‹ La dent et l'évolution: De la place de l'homme dans la natureChapitre 40 sur 43 · Le type « dryopithèque » est net · texte numérisé non relu

Le type « dryopithèque » est net

8. - Les rides et leur disposition sont également caractéristiques ;

9. - La surface vestibulaire présente un cingulum ou des formations correspondantes ;

10. - L’émail descend plus bas du côté vestibulaire que du côté lingual; 11. - Les deux branches de la racine sont droites et divergentes ;

12. - La branche mésiale, antérieure, est plus basse et plus étroite que la branche distale et sa pointe est subdivisée en deux parties. :

De l’étude de la denture, WEIDENREICH conclut que le Sinanthrope se situe sur la ligne qui va des Anthropoïdes au Néanderthalien et à l'Homme actuel, tout en étant beaucoup plus près des Anthropoides que du Néanderthalien. On croyait le taurodontisme absent chez les Anthropoïdes comme chez l’ Homme, mais WEIDENREICH présente d’excellentes radiographies de dents d’Anthropoïdes présentant ce caractère. Il s'agirait donc d’un caractère plus fréquent chez les Néanderthaliens, qui allait déjà en se perdant chez les Anthropoïdes et qui a complètement disparu chez l'Homme, par réduction de la dimension générale des dents. Ce caractère n'autoriserait nullement à exclure le Sinanthrope et le Néanderthalien de la lignée conduisant des Anthropoides à l'Homme.

Par ailleurs, WEIDENREICH admet deux grandes lignées dans l’ordre des Primates, l’une conduisant des Dryopithèques aux Anthropoïdes actuels, l’autre, par l’Australopithèque — dont les dents sont similaires à celles du Sinanthrope (M. R. Broom) et l’on a pu dire qu'Australopithecus revêtait l’aspect d’un Chimpanzé à denture humaine — et le Sinanthrope, au Néanderthalien et à l'Homme. Cette seconde lignée, pour WEIDENREICH comme pour OSBoRr, plongerait profondément dans le Tertiaire (Miocène). Enfin, toute influence du milieu et de la nourriture — facteurs lamarckiens comme facteurs darwiniens — sur la formation paléontologique des dents, serait exclue, l’étude de cette formation amenant à conclure à un développement continu par

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orthogenèse, valable aussi bien pour la dentition que pour l’évolution générale des Hominidés.

D’après BLack DAvipson, P. TeiLHARD DE CHARDIN, You C. C. et Per W. C., à la mâchoire inférieure du Sinanthrope, les incisives sont nettement humaines, les canines ne s'élèvent pas audessus des autres dents. La dernière molaire est plus petite que la précédente, surtout celle du maxillaire supérieur, dont les trois racines ont tendance à fusionner. Mais les arrière-molaires ont la couronne basse et leur cavité pulpaire est vaste, bien que tout entière située au-dessus du collet — disposition désignée sous le nom de mégaphanisme, pour la distinguer du taurodontisme. -— Sur la couronne des deux premières, l’arrangement des tubercules et des sillons est du type « dryopithèque ». Par ces deux caractères notamment, les arrière-molaires -upérieures du Sinantbrope sont d’un type essentiellement généralisé qui contraste fortement avec celui des arrière-molaires supérieures du Pithécanthrope avec lesquelles elles n’ont guère en commun que la faible hauteur de la couronne.

R. vos KænreswaLp et F. WerneNreICH ont étudié la mâchoire supérieure du Pithécanthrope. Les molaires y sont plus grandes que celles du Sinanthrope, dans l’état actuel de nos connaïissances. Les canines supérieures, comme chez les Sinanthropes mâles, dépassent de beaucoup les prémolaires. Non plus que les prémolaires et molaires, elles n’ont le cingulum qui caractérise les dents du Sinanthrope. À cet égard, le Pithécanthrope se place, dans le groupe Sinanthrope-Pithécanthrope, à la limite des variations dans le sens qui même au type de Néanderthal. Par certains autres caractères, par contre, il est plus primitif que le Sinanthrope : ses secondes molaires sont plus grosses que les premières et la troisième molaire inférieure est la plus allongée de toutes. Enfin et surtout, les canines supérieures sont séparées des incisives latérales par un large diastème qui atteint plus de 0,006, à peu près comme chez le Gorille et l’Orang. De plus, les rangées divergentes des molaires et prémolaires sont rectilignes, en sorte que la canine est exactement dans l’axe de la rangée dentaire et non au dedans comme chez l'Homme, et la ligne légèrement convexe des incisives les coupe à angle droit, alors que chez le Sinanthrope, l’arcade dentaire revêt une belle, impeccable et noble forme parabolique, essentiellement humaine. Ce museau tronqué du Pithécanthrope s'allie mal aux manifestations d’une civilisation supérieure qu’on veut lui attribuer, à commencer par l’usage intensif du feu et la chasse aux têtes

(R. VAUFREY).

