‹ La dentelle et la broderie sur tulleChapitre 8 sur 86 · Deux vieilles femmes du Godslniis Mculcnaere · texte numérisé non relu

Deux vieilles femmes du Godslniis Mculcnaere

gagnent de 50 à GO centimes par jour, en faisant des mouchoirs en dentelle de Bruges. Elles travaillent 10 heures par jour, pour une koopvrouw , qui, au bout de la semaine, leur retient souvent 5 ou 10 centimes sur leur salaire, en prétextant que l’ouvrage est mal fait. Elles se répandent en plaintes amères contre les koopvrouwcn , qui ne sont, disent-elles, que d’anciennes ouvrières enrichies.

5. Dans le meme hospice, trois vieilles filles font des entre-deux étroits en Valenciennes à mailles rondes. Elles travaillent 10 heures par jour et gagnent environ 75 centimes. Elles se i réunissent chez l’une d’elles pour faire de la dentelle. Ces trois femmes ont tout à fait perdu l’habitude de faire la belle Valenciennes; elles ne font plus que de la Valenciennes étroite et du torchon.

4. Deux sœurs, âgées de 18 et 20 ans, travaillent ensemble. La première fait 2 aunes par jour d’une guipure à 40 centimes l’aune. Elle vend sa

dentelle à une koopvrouw du voisinage.

5. La seconde fait un mouchoir en point de Flandre pour le prix de 2 francs ; elle met deux jours à le faire et travaille directement pour un fabricant de Bruges.

Les parents de ces deux jeunes filles sont très âgés. La mère consacre tout son temps au ménage. Le père est maçon et gagne 1 franc (?) par jour.

travail.

Heures.

Salaires

par

jour.

Fr.

Fig . 5. — Valenciennes a jiailles rondes.

Prix payé à l’ouvrière : 1 franc l’aune.

6. Une femme âgée de 20 ans fait en 7 heures une demi-aune de petite Valenciennes (fig. 3). Elle reçoit 1 franc par aune. Son mari est cordonnier et travaille chez un fabricant; il gagne entre I et 2 francs par jour.

Fig. 4. — Valenciennes a mailles rondes.

Prix payé à l’ouvrière : fr. 1.50 l’aune.

7. La mère de cette ouvrière, habitant quelques maisons plus loin, fait de la Valenciennes à 1 franc 50 faune (fig. 4). En 7 heures elle en fait une demi-aune. Elle habite avec une autre de ses filles, qui est couturière.

8. Dans la même rue, trois voisines travaillent ensemble, sur le pas de la porte de l’une d’elles. Les deux premières font un torchon à 60 centimes faune et mettent deux jours à terminer une aune.

LES INDUSTRIES A DOMICILE EN BELGIQUE

La troisième fait un torchon plus fin, à 75 centimes Faune ; elle en fait une aune par jour. Ces trois femmes ont chacune leur ménage à tenir, des enfants à élever. Les deux premières ne travaillent que peu d’heures par jour. Le salaire de la troisième est cependant relativement plus élevé (pie celui des deux autres; cette ouvrière explique cela en disant « quelle a reçu du meilleur ouvrage >>.

Toutes les femmes de cette rue (environs de l’église de Jérusalem) font des dentelles analogues et ne demandent pas mieux que de les vendre aux passants. Elles m'appellent dans leurs maisons et quelques-unes viennent m’offrir leur dentelle.

9. Une mère et sa fille font de la Valenciennes à l franc l’aune. Elles en font une demi-aune par jour. A la fenêtre, une pancarte avec ces mots : « Hier verkoopt moi hier » (Ici l'on vend de la bière). Le mari est colporteur de charbon et son salaire est des plus variable.

10. Une vieille femme, travaillant du matin au soir, reçoit fr. 1.40 par aune pour une petite Valenciennes payée à sa voisine fr. 1.50 l’aune (n° 7), Elle fait un peu plus d’une demi-aune par jour.

11. Une autre vieille fait une Valenciennes à 1 franc l’aune. En travaillant depuis 7 heures du matin jusqu’à l’obscurité, elle fait trois quarts d’aune.

12. 2 dentellières, âgées de 40 ans environ, font de la dentelle de Bruges et gagnent fr 1 25 pour une journée de 10 à 11 heures de travail. Elles travaillent pour un fabricant. Une autre, dans la même maison, gagne 1 franc par jour.

Page 1