyse, au point cù la gouttière devient un anneau osseux dans lequel passe le cartilage, ce dernier est envahi par l’ossification puis incorporé progressivement au corps mandibulaire. Tout le reste postérieur du cartilage s’atrophiera et disparaîtra.

c) Formation du condyle et de l’apophyse coronoïde : au stade de 0,043, il apparaît, dans le tissu mésenchymateux, un gros noyau condylien cartilagineux qui sera envahi par l’ossification adjacente du centre dermique ; seule la couche superficielle, articulaire, de ce cartilage persiste chez l’adulte. Au stade de 0,070 apparaît un noyau coronoïdien cartilaginzux qui évolue de la même façon et est complètement ossifié au sixième mois de la vie fœtale.

Croissance de la mandibule : a) Gouttière et alnéoles dentaires : La youttière se ferme précocement à son extrémité symphysaire et plus tardivement à son extrémité postérieure où, au 5° mois de la vie fœtale, elle forme le foramen mandibulare. La gouttière du foetus, de l'enfant et de l’adolescent s'étend normalement jusque sur la face interne de la branche montante, sa limite postérieure primitive étant le foramen mandibulare cu plus exactement l’épine de Spix.

À partir du quatrième mois fœtal, les germes dentaires s’isolent les uns des autres par la formation de cloisons interalvéolaires : la gouttière se subdivise en une série d’alvéoles qui apparaissent dans l’ordre : alvéoles de la canine, des incisives, de la 1e molaire de lait; à la naissance les alvéoles de la 2° molaire de lait et de la 1° grosse molaire communiquent encore large-

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ment; il y a donc six alvéoles chez le nouveau-né; les 5 premiers (Fig. 18) renferment chacun l’ébauche d’une dent de lait et, au-dessous et en dedans, l’ébauche plus fruste de la dent permanente correspondante; le 6° renferme l’ébauche de la 1"° grosse molaire (dent de six ans) et en arrière les germes frustes des 2° et 3° molaires. Au sixième mois de vie réelle, la cloison entre les alvéoles 5 et 6, est complète; ce sixième alvéole est, en grande partie, situé sur la face interne de la branche montante ; 1l s’allongera, semblera se déplacer en avant et se subdivisera; ainsi se forme le septième alvéole {un nn), empiétant, comme le précédent, sur le corps et la branche montante; il contient le germe de la 2° grosse molaire qui fera éruption à treize ans; à son tour 1l s’allongera, sembler s’avancer sur le corps et se subdivisera de façon à former derrière lui le huitième alvéole (six à sept ans) qui contient la 3° molaire ou dent de sagesse; cet alvéole se déplacera lentement en avant, de façon à venir se situer uniquement sur le corps mandibulaire; la dent qu’il contient ne fera éruption qu'entre dix-huit et vingt-cinq ans. Ce huitième alvéole est inconstant et fréquemment soumis à des retards dans son évolution.

Ainsi, lorsque tous ces phénomènes seront terminés, la gouttière qui porte des alvéoles sera uniquement située sur le corps mandibulaire et, de sa partie plus postérieure, il ne persistera que le début du canal mandibulaire.

Dès que la gouttière s’est cloisonnée et divisée en alvéoles, les termes de pars alveolaris ou d'arcade, ou encore d’arc dentaire deviennent seuls appropriés.

b) Canaux mandibulaires : Il existe à la naissance deux canaux principaux, parallèles et superposés : le canal mandibulaire et, sous-jacent à lui, le canal de Serres; ce dernier est. appelé à disparaître.

Au début, les vaisseaux et les nerfs sont libres dans la gouttière, puis le plancher s’exhausse par prolifération osseuse et une veine, bas placée, se trouve circonscrite; ainsi se constitue, du quatrième au neuvième mois, le canal de Serres. Il s’atrophie assez longtemps après la naissance et a disparn vers huit ans, sauf cependant son extrémité toute postérieure qui peut persister très tard. (Fig. 19.)