Pour ApLorr P. les formes dentaires simples sont les plus anciennes. Or les dents de Palæanthropus neanderthalensis sont plus spécialisées que celles d'Homo sapiens, si bien que ce dernier serait un type dentaire plus primitif que son ancêtre. Donc l’auteur prétend que l'Homme actuel ne peut descendre de l’Hominien de Néanderthal (Homo primigenius) qui serait d’une espèce distincte,

En ce qui concerne la denture temporaire, celle-ci chez | Homme actuel n’offre jamais d’anomalie ou très rarement. Il est done naturel de préjuger de la bonne qualité des dents de lait des enfants préhistoriques (SIFFRE).

Les documents font défaut ou presque. En général, les dents de lait préhistoriques sont plus près de la forme anthropoïde, la grosseur seule les différencie nettement en dehors des formes spécifiques de ces organes.

La première molaire temporaire inférieure a une forme spéciale, absolument différente des autres et SIFFRE à pu s’en servir pour la numération exacte des individus contenus dans une sépulture.

Les irrégularités de position, si fréquentes dans la denture permanente moderne, qui. résultent pour la grande majorité des cas de la non résorption de la racine des dents temporaires, ne semblent pas exister chez les anciens.

Faudrait-il voir dans la persistance de la dent temporaire, chez le moderne, un acheminement vers le monophyodontisme ?

En tout cas, la denture de lait préhistorique ne nous offre pas les caractères de résistance à la poussée des permanentes.

Comme de nos jours, c’est la première grosse molaire qui est la première permanente apparaissant et l’ordre de la chute et du remplacement des dents de lait semble être le même chez les préhistoriques.

Etudiant l’éruption et la caducité des dents vermanentes chez les l’rimates, SCHULTZ A. publiait en 1935 le résultat de ses recherches sur 2908 crânes de Singes (Anthropoïdes, Lasiopyginés eë Colobinés, Ateles, Cebus, Alouatta, Chrysothrix, Œdipomidas).

L’éruption des dents de lait est plus précoce suivant l’ordre : Macaque, Gibbon, Anthropoides, Homme. L’éruption des dents permanentes se fait de deux à huit ans chez le Macaque, trois à dix ans chez le Chimpanzé, sept à dix-neuf ans chez l’ Homme. Chez tous les Primates, il y a de grandes variations individuelles, d’où la nécessité de fortes statistiques pour la recherche. Chez l'Homme, le Chimpanzé et le Macaque, il y à une assez longue période d’attente avant l’apparition des dernières molaires. Chez tous les Primates, l’éruption débute par la première molaire inférieure, M,, puis vient la première molaire supérieure, M1, mais chez l'Homme, l’ordre est souvent : première molaire inférieure, M,, première incisive inférieure, [,; chez la plupart des Primates l’ordre est ensuite : premières incisives, secondes incisives, secondes molaires, sauf chez Cürysothrix et Pigathrix où l’ordre est : premières molaires, secondes molaires... Chez tous, à l’exception de l’Homme, viennent après, rapidement, les prémolaires, puis les canines; les troisièmes molaires sont les dernières, sauf chez Chrysothrix et Pigathrix où elles poussent avant les prémolaires (Pm.) et les canines (C.). ce qui est, sans doute, un caractère primitif.

La séquence de la dentition permanente humaine est la plus spécialisée, et les caractères de spécialisation sont les suivants :

apparition rapide de I, après M,; de Pm. et C. avant la seconde molaire ; de C. avant la seconde prémolaire; chez deux Néanderthaliens, il y a une disposition plus primitive : apparition de la seconde molaire avant la prémolaire.

Chez beauccup de Primates, y compris Homo, les canines sont plus tardives chez le mâle.

En général, les dents inférieures sortent avant leurs homonymes supérieures, surtout en ce qui concerne les molaires.

L’usure des dents, plus marquée chez les Primates supérieurs, est rare avant la fin de la dentition permanente, avant les synostoses sagittale et sphéno-occipitale; l’ordre d’usure est généralement : M1, I, CO, M2, Pm, M3.

Parmi les variations dentaires qui sont rencontrées dans presque tous les ordres, on peut citer : la réduction ou l’absence de la troisième molaire : Gibbon, Ateles, C'ebus capucinus, Chrysothriz; la présence de M4 : surtout chez les Anthropoïdes; l’absence congénitale, très rare, de I ou ‘le Pm.; la persistance de dents de lait, etc.

La carie, le plus souvent bilatérale et symétrique est plus fréquente au maxillaire supérieur, rare chez le Gorille et les Colobinæ, s’observe assez souvent chez Pan, Simia, Lasiopyginæ, et atteint surtout [1 et M1.

Les dents qui tombent le plus précocement sont 12, I1 et M3.

