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La vitrine n° 7 nous en montre un exemple

curieux. C'est une pièce formée de trois lais de grosse toile, reliés entre eux par un passement de fil. Les deux lais de côté sont tra-

versés de bandes de fil tiré, vraiment typiques pour ce genre de travail. La partie centrale présente, entre deux champs de fil tiré, brodés de losanges, un Christ en croix, de caractère plutôt barbare, entouré des attributs de la Passion. Au pied de la croix, deux anges d'un style maniéré; au-dessus des bras, deux petites figures, paraissant porter jupon, le poing sur la hanche, et jouant de l'éventail. Ces détails, joints d'ailleurs à la lourdeur générale de l'œuvre et à l'âpreté de la figure du Christ, nous font regarder ce travail comme étant espagnol. On le croirait du XVIe siècle, n'étaient les anges au pied de la croix, qui décèlent le siècle suivant.

Cet objet intéressant nous a été donné par Mme Peltzer de Clermont.

La même vitrine renferme de bons morceaux de fil tiré, du genre de travail dit « en réserve », offerts également par Mme Peltzer de Clermont. Les uns, rapportés de Normandie, paraissent dater de la fin du XVIe siècle; l'autre, le grand morceau, représente un travail italien, que suffirait à désigner comme tel le mot Libertà, qui s'y trouve constamment reproduit. Ces diverses pièces sont remarquables par la netteté avec laquelle les réserves de toile, formant dessin, s'y trouvent délimitées.

7. Dans les temps plus rapprochés de nous, le travail se fit plus délicat et plus menu. La ville de Dinant acquit, au XVIIIe siècle, une véritable renommée pour ce genre d'ouvrages, qui continua d'y être pratiqué pendant la première moitié du XIXe siècle.

La partie inférieure de la vitrine n° 7 en renferme divers spécimens, parmi lesquels un beau bas d'aube, avec manches assorties.

8. La Lorraine est encore le pays des fines broderies. On y a travaillé principalement au plumetis, tandis qu'en Belgique domine plutôt le principe du « stoppage ».

Nous croyons devoir attribuer à cette région le fichu portant le n° 241 qui se trouve déposé dans la vitrine n° 8.

8bis. Le caractère lorrain ne fait pas de doute pour

ce qui concerne la délicate manche à trois étages, dite « engageante », exposée à l'entrée, dans la petite vitrine n° 8bis. Cette manche, malheureusement dépareillée aujourd'hui, fut brodée pour une maîtresse de Louis XV, dans un couvent de Nancy. Une circonstance imprévue ayant fait obstacle à sa livraison, on la mit en loterie parmi les pensionnaires de la maison et le sort la fit

Bbîs. échoir à une jeune fille, de qui elle passa, par tradition successive, à Mme Eugène Devaux, femme du distingué portraitiste que l'on sait. M. Eugène Devaux vient d'oflrir au Musée, en souvenir de Mme Devaux, ce précieux morceau, jauni par le temps, mais qui n'en a que plus de crédit pour nous conter; à la fois, l'habileté des brodeuses d'antan et le degré de raffinement auquel les dames du XVIIIe siècle poussaient leurs exigences de toilette.

Le porte-bébé, de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, exposé dans la même vitrine, nous présente un très heureux assemblage de Valenciennes et de délicates broderies, dans lesquelles intervient également le genre « à fils tirés » .

Ce charmant objet nous a été offert par Madame Peltzer de Clermont.

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