Contrairement à ce que pensait SERRES (VALLOIS, BENNEJEANT, AUGIER) ce canal ne s'étend pas d’un bout à l’autre de la gouttière alvéolaire et ne contient pas d’artère irriguant les dents de lait, ni de nerfs; il ne contient qu’une petite veine osseuse et s’épuise dans l’os sans dépasser le niveau de la canine, ou sort par un petit orifice soit un peu antérieur, soit sous-jacent au trou mentonnier (VALLOIS et BENNEJEANT), ou, plus souvent, sort par le trou mentonnier, à sa partie inférieure (AUGIER).

Dès que le canal de Serres est formé, le tissu osseux va envelopper de la même façon les nerfs, veines et artères mandibulaires et créer un canal mandibulaire plus important. Ce dernier, chez le nouveau-né parcourt la gouttière alvéolaire jusqu’au

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dessous du quatrième alvéole (1° molaire de lait et future 1'° prémolaire) ; là, il se bifurque en canal incisif et canal mentonnier; le canal incisif est très précocement formé (3° mois); le canal mentonnier cesse de n'être qu’un simple orifice au quatrième mois; il à 0,005 à 0,007 de long à la naissance. Le trou mentonmer est relativement d'autant plus gros que la mandibule est plus jeune; son orientation varie et chez l’adulte 1l s'ouvre en haut et en arrière, le canal mentonnier s’incurvant en haut, jusqu’à la naissance il reste immuablement situé immédiatemnent en arrière de la cloison interalvéolaire qui sépare la canine de la première molaire de lait; dans la suite, il semblera se déplacer un peu en arrière et se trouvera placé chez l’adulte un peu en arrière de la première prémolaire (HUNTER).

c) Symphyse et menton : La synostose symphysaire commence deux à trois mois environ après la naissance et se termine dans la première année après avoir progresse de bas en haut, d'avant en arrière.

La saillie mentonnière, ébauchée chez le fœtus, s’accuse rapidement; c’est, chez le jeune enfant, une saillie triangulaire avec deux méplats latéraux (foveolæ mentales) qui ne sont que la conséquence des deux saillies voisines (alvéolaire et mentonnière); ces méplats s’effacent avec l’âge. Le développement de la saillie mentonnière peut se traduire par les mensurations de l’angle symphysien : 104 deg. chez le fœtus au 5° mois, 93 deg. chez le nouveau-né, 73 deg. à 4 ans, 69 deg. à S ans, 55 deg. chez l’adulte européen (MEREIKOWSKY).

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La présence d’un menton a été donnée comme un caractère spécifique de l'Homme actuel ; ayant été reconnu variable, on put même en faire un caractère de race.

Pour M. Boue, il s’agit ici d’un caractère des plus remarquables et dont la signification au point de vue de la hiérarchie morphologique dans le groupe des Primates ne paraît pas discutable. Aucun Mammifère n'a de menton, il n'y a que l’homme actuel qui en ait un.

Dans la lignée des Hominidés, Pithecanthropus erectus du stade anthropien d’Insulinde, présente une mandibule terminée en avant par un plan oblique de haut en bas et d'avant en arrière, de caractère simien. Palæanthropus nennderthalensis du stade hominien d'Europe, présente une mandibule droite en avant, toujours dépourvue de menton. Le menton apparaît, pour la première fois, chez Veanthropus du stade humain, qui apparaît à la fin de la dernière glaciation, au Pléistocène supérieur.

Chez l’ Homme actuel, la mandibule étant orientée dans le plan alvéolaire, c’est-à-dire suivant une ligne horizontale allant du bord alvéolaire incisif au bord alvéolaire de la dernière molaire (KLAATSCH), si l’on mène une verticale par le bord alvéolaire au niveau de l’incisive médiane, le menton se présente

En saillie très nette en avant de cette ligne, chez l’ Européen;

En saillie tres faible en avant de cette ligne, chez l’Arabe, la symphyse mentonnière étant presque verticale (1).

. Homme actuel.

Fig. 20- Les diffrances de decion de {a S-ymphigee -

(1) Si l’on mène deux verticales, l’une tangente à la cornée, l’autre passant par l’extrémité antérieure de la glabelle, le menton de l'Européen s'inscrit entre les deux lignes; le menton du Sémite s’inscrit en arrière de la verticale cornéenne : le profil du Sémite est « en demi lune ».