Ces caractères de carie, d'usure et de chute précoce inspirent à SCHULTZ la réflexion finale : chez les Primates supérieurs, la vie à été prolongée, mais l’appareil dentaire ne s’est pas harmonieusement adapté à ce surcroît d'existence et il est souvent en ruines alors que l’organisme résiste encore.

Dans une recherche sensiblement parallèle à celle de SCHULTz, sur les variations dentaires chez les Primates, BENNEJEANT Ch. étudie essentiellement les retards éruptifs dans le remplacement dentaire, retards éruptifs qui souligneraïent les réductions numériques éventuelles chez les Primates. La réduction (ou la multiplicité) des dents est un phénomène complexe qui relève de causes multiples et aucune thèse explicative ne peut être généralisée. Nous envisagerons un des aspects de cette question dans le troisième article de ce même livre.

De même que l’apparition de chaque nouveau type de la faune vertébrée nous est en général annoncée par des mâchoires et des dents, c’est encore une mandibule qui va nous signaler le premier Hominidé au stade anthropien : c’est Za mandibule de Mauer dont on a fait l’espece Maueranthropus heidelbergensis; elle est, comme nous l’avons déjà vu, sans doute pareille à celle d’un Anthropomorphe, maïs Les dents en sont complètement humaines, ce qui à fait dire que « {’Jomme actuel avait acquis son système dentaire avant sa mandibule », dents plus broyeuses que coupantes et liées an régime végétarien.

Dans un organisme, tous les organes n’évoluent pas à la même vitesse. Il y a une hétérochronie manifeste dans l’évolution. Mais ce qui est manifeste lorsqu'on jette un regard d’ensemble sur le phylum des Primates, c’est le caractère achevé du type

humain aussitôt qu'apparu; l'essentiel est acquis d'emblée; par la suite la force évolutive s’attarde à des modifications de détails, elle affine le modelage et diversifie son œuvre. Aucune race humaine ne présente d’abord une transition et un rapprochement bien caractérisé avec l’un des Anthropoïdes; la plupart des caractères types de l’Hominidé fait défaut à l’Anthropomorphe; l’homogénéité structurale de chacun des deux groupes les sépare complètement. Organisé comme un Primate, !’ Homme, d'emblée, les surpasse tous et forme avec évidence un rameau séparé où les différences squelettiques empêchent d’ailleurs 1oute idée de transition.

JOLEAUD s’est demandé si Palæanthropus neanderthalensis ne serait pas le descendant attardé au milieu de l'Humanité quaternaire d’un type du Tertiaire. En effet, l'examen de la denture paraît confirmer cette conception et la présence de types synthétiques — présentant associés les caractères simiens et hominiens — à la base des séries évolutives hominidiennes.

Si la mandibule de Mauer présente des caractères rappelant ceux des Singes, si l'Homme de Néanderthal rappelle les Gibbons et les Chimpanzés, la morphologie du système dentaire les réunit cependant à l’espèce /omo sapiens, dans le groupe des Hominidés.

Une denture nettement humaine rapproche donc les différents types et creuse un fossé infranuchissable entre les lus inférieurs des Hominidés et les plus élevés des Anthropoïdes, et nous ne saurions enfin être frappés du caractère achevé, définitif du type dentaire humain dès qu’il se montre pour la première fois. La mâchoire de Maueranthropus heidelbergensis, malgré l’absence de menton, est franchement humaine par son système dentaire et notre Muséum d'histoire naturelle possède une mandibule de Nègre actuel, qui offre avec elle de grandes ressemblances. Palæanthropus neanderthalensis n’est pas non plus un préhomme, mais « un homme » ainsi que l’explique BouLe dans son étude sur les Hommes fossiles, d’ailleurs ce specimen d’un rameau précocement éteint en Europe est contemporain ct même postérieur à des types caractérisés d’ÆZomo sapiens. En voici quelques exemples : lorsqu'on considère Palæaunthropus rhodesiensis — l’'Hominien de Broken Hill — il nous révèle une face tout à fait archaïque, davantage que Palæanthropus neanderthalensis et, par un contraste qui peut surprendre, son crâne est déjà évolué, il devait porter la tête haute. presque droite et se dresser de toute la hauteur de sa taille. Autre fait intéressant, les dents du Rhodésien, d’ailleurs parfaitement humaines, sont toutes cariées, ce qui s’observe pour la première fois en paléontologie humaine (H. VALLOIS considère que la carie ne commence de s’observer, de façon sporadique, qu’à la fin du Paléolithique ; or la strate évolutive de Palæanthropus correspond au Pléistocène moyen qui équivaut au Paléolithique moyen en langage d’archéologie préhistorique) ; donc l’Hominien de Broken Hille ne peut être considéré comme un progéniteur, mais comme une forme parallèle à l’'Hominien de Néanderthal,

Ce n’est pas tout, des fossiles encore plus anciens, tel que l'Hominidé de Denise, nous montrent des caractères moins primitifs que ceux dont nous venons de parler et ils appartiennent à la véritable espèce d' Homo sapiens se rapprochant des Australiens. Les crânes de Pilidown qui semblent remonter au Pléistocène moyen et furent rencontrés parmi des Mammifères du Pliocène supérieur, appartiennent également à un très ancien type d’Æomo sapiens : Homo Dawson, très antérieur à Palæanthropus neanderthalensis et qui serait le plus ancien Æomo sapiens connu.

