‹ La dentelle et la broderie sur tulle (volume 2)Chapitre 42 sur 69 · fr · texte numérisé non relu

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(1) La plupart des renseignements qui suivent sur les fils de lin nous ont été fournis par M. Antoine Carlier.

(2) Les numéros les plus élevés sont les plus fins. Le tarif indique les prix des lils achetés en fabrique par les manufactures de dentelles. Les achats ont lieu au comptant avec 10 p. c. d’escompte ou à 30 jours avec 2 p. c.

Fig. 128. — Fiiandière bretonne portant un bonnet orné de Malines.

Numéro de fil.

Prix par kilogram

. . fr. 5.70

Ce tarif est celui d’une manufacture belge. En Belgique, les filatures de fil à dentelle ne dépassent guère, comme finesse, le numéro 300. Ce numéro est même assez rarement filé. La plupart des fabricants préfèrent, pour les articles de choix, se servir de fils de coton, dans lesquels il entre parfois du lin et qui sont bien supérieurs en finesse.

Ce sont le plus souvent les facteurs qui achètent les fils de lin aux maisons de gros ; parfois cependant le fabricant les achète lui-même. En effet, dans la confection de certaines dentelles le choix du fil est une chose importante : il faut savoir choisir entre un grand nombre de numéros différents et parfois combiner entre eux plusieurs fils de qualité et de finesse différentes. Tout cela demande des connaissances techniques et un goût qui sont absents chez le facteur.

Pour le Chantilly, la blonde, la guipure de soie noire et la dentelle de soie de couleur, les facteurs et petits fabricants commandent eux-mêmes leurs soies à Lyon. Les fils d’or et d'argent dont sont ornées certaines dentelles et beaucoup de broderies sur tulle viennent d’Allemagne.

LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE

Quant aux fils de coton, leur fabrication s’est tellement perfectionnée aujourd’hui, qu’ils servent à confectionner les plus fines dentelles, telles que le point gaze et le point d’Angleterre. Ils nous proviennent presque toujours des fabricants anglais, principalement de la firme Peat & C°, de Nottingham. Le fil Peat a aujourd'hui presque complètement remplacé le fil d’Ecosse et le fil de lin; son usage s’est tellement répandu (pie les fabricants et les facteurs n’en prescrivent même plus l’emploi aux ouvrières, tant ils sont assurés quelles n’en emploieront point d’autre. La firme Peat vend son fil à quelques maisons de gros établies en Belgique; celles-ci le revendent aux détaillants, merciers, facteurs ou couvents, qui, à leur tour, le fournissent aux ouvrières. Les fabricants se bornent à acheter les fils qu’on emploie dans leurs ateliers et parfois aussi les fils très fins et fort chers, que les ouvrières auraient de la peine à se procurer. Il existe cinquante numéros différents de fil Peat, les numéros les plus élevés correspondant aux qualités les plus fines et les plus chères. Le fil est vendu aux maisons de gros par livres et il est débité aux ouvrières par seizains. Il entre Gi seizains dans une livre et chaque seizain forme un petit paquet contenant un certain nombre d’écheveaux de fil rattachés ensemble. Le nombre d'écheveaux que contient un seizain varie d’après la finesse du fil. Un seizain de fil n° 40 (la qualité la plus grosse qui soit employée) contient deux échcveaux et demi; un seizain de fil n° 500 (la qualité la plus fine) en contient vingt-sept et demi.

Les nos 40 à 100 sont employés pour les torchons, les guipures et, parfois, pour la Valenciennes et le Bruges de qualité très ordinaire. Les n0â 110 à 180 s’emploient couramment pour le Bruges, la duchesse, les points de Lille et de Paris, la Valenciennes et le point de Bruxelles commun. Les Valenciennes très fines se font en fil n° 250 ou 500. Les beaux articles en point gaze et en application, ainsi que le point d’Angleterre, se font assez souvent en fil n° 420 ou 440. Le fil n° 500 est d’un emploi peu fréquent.

Le fil de coton est d’un bon marché extrême, surtout si l’on considère la très petite quantité qu'en consomment les dentellières. 11 a cependant une légère tendance à monter de prix.

Voici le tarif des prix payés vers 1860 pour le fil d’Ecosse (1) :

Tarif des fils d’Écosse en 1860.

Numéro de fil.

Prix par livre.

. . fr. 15.20

Le tarif ci-dessous donne les prix payés en 1889 et en 1900 pour les fils de coton de la marque Peat, avec l’indication, pour chaque qualité, du nombre d’écheveaux contenus dans un seizain (64e partie d’une livre). Nous ne donnons que les numéros de fil employés dans l’industrie dentellière et renseignés par MM. Peat dans leur prix courant.

(1) Ce tarif mentionne seulement les prix des fils servant à confectionner le point gaze, l’application de Bruxelles et le point d’Angleterre.

LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE

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