Chez le nègre de Madagascar, la symphyse tend plutôt à s'éloigner de cette verticale et àse tenir en arrière, prenant ainsi une direction oblique inverse de celle de l’Européen.

Si nous descendons la série, nous voyons cette tendance du nègre s’accentuer de plus en plus chez les Sin;xes et bien davantage chez les divers Mammifères. L’obliquité est telle chez certains (Lémurs, Lapin) que les dents émergent du bord inférieur du maxillaire. (Fig. 20.)

Vironow décrivait les mâchoires « sans menton » de l'Homme préhistorique, comme tératologiques. WaLxHorr les considérant comme normales pour les hommes de cette époque, chercha la raison de ces différences dans la structure interne de la région. L'examen radiographique de la région de la symphyse de mâchoires humaines, révéla de fortes trajectoires partant des insertions des muscles génio-glosses et digastriques et s’irradiant en éventail dans l’éminence mentonnière. Or, ïe Singe ne les présente jamais. Il en est de même des mâchoires préhistoriques les plus anciennes, notamment celles de Schipka et de La Naulette, celle de Krapina en montre une esquisse et sur les suivantes, celles de Spy n° 1 et de Predmost, elles sont devenues manifestes. En même temps que cette progression des trajectoires, nous voyons s'établir une saillie mentonnière qui suit graduellement leurs variations pour arriver à la forme normale actuelle.

Ce fait est d’autant plus frappant que dans le inême temps le maxillaire inférieur dans son ensemble subit vne rétrogradation manifeste. De même que celle-ci est sous la dépendance de la diminution de la mastication, on peut admettre qu’une augmentation fonctionnelle partielle a dû déterminer un accroissement de la région intéressée. On ne pent donc en rendre responsable que le muscle génio-glosse et son développement progressif. Ce dernier est évidemment sous la dépendance d’une plus grande activité fonctionnelle qui règlerait, selon la loi de Roux la structure interne et partant la morphogénie de cette portion du maxillaire.

Ce fait entraîne d'importantes conséquences : nous devons en déduire logiquement que l’Homme préhistorique se servait moins des muxeles de la langue, la fonction de la parole étant moins importante; les possesseurs des mâchoires les plus anciennes, sans menton, ne faisaient peut-être pas usage du langage articulé.

d) Corps et branche montante : La pars alveolaris, chez le fœtus et le jeune enfant, montre un développement précoce en hauteur, en épaisseur et en longueur, comparativement à la pars basalis et à la mandibule tout entière. On a vu qu’en longueur, la gouttiere empiétait fortement sur la branche montante du fœtus, alors qu’elle sera placée en avant d’elle chez l’adulte. On a dit plus haut que les alvéoles, et partant la gouttière tout

entière, sémblaient se déplacer en avant ; dans la réalité on

admet que celle-ci s'accroît par son extrémité wntérieure tant que la symphyse n’est pas soudée, mais qu’elle s'accroît surtout par son extrémité postérieure. Le trou mentonnier, pris comme point de repère, apparaît très fixe durant toute la vie fœtale et jusqu’à la synostose mandibulaire; ensuite il semble un peu déplacé en arrière par l'accroissement postérieur de toute la mandibule ; il y a aussi un élargissement éransversal de la mandibule; l’arc mandibulaire s'accroît ainsi énormément et finit par permettre à toutes les dents de se loger exclusivement sur le corps mandibulaire, tout en augmentant elles-mêmes de volume. L’allongement postérieur du corps mandibulaire est luimême conséquent de l’allongement postérieur de la branche montante. HUMPHRY à montré expérimentalement que le bord antérieur de la branche montante était progressivement détruit par des processus d’érosion tandis que son bord postérieur était le siège de processus d’apposition, de telle sorte que durant ces phénomènes la branche montante ne se déforme pas mais recule ; le déplacement en avant des alvéoles n’est donc qu’une pure apparence; ils ne cessent, au contraire, de s'étendre en arrière, mais chez l’enfant, moins vite que ne le fait la branche montante. HumruHry explique que les muscles masticateurs sardent leurs insertions et leurs rapports primitifs grâce à leur croissance interstitielle. Les processus d’apposition sont beaucoup plus importants que ceux d’érosion; la diminution de l’angle que fait le bord antérieur avec le bord alvéolaire relèverait de ces derniers qui favoriseraient, en outre, l’allongement de la gouttière (HUMPHRY).