Il y eût donc certainement, dès le Quaternaire inférieur, des êtres presque semblables à l Homme actuel et présentant moins de caractères pithécoides que certaines espèces plus tardives et parmi lesquelles on à voulu trouver cependant notre progéniteur ; en bref, il doit y avoir à la base du groupe tout »ntier des f£ypes synthétiques comme cela s’observe d’ailleurs dans la plupart des groupes zoologiques et la morphologie des dents vient à l’appui de cette hypothèse.

ARTICLE III : Æégression du système dentaire chez les Primates et l'Homme.

Nous éliminons délibérément de cette brève étude tous les cas d'anomalies du développement, qui relèvent de causes patholcgiques. Au point de vue de l’évolution générale des organismes, de l’évolution progressive, ces anomalies ne constituent que des aberrations, des déviations de la ligne d’évolution et, partant, n’ont qu’une portée très limitée et ne sauraient nous r:tenir. C’est pour cette même raison que nous éliminons d'emblée tous les cas de dents surnuméraires, l’évolution du système dertaire les Primates et de l'Homme, ne pouvant se faire que dans le sens d'une régression, d’une diminution du nombre de Aents

En ce qui concerne le squelette céphalique, ce qui caractérise essentiellement l’ordre des Primates et que nous retrouvons le plus manifestement exprimé tout au haut de la lignée, c’est-àdire chez l'Homme, c'est un énorme développement de la boîte crânienne qui devient aussi globuleuse, et une réduction des deux mâchoires, corrélative de l’effacement du museau, réduction qui se continue chez les Hominidés.

Puisque les dents sont inséparables des mâchoires, le raccoureissement de ces dernières entraîne inéluctablement une diminution du nombre de dents. Dans la lignée des Primates, l’évolution du système dentaire ne peut être qu’une évolution régressive. Cette évolution régressive n'est pas encore terminée chez l'Homme actuel.

Ainsi la régression est le fait de l’évolution, et sa cause n’est autre que celle de l’évolution orthogénétique (Voir Livre D).

Avant que d'étudier l’évolution régressive des dents de >! : . : à l'Homme, nous pensons devoir envisager cette régression dans l’ensemble de l’ordre des Primates.

À. — Réduction du nombre de dents chez les Primates en général.

La formule dentaire primitive, type mammalienne, est la suivante :

31, 1c, pm, 3m = a dd:

31, lC, 4, pm, 3m

Cette formule se retrouve actuellement chez quelques Insectivores (Taupe, Desman) et quelques Ongulés Artiodactyles (Porc) ; on ne la rencontre chez aucun Primate.

Le raccourcissement des mâchoires est caractérisé, à la mâchoire supérieure, par une réduction des maxillaires et des prémaxillaires; alors que les prémaxillaires sont encore distincts chez certains Lémuriens fossiles, chez la plupart des Primates s’ils sont encore distincts chez le jeune, ils se soudent intimément chez l’adulte, et ne peuvent plus être individualisés.

Seuls deux genres fossiles, Umomys et Pseudoloris, présentent trois incisives par hémi-mâchoire ; tous les autres Primates n’ont que deux incisives. La réduction numérique des incisives se produit dans le sens mésio-distal, c’est-à-dire que les deux incisives qui restent sont 12 eb 13 (Mad. FRranT, J. K. Gan).

Le chiffre des canines reste inchangé : une par hémi-mâchoire.

Les prémolaires passent du chiffre 4 chez les formes primitives, lPlesiadapidæ et Adapidæ (+ de l’Eocène), à 3 chez les ZLémuriens, T'arsiidæ et Platyrhiniens (ou Singes primitifs), et à 2 chez les Catarhiniens (ou Singes évolués), les Anthropomorphes et les Æominidés.

Les molaires conservent leur chiffre primitif : trois par hémimâchoire.

Alors que les Primates inférieurs présentent des prémolaires et des molaires très différentes, chez les Primates supérieurs les prémolaires « se molarisent », elles tendent à prendre le type molariforme.

Dans l’ensemble, les Primates restent, du point de vue de la morphologie dentaire, à un type très primitif (Voir Livre IV).

Des Catarhiniens jusqu’à l’Æomme la formule dentaire demeure inchangée

24, 1c, 2-:pm, 3m

= 32 dents.

