Une mère et sa fille travaillent
Journées
Salaires
ensemble. La mère s’occupe de son nom-
de
travail.
par
jour.
breux ménage (elle n’a pas moins de neuf
Heures.
Fr.
enfants) et ne travaille à sa dentelle que 6 à 7 heures par jour, mais très activement. Elle fait les coins du même mouchoir Louis XYI
signalé plus haut et me confirme que le couvent lui paie 8 francs par coin et qu’elle donne 25 centimes pour le fil. Cette femme gagne fr. 1.10 par jour.
Sa fille fait de la duchesse de Bruxelles et
porte sa dentelle chez un facteur de Liedekerke. Elle gagne, en travaillant 10 heures par jour, de fr. 1.25 à fr. 1.50.
Le mari, ouvrier agricole, ne travaille que pendant la bonne saison ; la mère et la fille font, à elles seules, vivre le ménage pendant l’hiver.
199. Une mère et sa fille font toutes deux de la duchesse de Bruxelles. Elles exécutent
les commandes d’un facteur local ; leurs gains varient entre fr. 1 .25 et fr. 1 .50, et atteignent parfois 2 francs; elles travaillent, l’une et l’autre, de 5 heures du matin à 8 heures du
soir. L’hiver, le mari qui est ouvrier agricole, ne gagne rien ; la fille aînée, petite tailleuse, un fils, briquetier à Bruxelles, et les deux dentellières font vivre la famille pendant la morte saison.
200. Une femme de 50 ans, tenant un petit cabaret et travaillant pendant la moitié du jour, gagne 70 centimes en faisant de la duchesse de Bruxelles. Ses deux filles apprennent à faire de la dentelle au couvent ;
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE
Faînee gagne déjà fr. 1.50 par semaine, la seconde 12 centimes par jour.
Louvain.
201. Deux vieilles femmes font du torchon à 15 centimes l’aune: elles en produisent une aune par jour. Une autre vieille gagne 50 centimes pour une journée de 10 heures, en faisant du petit torchon. Autrefois, me disait-elle, elle gagnait jusque 50 centimes par joui-.
202. Une autre vieille femme, travaillant du matin au soir, fait du torchon, à raison de 60 centimes l’aune et d’une aune par jour.
Les rares ouvrières existant encore à Louvain travaillent toutes pour des factoresses, qui viennent chercher leurs dentelles à domicile.
Matines (1).
205. Une vieille femme fait une toute petite dentelle du genre Malines, appelée
Fig. 41. — Dentelle de Malines (trou-trou).
Prix payé à l’ouvrière : 18 centimes l’aune.
trou-trou (en flamand : etterjefke ), et reçoit 18 centimes par aune. Pendant l’hiver, elle fait une aune de cette dentelle en un jour et
Journées
de
Salaires
par
jour.
Fr.
(1) Nous donnons ici les salaires de tonies les ouvrières dentellières de Malines.
travaille de 7 1/2 heures du matin à 4 heures du soir ; elle emploie pour 2 centimes de fil par aune. L’été, comme elle voit clair plus longtemps, elle gagne jusque 20 centimes par jour. Une fabricante d’Anvers vient chercher sa dentelle tous les mois et lui apporte le fil.
204. Une autre vieille fait une belle Maîines de 10 centimètres de large. En deux mois elle en fait quatre aunes et quart, qui lui sont payées, par la supérieure du Béguinage de Malines, 69 francs, dont il faut déduire 6 francs pour le fil. Cette ouvrière travaille depuis 7 1/2 heures du matin jusqu’à
10 heures du soir, avec une demi-heure d’intervalle pour prendre à la hâte son pauvre repas. Elle gagne donc environ 1 franc par jour.
« Autrefois, me disait-elle, je gagnais pour une dentelle du meme genre 2 francs par jour. Alors c’était le bon temps! Je jouissais d’une vue excellente et j’ai appris mon métier en cinq ans et demi seulement (de 6 1/2 à 12 ans). » Aujourd’hui la vue de cette femme a beaucoup baissé et elle se voit forcée d’exécuter toujours le même dessin. Mais elle est restée très active et travaille constamment, même pendant qu’elle parle.
205. Une vieille ouvrière fait du point de Lille et reçoit pour une aune 3 francs, dont
11 lui faut déduire 50 centimes (?) pour le fil. Elle fait une aune par semaine et travaille pour une fabricante d’Anvers, pendant 10 heures par jour. Son salaire se rapproche
Journées
de
travail.
Salaires
par
Fr.
LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE
donc de A centimes par heure. Cette ouvrière est moins active (jue la précédente.
206. Une dentellière faisant de la Malines est rebelle à toute interview.
207. Une autre exécute un torchon à 30 centimes l’aune (dont § centimes à déduire pour le fil). Elle produit facilement une aune par jour.
208. Une vieille ouvrière et sa fil le, âgée de 36 ans, travaillent ensemble.
Fig. 42. — Dente i le de Malines (trou-trou).
Prix payé à l'ouvrière : 18 centimes l’aune.
La \ieille fait du trou-trou à 48 centimes l’aune (fig. 42), dont 2 centimes à déduire pour le fil; elle produit, au plus, une aune par jour. La plus jeune, une des dernières survivantes de l’école dentellière fondée à Malines en 4873, fait une petite Malines large de 2 centimètres. Elle reçoit I franc par aune et fait une demi-aune par jour en travaillant de 7 heures 1/2 du matin à 10 heures du soir. Elle est encore capable de faire de la belle Malines, mais elle s’en garde bien : « cela ne rapporte pas plus que la petite, au contraire ».
A r hospice des vieilles femmes.
209. Une vieille fait de la Malines à raison de 33 sous (fr. 3.43) faune. Sa dentelle a 5 centimètres de largeur; elle en produit une
•Journées
de
travail.
Heures.
! Salaires par jour.
Fr.
demi-aune par semaine en travaillant cle 8 heures du matin à 11 heures 1/2 et de 1 heure 1/2 à 3 heures 1/2. Elle travaille pour une marchande de Malines.
210. Une autre vieille fait du trou-trou et reçoit 13 centimes par aune. L’été, elle fait de 4 à S aunes par jour, en travaillant du malin au soir; l’hiver, elle ne fait que 2 ou 3 aunes, parce qu’elle ne travaille pas à la lumière.
211. Une vieille fait un entre-deux en Malines de 3 centimètres de large. Elle reçoit 63 centimes par aune et fait une aune par semaine. Elle est aveugle, travaille très lentement et toujours de mémoire. Malgré cette infirmité, qui remonte àplusieurs années, elle a encore exécuté, il y a peu de temps, de larges dentelles de Malines. Maintenant, elle se garderait bien de faire encore de la belle dentelle : « il fout attendre trop longtemps avant de recevoir quelques sous; puis, on ne lui donne à faire qu’un seul dessin, toujours le meme, et elle n’oserait pas travailler pour une autre marchande que Mme *** ».
212. Une autre exécute un trou-trou à 15 centimes l’aune; elle fait l’été 7 aunes par semaine, l’hiver 4.
Journées
de
travail.
Salaires
par
jour.
Fig. 43. — Dentelle de Malines.
Prix payé à l’ouvrière : 68 centimes l’aune.