En même temps qu'elle ne s’allonge, la branche montante s'élève; chez le fœtus et le jeune enfant, elle est très basse et très oblique en haut-et en arrière : ainsi le condyle se trouve à même hauteur que le bord alvéolaire; s’il n’y avait pas la saillie de l’apophyse coronoïde, on ne distinguerait as de branche montante; de même l’angle mandibulaire est tout d’abord très obtus (150 à 160 deg. chez le nouveau-né, 140 deg. après la première dentition, 130-110 deg. après la seconde dentition et chez l'adulte) (BrocA, RENARD).

Enfin, les branches montantes s’écartent parallèlement à l’écartement des condyles temporaux et à l’élargissement de la base du crâne; cet écartement est beaucoup plus actif pour les condyles, les apophyses coronoïdes, les branches montantes et aussi la base du corps mandibulaire que pour !’arcade alvéolaire; aussi celle-ci deviendra-t-elle plus interne que tous ces éléments (HUMPHRY).

Chez le vieillard édenté, quel que soit son àge, l’angle mandibulaire reprend ses proportions infantiles (140 deg.) (TOPINARD); l’angle mandibulaire apparaît donc sous la dépendance du développement dentaire, ou mieux, du degré d’écartement des mâchoires, car lorsque cet angle diminue chez l’enfant et l’adolescent, c’est par suite de l’allongement des dents dans le sens de la hauteur. Lorsque les dents tombent, ieur support alvéolaire se

résorbe et la distance intermaxillaire diminue; l’os obéit alors à des forces mécaniques différemment orientées, sa structure interne (fonctionnelle de Roux) doit s’en ressentir mais sa configuration aussi et nous en ïugeons par l'agrandissement de l’angle mandibulaire. Ce sont là des exemples très démonstratifs de la plasticité du tissu osseux à tous les âges (1).

Variations de la mandibule

Dans ses plus importantes modalités morphologiques, la mandibule est commandée par l'appareil musculo-dentaire. Il vient naturellement à l'esprit qu’elle puisse présenter des variations en rapport avec des anomalies du développement, qui ne sauraient nous intéresser ici.

a) Variations de cause dentaire. — D'une façon générale on peut dire que le nombre, le volume, la forme, la situation des alvéoles dentaires dépendent étroitement du nombre, du volume, de la forme et de la situation des dents puisque ceux-là se moulent sur celles-ci. :

Nous ne retiendrons aucun cas d’anvmalies par 2xcès ou par défaut du nombre des dents, considérant que ces anomalies constituent des déviations qui s’écartent de la ligne d’évolution générale et partant, ne peuvent plus présenter d’intérêt pour nous.

(1) Le développement de la mandibule est en étroite corrélation avec celui du maxillaire supérieur.

Fr. BELTRAMI rappelle que chez l’enfant, à la naissance, la distance qui sépare, au maxillaire supérieur, le nasion (point crâniométrique situé médianement sur la ligne de suture naso-frontale au-dessous de la glabelle) du bord alvéolaire où apparaîtront les incisives, est de 0,030 environ, alors que celle qui sépare la cavité orbitaire du rebord alvéolaire où naîtra la seconde molaire temporaire, est en moyenne de 0,010. Or, chez l’adulte la distance nasion-bord incisif dépasse 0,07, l'augmentation étant de 133 %, alors que celle qui sépare la cavité orhitaire des faces triturantes des molaires, est de 0,04, soit une augmentation de 300 %, d’où l’apparition de la tubérosité maxillaire, formation d’un angle presque droit. Le bord inférieur du maxillaire supérieur qui, à la naissance, avant l'apparition des dents, était presque linéaire, se brise à mesure que les premières molaires poussent; le bord inférieur du maxillaire présente alors à considérer un bord occlusal et un bord postérieur tout du long de la tubérosité qui s’est formée.