B. — Réduction du nombre de dents chez l'Homme.

L'évolution phylogénétique et le développement ontogénétique démontrent de façon patente que ce sont les dents qui conditionnent la mandibule. Comme nous croyons y avoir suffisamment

insisté dans le Livre II, la mandibule est un os complexe qui reconnaît une quadruple origine

ossification directe du tissu mésenchymateux du premier arc viscéral,

ossification très partielle de la portion symphysienne du cartilage de Meckel,

ossification de noyaux cartilagineux secondaires, coronoïdien et condylien,

ossification d’origine ectomésodermique qui formera l’odonton.

La dent fait partie intégrante de la mandibule qui reconnaît une structure double : la pars alveolaris ou pars dentalis constituée par l’ensemble des odontons, la pars basalis constituée par le corps et la branche montante.

La pars dentalis conditionne la pars basalis et les partes dentales supérieure et inférieure présentent un développement corrélatif, lui-même en étroite corrélation avec le développement du crâne et du massif facial.

La corrélation morphogénétique de la mandibule et du maxillaire supérieur a été particulierement développée par G. Bez- TRAMI. C’est lui qui a mis, en particulier, l’accent sur l’action de la fonction respiratoire et l’accroissement corrélatif, dans le maxillaire supérieur du sinus maxillaire ou antre d’'Highmore; ce sinus n’est pas un simple effet de pneumatisation passive, ce n’est pas un « espace mort » (WEIDENREICH) mais bien un diverticule développé de façon active par la fonction respiratoire.

La morphogenèse évolue soumise à des forces qui s’équilibrent; il n’y a pas de morphogenèse indépendante, tout développement est lié à un autre et l’on ne peut qu’assister à une cascade de corrélations morphogéniques.

Quoi qu’il en soit, pour le problème qui nous occupe actuellement, on assiste chez l'Homme moderne à une réduction de la formule dentaire. Sous nos yeux, l’Homme passe d’un type à trente-deux dents, à un type à vingt-huit dents jar disparition de la troisième molaire ou dent de sagesse, conséquence de la rétraction des mâchoires qui se poursuit à l’intérieur même de la famille des Hominidés. Le polymorphisme de cette dent stigmatise sa dégénérescence et sa disparition prochaine comme nous y avons insisté dans l’article I de ce même livre V. Les Hominidés des stades anthropien et hominien (respectivement du Pléistocène inférieur et du Pléistocène moyen) sont des prognathes à mâchoires massives qui progressivement s’affinent en même temps que le prognathisme ne se réduit pour arriver au stade humain (Pléistocène supérieur) où l’orthognathisme qui succède au prognathisme, cède lui-même la place à un léger rétrognathisme inférieur avec saillie d’un menton et chez l'Homme actuel ce menton s’accuse en même temps que la mâchoire ne peut plus loger ses trente-deux dents dont la diminution de volume ne suffit pas pour toutes les caser. À la mâchoire inférieure, un menton

en avant qui s’accentue, une place qui se restreint en arrière et qui n’est plus suffisante pour loger notre troisième molaire, voilà le fait de l’évolution orthogénétique du squelette céphalique, le plus manifeste chez l'Homme moderne civilisé et qui signe la discordance de croissance qui existe entre l’os dentaire (manque de place) et le substratum basal (saillie du menton) de la mandibule, discordance sur laquelle à particulièrement insisté Madeleine PELLETIER.

L'os dentaire se développe par son extrémité antérieure tant qu’il n’y à pas soudure symphysaire, mais il s'accroît surtout par son extrémité postérieure. Au sixième mois de vie réelle, le sixième alvéole est, en grande partie, situé sur la face interne de la branche montante; il s’allongera, semblera se éplacer en avant et se subdivisera; ainsi se forme le septième alvéole, à un an, qui empiète, comme le précédent, sur le corps et la branche montante; à son tour il se subdivise après avoir semblé s’avancer sur le corps, et forme derrière lui le huitième alvéole, à six ou sept ans; ce dernier semblera se déplacer lentement en avant de façon à venir se situer uniquement sur le corps mandibulaire. Ce huitième alvéole qui contient la dent de sagesse faisant son éruption entre dix-huit et vingt-cinq 2ns, est incons-: tant et fréquemment soumis à des retards dans son évolution.

Pourquoi ce « semblant » de déplacement en avant ? Parce que l’os dentaire s'accroît surtout par son extrémité postérieure et qu’il y a un accroissement postérieur de toute la mandibule, accroissement repéré, après la synostose mandibulaire, par le déplacement en arrière du trou mentionnien; l’allongement postérieur du corps mandibulaire est lui-même conséquent de l’allongement postérieur de la branche montante par érosion antérieure et ossification appositionnelle postérieure (HUMPHRY); mais si l’os dentaire ne cesse de s'étendre en arrière, il le fait moins vite que ne le fait la branche montante, chez l’enfant. Au niveau de la branche montante, les processus d’apposition sont beaucoup plus importants que ceux d’érosicn; en même temps qu’elle ne s’allonge, la branche montante s’élève et les deux branches s’écartent parallèlement à l’écartement des condyles temporaux et à l'élargissement de la base du crâne; cet écartement est beaucoup plus actif pour les condyles, les apophyses coronoïdes, les branches montantes et aussi ia base du corps mandibulaire que pour l’os dentaire, aussi il y a changement de l’axe de direction de l’arcade, amorcé au niveau de la première prémolaire, et encorbellement lingual de la dernière molaire.

