‹ La dentelle et la broderie sur tulle (volume 2)Chapitre 35 sur 69 · Broderie à f aiguille · texte numérisé non relu

Broderie à f aiguille

La broderie à l’aiguille se fait sur tulle ordinaire ou, plus souvent, sur une grossière mousseline, légèrement bleutée. L’ouvrière reçoit un patron reproduisant les contours du dessin à exécuter. Elle assujettit ce patron sur un morceau de forte toile et faufile par-dessus un morceau de tulle un peu plus grand que le dessin. Comme on ne fait, dans ce genre de broderie, que des objets de petite dimension, l’ouvrière peut facilement tenir en main son ouvrage ainsi disposé; celui-ci ne mesure jamais plus de cinquante centimètres de long sur trente de large. La brodeuse travaille sans l’aide d’un métier: son matériel se compose d’une aiguille et de fds de coton de différentes grosseurs, suivant la finesse de l’ouvrage à exécuter : celui-ci comprend généralement des parties en relief et des jours très plats, se combinant avec les mailles du tulle.

L’industrie de la broderie sur tulle à l’aiguille est fort peu répandue. Elle n’est pratiquée que par quelques vieilles femmes à Lierre et par 400 ouvrières environ,

dans les villages de Calloo, Kieldrecht, Verrebroeck et la Clinge, au nord de Saint-Nicolas: dans ces quatre localités, une partie de la population féminine fait du point de Lille, l’autre s’occupe de broderie à l’aiguille. Le seul débouché de l’industrie est la Hollande, où les paysannes qui ne peuvent se payer le luxe de coiffes en dentelle portent encore aujourd’hui de grands bonnets brodés. Quelques campinoises du nord de la province d’Anvers portent aussi de ces bonnets, mais plus petits (fig. 11S). Fréquemment les bonnets brodés des paysannes hollandaises sont ornés de petites dentelles de Lille.

Les broderies de ces bonnets sont de divers genres : ou bien ils consistent en grands ramages (fig. 11S), dont les enroulements suivent la forme de la tête, ou bien ce sont des bouquets disposés sur tout le bonnet (fig. 117) et auxquels les ouvrières donnent le nom de bloemen (fleurs); il y a généralement vingt-cinq fleurs par bonnet. Lorsque le dessin de ces fleurs, toutes semblables, n’est pas compliqué, l’ouvrière ne se sert d’un patron que pour faire la première; les autres, elle les imite de celle-là. Quelques ouvrières travaillent sans patron : ainsi, les fleurs si fines de la figure H 7 ont été exécutées de mémoire par une vieille ouvrière très habile.

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