TARIF DES FILS DE COTON SERVANT POUR LA CONFECTION DES DENTELLES
Priæ-courant de E. Peal, son and Co ., à Nollingham, , en 1889 et 1900.
Numéro de fil.
Nombre d’échevaux
compris dans chaque seizain.
Prix par livre (64 seizains)
en 1889.
Prix par livre en 1900.
fr. 6.75
fr. 6.75
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Nombre d’échevaux
compris dans chaque seizain.
Prix par livre (64 seizains)
en 1889.
Prix par livre en 1900.
fr. 25 »
fr. 28.50
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE
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Les débouchés.
b question des débouchés a été incidemment touchée dans les chapitres qui précèdent. Nous examinerons ici séparément les débouchés intérieurs et extérieurs de notre industrie dentellière et les entraves qui sont apportées à l'extension du commerce de la dentelle par le> législations douanières de la Belgique et des pays étrangers, par la concurrence entre producteurs, par les mesures fiscales auxquelles sont soumis les fabricants et marchands de dentelles.
Débouchés intérim iis.
Les débouchés intérieurs de notre industrie dentellière comprennent une clientèle résidant à poste fixe dans le pays et une clientèle de passage.
Presque tous les fabricants de province envoient une bonne partie de leurs produits aux fabricants de Bruxelles. Cependant on ne doit pas considérer les maisons bruxelloises comme un débouché pour nos dentelles: car ces maisons doivent à leur tour se préoccuper de trouver le placement des articles envoyés par la province, et les fabricants qui les ont expédiés vers la capitale se sont bornés à accomplir les fonctions d’un courtier en dentelle.
Les véritables débouchés intérieurs de la dentelle belge, ce sont les commerçants de détail, tels que lingères, tailleuses,
modistes, marchands deventails, qui emploient la dentelle comme garniture d’articles de mode; c’est la dame qui commande pour le trousseau de sa tille un assortiment de belles dentelles; c’est lelégante qui, de temps à autre, fait l'emplette d’une pièce de dentelle, robe, berthe ou éventail; c’est aussi le clergé, pour les rochets, les aubes, les nappes d’autel; c’est parfois un mariage princier. Ces débouchés appartiennent principalement aux grandes maisons de Bruxelles; mais force nous est de constater que cette clientèle sérieuse n’offre à notre commerce qu’un très léger appoint et tend de jour en jour à se restreindre. Les magasins de détail font maintenant presque tous fabriquer eux-mêmes en province la dentelle qui leur est nécessaire et, d’autre part, le luxe des commandes de dentelle ne sévit pas d’une manière bien intense parmi la meilleure moitié de nos compatriotes.
La femme belge, prise dans son ensemble, n’a pas le goût de la dentelle. Tandis que la Parisienne met de la dentelle véritable à son linge et préfère n’en pas porter sur ses robes plutôt que d’en exhiber de la fausse, la femme belge, moins raffinée, se contente trop souvent, pour son linge, de petites broderies ou d’imitations de dentelles. Ses robes sont couvertes de dentelles fausses; elle laisse moisir dans ses tiroirs les belles dentelles de son trousseau et ne se hasarde presque jamais à en commander de nouvelles. Il y a des exceptions, parmi les élégantes de Bruxelles et dans quelques vieilles familles de province; mais elles sont rares. Le luxe des trousseaux a également diminué : la mère donne à sa fille, lors de son entrée en ménage un lot de dentelles qu’elle-même a reçues en héritage; les pièces neuves qui viennent se joindre à cet assortiment sont en nombre insignifiant et la valeur en est médiocre. Les dentelles commandées pour les églises sont de qualité inférieure et on leur substitue aujourd’hui le plus souvent de la broderie sur tulle. Par contre, dans certains centres de fabrication, notamment aux environs de Tliielt, de Cortemarck et
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE
de Turnhout, les jeunes filles de la classe moyenne portent de la petite dentelle à leur linge, mais souvent elles Vont fabriquée elles-mêmes (1) ou bien elles l’achètent au facteur de l’endroit.
Si l’on ajoute a cela que, parmi les acheteuses belges, un certain nombre adressent de préférence leurs commandes aux magasins de dentelles, aux facteurs, aux couvents, on s’expliquera comment les grands fabricants sont unanimes à proclamer qu’à leur point de vue, notre marché intérieur de dentelle est nul.
Les petits fabricants et ceux qui vendent au détail dans leurs boutiques de Bruxelles, d’Ostende, d’Anvers ou de Bruges n’en jugent pas ainsi. Pour eux, le marché intérieur est tout : ils s’adressent à une clientèle de passage, aux étrangers, surtout aux Anglais et aux Américains, qui traversent la Belgique ou y séjournent. Cette clientèle est nombreuse; elle achète surtout des articles de peu d’importance, mais elle achète beaucoup et elle paie bien. Elle est, il faut le reconnaître, l’élément le plus stable de notre marché intérieur, tandis que la clientèle belge en est l’accident.
Débouchés extérieurs.
Notre marché intérieur n’a pas beaucoup à souffrir de la concurrence des produits étrangers similaires; par contre, nous inondons les marchés étrangers de dentelles fabriquées en Belgique. Le tableau de la page 2i8, qui nous a été fourni par
(1) La classe ménagère adjointe à l’école dentellière congréganiste de Turnhout exposait en 1901 des chemises destinées aux élèves de l’école et exécutées par elles; toutes ces chemises étaient ornées de petites dentelles. A llouthulst, près de Dixmude, les filles de fermes portent également de la dentelle à leur chemise; les paysannes des environs d’Alost portent, aux jours de fête, des petits cols de dentelle ; quelques-unes en mettent à leur corsage.
Fig. 129. — Mouchoir en point a l’aiguille (fabrication très ordinaire).
Prix payé dans un magasin de Bruxelles : 25 francs.
L ouvrière qui a confectionné ce mouchoir a reçu de 4 à 5 francs.
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le Département des Affaires Étrangères, indique, très approximativement, le chiffre de nos exportations de dentelles depuis 1890 jusqu’en 1900.
Les données statistiques reproduites dans cet exposé sont basées sur les écritures de la douane. La nature des articles exportés, leur grande valeur sous un volume relativement restreint, les droits d’entrée considérables qui frappent nos dentelles à l’étranger et l’exemption de la visite des bagages des voyageurs à leur sortie de la Belgique, sont autant de causes qui tendent à faire échapper aux constatations douanières les quantités de dentelle expédiées hors de nos frontières.
Dans certains pays, la contrebande des dentelles belges est pratiquée sur une vaste échelle. En France, le système des chiens fraudeurs, dont il a été question plus haut (p. 44) est, paraît-il, encore fréquemment employé. On nous a assuré, d’autre part, que des femmes portant à leur linge une quantité de riches dentelles, font fréquemment le voyage de Paris pour écouler, dans des conditions très avantageuses, la production de certains fabricants de province. A l’entrée des États-Unis la fraude n’est pas moins intense.
Dans ces conditions, il y a lieu de supposer que nos ventes de dentelles à l’étranger sont, en réalité, beaucoup plus importantes que ne l’indique la statistique officielle des exportations.
Nous donnons, à la page 249, un tableau de la tarification douanière appliquée aux dentelles dans les principaux pays vers lesquels nous exportons nos produits.
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