Tous les processus ostéogéniques sont plus actifs au niveau de la pars basalis qu’au niveau de la pars alwolaris de la mandibule. D’où, la discordance signalée par Madeleine PELLETIER. Les deux parties de la mandibule semblent croître chacune suivant des lois qui lui sont propres mais nous n’irons pas jusqu’à dire que la croissance de l’une ne paraît pas influencer celle de l’autre. Il n’y a pas correspundance entre la longueur de la branche montante et la longueur de l’arcade; un maxillaire à muscles puissants et à branche montante large, peut fort

bien présenter un bord alvéolaire court ou vice versa. Alors que la croissance de la branche montante en largeur est fonction directe du développement des masticateurs, 1l semble bien que les lois qui président au développement en longueur de l’arcade doivent être indépendantes de l’action des muscles.

L'évolution phylogénétique se faisant dans le sens d’une diminution de la pars basalis de la mandibule, la pars dentalis diminue beaucoup moins. Lorsque le bord alvéolaire est court par rapport au reste du maxillaire (Hommes féssiles, Nègres et Canaques actuels), la dent de sagesse est séparée de la branche montante par un espace de longueur variable, le diastème post-molaire (M. PELLGTIER) ou limbus alveolaris (auteurs étrangers) ; lorsque, au contraire, le bord alvéolaire est long par rapport au reste du maxillaire (races européennes actuelles), le diastème post-molaire est représenté par un chiffre négatif, la dernière molaire se cache derrière la branche montante.

Plus une race est avancée dans l’évolution, moins sa mandibule ést développée. Dans le maxillaire, tout ce qui est en rapport étroit avec les muscles, diminue aussi rapidement que les muscles ue diminuent, c’est-à-dire que la fonction n’est moins active ; les dents, au contraire, ont dans la maxstication un rôle plutôt passif : elles ne meuvent rien, elles sont mues, aussi leur adaptation est-elle très lente; elles diminuent peu à peu et par répercussion, de façon secondaire, mais elles sont toujours en retard sur la pars basalis.

La conséquence de cette involution inégale des deux portions du maxillaire est que les races auront un bord alvéolaire d’autant plus grand par rapport au substratum basal qu’elles seront plus évoluées. Le fait se traduit dans les races qui ont gardé des caractères de primitivité (Nègres et Canaques) par un diastème post-molaire à valeur positive : + 0,004 en moyenne; dans les races qui ont progressé plus rapidement dans l’évolution (races européennes) ce diastème est représenté par un chiffre négatif, — 0,094 en moyenne; aussi voyons-nous chez ces dernières, le bord alvéolaire trop grand pour le substratum basal, ne pouvant s'étendre en arrière, arrêté par le bord antérieur de la branche montante, s’infléchir en dedans : la troisième molaire .vient alors se loger dans la face interne de la branche montante. Cette malposition de la dent crée un obstacle à son développement. Or, si l’on met un obstacle au développement d’un élément embryonnaire, en exerçant par exemple une pression constante sur le germe, son accroissement subira un temps d’arrêt : le bourgeon dentaire, au moment de sa formation, subissant une action compressive, pourra se résorber partiellement ou totalement et l’on aboutira à une dent incluse ou à une absence de dent.

L'absence de la troisième molaire a été constatée par MonTeaAZzZA au maxillaire supérieur sur 21,93 p. 100 des crânes qu’il a examinés, et au maxillaire inférieur sur 28,34 p. 100.

D’autres statistiques donnent 19 p. 100 des cas d'absence chez les races primitives, êt 42 p. 100 chez les races évoluées.

Cette absence apparaît le plus souvent comme un caractère héréditaire. À

Darwin signalait, il y a déjà presqu’un siècle, que l'Homme futur n'aura que vingt-huit dents, par suite de la disparition de la dent de sagesse, et sa formule dentaire s’établira ainsi

24, 10, 2pm,2m

— 28 dents.

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La dysgénésie actuelle, forme de passage à l’agénésie future de la troisième molaire permanente, est le fait de l’évolution orthogénétique.

Nous devons signaler que certains auteurs admettent comme type futur de la denture humaine, un type à 24 dents, par disparition, en outre, des deux incisives latérales supérieures et des deux secondes prémolaires inférieures. La formule dentaire de l'Homme futur deviendrait :

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Vue d'ensemble

Ce qui a contribué pour une large part à faire la gloire de Cuvier, c’est la lucidité de son esprit profondément imbu du principe des corrélations (succès des Mémoires sur les ossements fossiles). Une partie, même restreinte, d’un squelette, fût-ce une dent, devait suffire à faire préjuger du reste et le créateur de la Paléontologie, science éminemment française, avait plus d’une fois étonné ses contemporains par la sûreté de ses prévisions.