Le maxillaire supérieur ainsi modelé va à son tour modifier la morphologie mandibulaire. Les molaires supérieures surbaissées vont contraindre les molaires de la mandibule à s’énfoncer; celle-ci primitivement très ouverte, nous l’avons vu, dont le condyle est à la naissance au méme niveau que le bord alvéolaire va, à son tour, se fermer -progressivement à mesure que les molaires pousseront et arriveront au contact; ainsi le condyÿle se trouvera chez l’adulte à 0,042 au dessus du plan occlusal.

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Seules, nous arrêteront, les variations de la dent de sagesse. Nous assistons à la disparition de la dent de sagesse : l'homme tend vers un type à vingt-huit dents par suppression de la troisieme molaire. Darwin la considérait comme une dent en voie normale de disparition. À l’heure actuelle, CUÉNOT insiste sur sa grande variabilité, le polymorphisme étant de règle chez les organes en régression.

Sur les crânes humains fossiles, on n’a pas signalé d’anomalie dentaire numérique; même l'antique mâchoire de Mauer (Pléistocène inférieur) à une formule dentaire normale; il en est de même des crânes fossiles néanderthaliens (Pléistocène moyen). Mais tous ces crânes fossiles, de même que les crânes des races actuelles qui ont conservé des caractères primitifs, ont des dents beaucoup plus volumineuses que dans la race blanche. Non seulement les alvéoles mais la pars alveolaris et même toute la mandibule sont plus développés.

Les mandibules à forte denture, des races humaines ayant conservé des caractères primitifs, présentent un large diastème postmolarire entre l’alvéole de la troisième molaire et la branche montante (1).

La fréquence de la disparition de la troisième molaire est plus grande dans les races modernes et, parmi celles-ci, dans les plus civilisées. Cette disparition n’est pas complète chez certains individus; la dent peut être très diminuée de volume ou ne pas sortir de son alvéole ou bien avorter dans son développement ; sa non-éruption entraîne la formation d’un diastème postmolaire entre la dernière molaire (seconde molaire) et le bord antérieur de la branche montante.

Chez certains sujets, cette dent atteint un volume normal ou presque mais, par suite d’une insuffisance d’allongement de l’arcade alvéoiaire, elle est mal située et garde une position infantile (ectopie) : son alvéole empiète alors sur la branche montante ou même est totalement situé dans la branche montante, en avant du foramen mandibulare; cet alvéole tend alors à s'ouvrir sur la face interne de la branche montante. Il y à des cas plus anormaux où cette dent, très déviée dans son développement, occupe dans la branche montante une situation (hétérotop) qui ne répond pas à celle que son germe à durant le développement normal. Toutes ces mauvaises conditions ont une importance clinique.

(1) Certains auteurs ont voulu voir dans ce diastème postmolaire, le reste de l’emplacement d’une quatrième molaire. Cette dent surnuméraire, contrairement à l’habitude pour les dents anomales, a pu être vue très régulièrement placée en arrière des trois autres molaires, d’une façon exceptionnelle, chez des races actuelles à caractères attardés (Néo-calédoniens, Australiens...) Or, pour si loin que l’on remonte dans la phylogénie des Primates, des Hominidés jusqu'aux Insectivores du Crétacé, jamais dans la formule dentaire des différents groupes rencontrés, on ne coinpte quatre molaires .

Au cours de l’évolution humaine, la réduction de la pars alveolaris a été plus rapide et plus forte que la réduction du corps mandibulaire. Cette affirmation est fondée sur l’observation des variations de la région mentonnière en rapport avec le développement dentaire : la saillie du menton s’accuse en même temps que le volume dentaire diminue, d’une race humaine à l’autre ; il faut alors supposer qu’il existe une certaine indépendance entre la pars alveolaris {uniquement dentaire) et la base mandibulaire (qui obéit aux dents, mais aussi aux muscles, ete.)

