Le reste de nos dentelles étrangères se trouve
exposé dans le meuble à volets n° 100. Certains pays, tels que l'ancien Danemark et la Suède, y sont assez convenablement représentés. Pour d'autres, nous l'avons dit, notre collection est encore en voie de formation.
Danemark.
L'ancienne province danoise de Slesvig-Holstein a tenu jadis une place assez en vue dans l'industrie qui nous occupe. La petite ville de Tondern était, dès le XVIIe siècle, célèbre par ses dentelles, dont la technique y avait été importée des Pays-Bas. Le roi Christiern IV favorisa l'industrie ; il s'occupait lui-même d'acheter les dentelles nécessaires à sa consommation personnelle. On conserve, au musée royal deRosenborg, un col en dentelle qui fut porté par ce roi. Mme Sara Rasmussen, de Copenhague, a obtenu l'autorisation d'en prendre un piquage, qu'elle nous a gracieusement offert. Il se trouve placé à côté de la dentelle que nous avons fait exécuter, sur ce document, par les soins obligeants de MHe Minne Dansaert.
C'est aux démarches de Mme Rasmussen que
nous devons également la plupart de nos dentelles de Tondern. Cette amie dévouée de notre collection les a sollicitées, à notre intention, des dames de Copenhague, qui n'ont pas hésité à les lui remettre pour nous.
Nous adressons ici tous nos remercîments à Mme Rasmussen et à nos gracieuses donatrices.
Suède.
La dentelle suédoise se répartit entre trois centres principaux : la Scanie, tout au sud, Wadstena, au bord du lac Vetter et, un peu plus au nord, la Dalécarlie.
Les dentelles de Scanie, d'un dessin serré, rappellent assez bien les anciens galons, dits passements.
Celles de Wadstena ont plus de grâce et de dessin, circonstance due, sans doute, à ce que leur premier centre fut un couvent de femmes, où s'exécutaient, en général, de beaux produits.
La Dalécarlie nous ramène aux dentelles paysannes, plus rustiques, sans doute, mais originales et atteignant parfois une réelle élégance.
On ne pourra manquer de compléter ce léger aperçu de la dentelle suédoise en allant voir, sur
îoo. le palier d'entrée, une collection de dix coiffures, caractéristiques des diverses provinces de la Suède, que M. et Mme Peltzer-De Mot ont eu la bonne pensée de nous offrir en souvenir de leur séjour à Stockholm.
Angleterre et Irlande.
L'endroit de l'Angleterre, le plus célèbre pour ses dentelles, est la petite ville de Honiton, dans le Devonshire. Les spécimens que nous en possédons sont de mince valeur. Nous comptons bien nous en procurer d'autres, en môme temps que des produits d'autres centres encore, notamment du Buckinghamshire, du Bedfordshire, etc.
Nous avons également à organiser l'exposition des dentelles qui se font en Irlande et que représentent seulement ici les jolis spécimens de point à l'aiguille, travaillés dans le couvent de Kenmare. Ils nous furent donnés par Mrs. Lynch, dont nous avons eu déjà l'occasion de citer le nom, au sujet de « l'uncinetto » de la ValleVogna.
Suisse,
La Suisse ne compte guère parmi les pays dentelliers. On y a fait cependant de la dentelle
autrefois et, de divers côtés, l'on s'efforce aujourd'hui de rendre quelque vie à cette industrie. Nous n'avons réuni jusqu'à présent que quelques spécimens, du genre torchon, offerts par Mme Kefer-Mali.
Pays Slaves.
Il y aurait à faire une place assez importante aux dentelles slaves, qui, chez les peuples de l'est de l'Europe, interviennent d'une façon notable dans la toilette féminine et qui revêtent, du reste, une grande originalité. Les spécimens exposés ici, sans être des meilleurs, peuvent néanmoins donner déjà une idée de ce genre très spécial.
Grèce.
La Grèce s'occupe, de son côté, d'introduire la dentelle dans le travail des femmes. Une école dentellière a été fondée à Athènes, sous le patronage de S. M. la Reine. On y fait des travaux d'aiguille, à l'imitation de Venise, et des dentelles aux fuseaux, dans lesquelles se retrouvent, à côté des simples torchons, des produits inspirés de nos dentelles belges, delà Duchesse notamment.
îoo. Les spécimens exposés ici nous ont été donnés
par M. Sainctelette, à l'époque où il était ministre de Belgique, à Athènes.
Chypre.
Nous devons les quelques morceaux, exposés sous ce nom, à l'amabilité de M. Louis Rosseels, consul général de Belgique, à Athènes. Ils ne constituent pas, à vrai dire, de la dentelle, mais seulement du point coupé. On retrouve dans ces dessins, restés géométriques, l'ancienne technique de Venise, demeurée comme un souvenir de la domination que la cité des doges exerçait autrefois dans toute cette partie de l'Archipel.
Smyrne.
Le travail à l'aiguille, caractéristique de Smyrne, se compose de fleurs et d'ornements d'une grande finesse, formant des petites guirlandes et des bouquets, et servant à orner des objets de toilette ou de fantaisie. On lui donne le nom d'oyah. Nous pouvons en montrer un assez joli spécimen : une petite bourse, bordée d'une délicate guirlande polychrome, prêtée par Mme Eugène Cumont.
Chine.