Les caractères de la dentition comptent parmi les plus précoces dans la phylogenèse et GRrEGoRY choisit la structure des dents afin d’établir une comparaison de | Homme et des différents Primates.

Nous avons vu quel immense intérêt présente l’étude de la dentition pour l’établissement de la phylogénie des Mammifères.

Seules l’hérédité et l’évolution orthogénétique peuvent expliquer le développement et la forme des dents.

Chez les Primates et l'Homme, en particulier, la dentition est très simple, très primitive; ces caractères sont dus à l’omnivorité. Le type humain, à peu près fixé depuis le Pléistocène supérieur, va évoluer en fonction de la révolution apportée par l’industrialisation de l’aïimentation dans le mode alimentaire traditionnel.

Si l’on suit l’évolution de la dentition chez les Primates, on constate que la dentition de l'Homme est, au point de vue numérique, semblable à celle des Singes de l’Ancien Monde; elle en diffère surtout par les dimensions moindres des canines. La réduction de la formule dentaire va en croissant des Lémuriens à l'Homme jusqu’à la limite de trente-deux dents, atteinte déjà par les Catarhiniens. On ne peut chercher la cause de cette réduction que dans un caractère qui soit commun à tous ces animaux; et celui qu’il semble le plus logique d’invoquer, c’est la faculté de préhension acquise par la main, qui décharge les mâchoires d’un travail qu’elles étaient seules jusque là à exécuter ; désormais, n’ayant plus de traction à exercer pour saisir les objets et les déplacer, n’étant plus étirées par ces tractions qui interviennent pour une part dans leur allongement, elles se raccourcissent, se ramassent; et l’on passe ainsi du museau des Lémuriens à la face camuse des Singes; ce raccourcissement ne va pas sans un ralentissement de la nutrition qui retentit, à son tour, sur le chimisme. Ce mouvement est continué et achevé par

l'acquisition de l’attitude verticale. Par elle, les mains ont été complètement libérées de tout autre service que celui de la préhension et de l’exploration des objets, de la fabrication ou du maniement des instruments de défense. Grâce à ces derniers, les mâchoires ont tout à fait cessé de mordre et de déchirer, comme elles avaient déjà cessé de saisir, pour se borner à la mastication des aliments; elles se sont peu à peu, en raison de ce moindre travail, raccourcies et allégées. Les muscles élévateurs de la mâchoire inférieure sont, chez les grands Singes, des muscles puissants qui, dans le jeune âge, s’insèrent dans la fosse temporale, mais qui, à mesure que l’animal vieillit, grimpent peu à peu le long des parois latérales du crâne, comme :ls le font également chez les Carnassiers, et finissent par se rencontrer sur le vertex, où ils provoquent le développement d’une crête médiane à laquelle ils s’attachent. Désormais cette crête s'oppose à tout élargissement du crâne dont les os sont définitivement suturés sur la ligne médiane ; les muscles qui s’y attachent, quand ils se contractent, tendent même à comprimer latéralement les parois du crâne et compriment, par leur intermédiaire, le cerveau dont le développement est arrêté. Chez l’ Homme, les muscles élevateurs de la mâchoire inférieure ont cessé de grimper ainsi. Insérés, comme chez les jeunes Singes, dans la fosse temporale, ils ne peuvent, en se contractant, exercer aucune pression sur le cerveau; au contraire, ils tendent à écarter les frontaux et les pariétaux, à mettre le cerveau plus à l’aise, et contribuent par conséquent à favoriser son développement. La tête s’équilibre sur la colonne vertébrale de manière à faire une égale saillie en avant et en arrière; elle se développe également en hauteur, audessus du plan des oreilles, et de là découlent des conséquences importantes. Le développement du crâne et du cerveau en avant entraîne naturellement dans cette direction la base du nez, tandis que la rétraction des mâchoires laisse les narines s'ouvrir librement au-dessus d’elles; de là la saillie si caractéristique du nez humain, caractère qui ne se manifeste nettement qu’à la fin du Quaternaire, chez l’ Homme moderne. Cette même rétraction donne aux lèvres qui ne sont plus tendues en avant par la projection des dents, une liberté de mouvements, qui permet le sou: rire. Le retrait de la partie alvéolaire sur la partie osseuse de la mandibule, fait saillir le menton, caractéristique de l Homme du Pléistocène supérieur.

La rétraction des mâchoires, qui fait tendre le Blanc vers un type à vingt-huit dents par disparition des quatre dernières molaires, ne représente qu’une partie de la rétraction de la face, qui, avec l’agrandissement de la calotte crânienne, sont les ca. ractéristiques essentielles de l’ Homme.

Nous avons particulièrement insisté dans ce travail sur le fait de l’Zvolution.