Comme nous l’avons vu plus haut, chez les Anthropoïdes qui ont la même formule dentaire que l’homme mais dont les dents sont très fortes, 1l n’y a pas de menton; la région est très fuyante en bas et en arrière, l’angle symphysien est très ouvert (105 deg. environ). Nous rappelons également que chez l’homme fossile (du Pléistocène inférieur et du Pléistocène moyen) les dents sont moins volumineuses que chez les Anthropoïdes mais nettement plus fortes que chez les Hommes actuels : la région mentonnière y est fuyante (quoique inoins que chez les Anthropoiïdes), l’éminence mentonnière n’est que peu indiquée, l’angle symphysien est très ouvert (104 deg. chez le crâne de la Chapelle aux Saints - BOULE).

Chez les races actuelles les plus primitives et les mieux dentées, le menton existe mais il est peu prononcé; l’angle symphysien est encore assez ouvert : 94 deg. en moyenne avec écarts de 78 à 93 deg. chez les Néo-Calédoniens. Enfin, dans les races blanches où le système dentaire est « le plus dégénéré », le menton est le plus saillant, la face le moins prognathe, l’angle symphysien le plus fermé : 71 deg. en moyenne avec écarts de 57 à 82 deg.

Un effacement du menton, même aussi marqué que sur les mandibules néanderthaliennes, peut se rencontrer, mais très rarement, sur des crânes de Nègres actuels sans cependant que le reste de la mandibule soit comparable par son développement à une mandibule néanderthalienne; de même on à décrit des mandibules de Nègres modernes avec tous les caractères néanderthaliens, sauf l’effacement du menton : d’où la <omplexité des problèmes morphologiques.

Les sécrétions internes jouent normalement un rôle important dans la morphogenèse en général et, dans le cas particulier, dans l’accentuation des saillies osseuses, ainsi que le révèle l’exagération du processus normal qui relève de la pathologie, l’acromégalie par exemple (due à un adénome éosinophile du lobe antérieur de l’hypophyse).

Pour ce qui est de l’angle mandibulaire, il est plus ou moins ouvert suivant les individus. On a déjà vu qu’il variait avec l’âge ou plus exactement avec la dentition (Fig. 21) : 150 à 160 deg. chez le nouveau-né, 140 deg. apres la première dentition, 130 deg. après la seconde dentition et chez l’adulte, 140 deg. chez le vieillard édenté (Broca, Renarp, TopiNaRp.):; chez les races

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où la dentition est le plus développée (ainsi que toute la mandibrle}, l’angle est plus fermé : 111 deg. chez les Néo-Calédoniens,

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117 deg. chez les Néo-Hébridiens, 121 deg. chez les Nègres africains, 106 deg. chez le Chimpanzé, 104 deg. chez l’Orang, 100 deg. chez le Gorille; sur l’antique mâchoire humaine d’Heidelberg il est seulement de 107 deg. (SCHOTENSACK). (Fig. 22.)

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Mais, comme le menton, l’angle mandibulaire varie pour de tout autres causes; ainsi il est d'autant plus ouvert que la hauteur faciale supérieure est plus grande (leptoprosopie, acromégalie). |

Chez l’adulte, au fur et à mesure et en raison du développement morphologique et fonctionnel des dents, il se crée une légère asymétrie qui s’observe au niveau du bord inférieur, des angles (ou gonions), des cendyles. Cette asymétrie du bord inférieur est normale : le plus souvent la mandibule repose sur un plan horizontal par ses gonions, mais le troisième point d'appui est latéral.

Une asymétrie dentaire (inégalité fonctionnelle des dents) entraîne une asymétrie de la mâchoire; les déformations ou les hyperpressions lecales retentissent sur la statique générale de la mandibule ; il se produit à distance de légères déformations compensatrices, telles que celles que l’on connaît au niveau de la

colonne vertebrale.

En dehors de l’action des dents, il faut ajouter que l’asymétrie de la mandibule reconnaît d’autres causes : asymétries facia-

les, crâniennes.

b) Variations de cause musculaire. — Les dents, les muscles masticateurs, toute la mandibule varient parallèlement ou pres- - que. Dans la race blanche actuelle où la lutte pour la vie est physiquement moins dure que dans les races sauvages actuelles qui connaissent des conditions de vie qui peuvent être comparées à celles qu'ont connues les Hommes fossiles, on assiste à une dégradation progressive du système dentaire, des muscles masticateurs, de la mandibule tout entière; en même temps la saillie du menton s’accuse.

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