L'évolution du Monde vivant se fait dans le sens d’un déve: loppement plus considérable du système nerveux, de l’acquisition d’un psychisme supérieur. C'est ainsi que si nous essayons d’envelopper dans un même regard les deux immenses lignées que

constituent les règnes animal et végétal, nous voyons que la sensibilité du Végétal s’inertie dans un factisme obscur; le Végétal constitue un cœcum évolutif, point d’aboutissement d’une évolution regressive; tandis que le règne animal constitue une immense lignée progressive où culmine la pensée humaine.

Comme il y à une stratigraphie des formes, : il y a aussi une véritable stratigraphie de l'intelligence. L’Evolution ne marche pas d’un pas uniforme, toujours dans le même sens. « La Nature agit par progrès, îtus et reditus. Elle passe et revient, puis va plus loin, puis deux fois moins, puis plus que jamais, etc. Le flux de la mer se fait aine1... » (Pascar, Pensées).

Ce sont le cerveau et la main qui ont fait l’ Homme.

La Vie est conscience dès l’origine, conscience diffuse qui peu à peu se concentre, s’intensifie, et toute conscience enveloppe un germe de réflexion naissant, Si on n’a point à expliquer un commencement absolu de la puissance réflexive, il suffit de voir comment elle se dégage et se fixe. La réflexion est devenue explicite chez l'Homme, par l'effet du partage de travail établi entre le cerveau et la main et du retard possible introduit de ce chef dans le jeu de l’action.

La Vie est libération. Nous n’irons pas jusqu’à dire que l’attitude bipède est une premiere libération du sol, mais l’homéothermie nous libère de la température ambiante; elle libère l’organisme des changements saisonniers; elle supprime l’hibernation et rend continue une vie qui, chez les animaux qui ne régulent pas, ne dure que peu de temps dans l’année.

Mais le développement du psychisme est la vraie libération de l’organisme des contingences extérieures. Cette libération par le psychisme se fait, non seulement par voie positive en permettant à l’organisme de résoudre les problèmes de la vie, ce qui le libère de l’obsession constante de la faim et de la peur, mais encore par voie négative : le système nerveux central s'oppose aux réactions automatiques qui répondent aux excitations du monde extérieur; le cerveau inhibe les réflexes médullaires. 1” Evolution se révèle à nous comme une tendance à libérer l’organisme par le développement de la pensée : par le pouvoir d'imagination, l'Homme se détache du temps présent, et par la pensée objective, l'Homme ira jusqu’au détachement de soi.

Si de l'Homme, nous jetons un regard en arrière, « rien n’existe véritablement dans l'Univers que des myriades de spontanéités plus cu moins obscures dont l’essaim pressé force graduellement la barrière qui le sépare de la liberté » (P. TEILHARD DE CHARDIN).

Du haut en bas de la série des êtres, tout se meut et s’organise dans un même sens qui est celui de la plus grande conscience.

« La Vie n’est pas un pur jeu de hasard. Une affirmation de finalité s'impose, mais d'une finalité d'invention, où ce serait grave erreur de croire qu’on puisse d'avance deviner le terme, et d’une finalité qui se mélange de contingence précisément parce qu’elle est inventive » (Ed. LE Roy).

Chez l'Homme, le progrès consiste, non pas en acquisition ou perfectionnement d'organes propres, mais en libération des sour-' ces mêmes de la conscience. Ainsi a-t-il conservé, au maximum, sa richesse potentielle. C’est le seul être du monde actuel qu’on puisse qualifier d’embryon. Quant à l’extérieur, bien probablement, toutefois, le type humain ne changera plus ou à peine. « Tout ce que nous entrevoyons pour l’avenir, c’est donc, à l’intérieur de la nappe humaine, l’apparition périodique de races et de civilisations nouvelles se chassant l’une l’autre longtemps encore » Jusqu'à ce que, peut-être, se lève le jour d’un suprême événement : la mise en acte plein des formidables puissances de cohésion qui s'accumulent dans la Noosphère, « la maturation définitive de l'Esprit lentement dégagé, puis sublimé à travers toute l’histoire de la Terre » (P. TEILHARD DE CHARDIN).

Matière et Vie sont, dès le principe, orientées en sens inverse l’une de l’autre; puis, le germe d’une opposition analogue se laisse discerner à la frontière du monde animal et du monde humain; et finalement, avec l'Homme, d’autant qu’il se réalise, éclate la suprématie de la pensée : fondement de véritable transcendance, parce qu’elle ouvre les voies d’une destinée spirituelle.

En l'Homme, la Vie ne peut plus aller qu'à la conquête de l'Esprit.

Conclusions

1. — C’est dans les forces internes qui rendent compte de l’orthogenèse, que l’on doit rechercher les causes de la morphogenèse des organismes et des organes.

2. — La dent s'intègre dans le maxillaire qui n’est qu’une évolution particulière du premier arc viscéral des Vertébrés.

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