‹ La dentelle, histoire -- description -- fabrication -- bibliographieChapitre 18 sur 73 · Voy. également les · texte numérisé non relu

Voy. également les

aussi pour se passer de l’opération du Crocherage.

2. Mme Palliser cite une très-belle dentelle qu’on voit au couvent de la Visitation au Puy, qu’elle a pris pour de la valenciennes antique. C’est un point de France ou d'Angleterre aux fuseaux de la fin du xvnt siècle, ou du commencement du xvII'.

Son ouvrage fourmille d'erreurs de cette nature. Page 51, on voit un spécimen de dentelle à l'aiguille qu’elle appelle, on ne sait pourquoi, point de Venise à la rose; c'est une dentelle d’Alençon du xvinf siècle, à réseau de bride hexagone !

Page 70, une valenciennes commune à laquelle elle donne le nom de point de Gènes; Page 177, un point de France aux fuseaux qu’elle donne comme un point d’Alençon à l'aiguille!

Page 215, comme spécimen de valenciennes du temps de Louis XVI une barbe à réseau simple, façon Lille; Page 335;

une barbe en point à l'aiguille qu'elle attribue à la fabrication d'Honiton ! etc.

quarante à cinquante centimètres sur huit à dix de large, d’une passe et d’un fond; le tout équivalant à deux mètres cinquante ou trois au plus, pouvait valoir, suivant la largeur des bandes et la finesse, jusqu'à 1,500 livres de la monnaie du temps.

Le fil de lin qu’on y employait était d’une finesse extrême, il y en avait qui valait jusqu’à 2,000 francs la livre; malgré ce prix élevé, ce qui s’en employait dans les fines valenciennes ne représentait pas plus de sept à huit pour cent de leur valeur; aussi, quand on a remplacé il y a cinquante ans environ cette inappréciable matière par du fil de coton, on n’a réalisé qu’une mesquine économie de trois À quatre pour cent et on a enlevé à la dentelle les meilleures de ses qualités; on a perdu en outre une industrie précieuse, celle des fils de main que la mécanique n’a pu remplacer, même pour la fabrication de certaines sortes de batistes que l’on ne trouve plus aujourd’hui dans le commerce.

Jusque vers la fin du règne de Louis XV à peu près, les fabricants de Valenciennes ont conservé les belles traditions des derniers temps du xvn‘ siècle, où l’on s’inspirait pour le dessin des plus élégants modèles des maïtres de la Renaissance; mais après il y a eu une décadence complète, surtout à partir du moment où cette industrie a émigré en Belgique (PI. XI, Fig. 2).

Il est rare maintenant de rencontrer un dessin où l’on sente la main d’un artiste; c’est du reste un reproche à adresser à nos voisins pour toutes leurs dentelles, chose surprenante dans un pays où le goût des beaux arts est si répandu.

La valenciennes d’autrefois était fort appréciée pour son incomparable solidité, elle avait une valeur durable qui comptait dans les héritages, où elle se chiffrait quelquefois pour des sommes importantes, mais elle manquait d’un certain éclat et n’avait point

comme effet une valeur en rapport avec son prix élevé. Elle se faisait il est vrai sur des modèles élégants, mais elle n’avait guère plus de relief qu’un fin damassé; cependant comme elle était en fils de lin très-fins et des plus beaux, elle présentait un glacé naturel fort agréable à l’œil. En outre, l'ampleur de son pli, sa fermeté qui n’excluait pas la souplesse, avait quelque chose de cossu qu’on ne retrouve plus dans celles d’aujourd’hui. Mesquines pour le dessin, qui est monotone et sans art, se chiffonnant pauvrement comme tout ce qui est coton, le plus fin connaisseur ne les distinguerait seulement pas d’une imitation à une faible distance (PI. XII, Fig. 2).

Il serait bien facile cependant de donner à cette dentelle un aspect plus agréable. Des dessins mieux compris, un peu de grillé dans ces éternels effets de mat et quelques points à jour suffiraient.

On s’est mis à faire depuis peu de temps, dans le Brabant, de la dentelle façon Angleterre, Bruges ou application sur réseau de Valenciennes (PI. XI, Fig. 3), que pour cela on appelle valenciennes de Brabant. Un brevet d’invention a été pris, dit-on, pour cette dentelle qui est bien supérieure à la valenciènnes ordinaire, mais qui n’a de nouveau que le nom. Le travail en est tout à fait identique avec celui de la dentelle représentée sur la Planche IX, dont la fabrication remonte vers le milieu du siècle

dernier. À cette époque on en a fait avec toute espèce de réseaux.

Tout ce qui compose le dessin de ces dentelles, appelées Valenciennes de Brabant, se fait à l’aide d’un petit nombre de fuseaux, par petites parcelles qui sont rattachées successivement, au moyen du crochetage, à leur point de jonction. Lorsque toutes les parties qui figurent le dessin sont terminées, on accroche par une boucle chacun des fuseaux nécessaires pour faire le fond, on les relève là où il n’y a pas de fond pour les attacher de nouveau au moment de continuer le même ouvrage, sauf quelques-uns qui sont laissés et qui passent sur le tissu où ils sont invisibles quand il est tout mat et sans jour, parce que le travail étant terminé et la dentelle retournée ils se trouvent à l'envers.

C’est absolument ce qu’on a toujours fait pour tous les travaux de ce genre à réseaux ou à brides.

La Figure 1 de la PI. XII représente une dentelle qu’on appelle aussi valenciennes du Brabant ; c’est le même travail, sauf que le réseau est à deux fils comme celui dit réseau de Dieppe, au lieu que le vrai réseau de la valenciennes est à quatre fils.

Sauf la ville de Baïlleul et quelques cantons environnants dans le département du Nord, où il y a 8,000 ouvrières environ occupées à faire des valenciennes communes, cette industrie est maintenant spéciale à la Belgique; M. Aubry porte à 50,000 le nombre des ouvrières qui s’y adonnent. Les plus fines se font à Alost, Ypres et Courtrai; celles de Gand et de Bruges sont les plus communes. Cette fabrication, qui anciennement se faisait également à Mons dans le Hainaut, y a cessé.

On donnait, au xvin' siècle, le nom de fausses valenciennes à certaines dentelles sans cordonnets dont le travail pour l'exécution du dessin était identique avec celui de la valenciennes, quoique le fond en différät; ainsi les valenciennes de Bruges et de Bail-

leul à réseau presque rond, celles que l’on faisait dans le Lyonnais, portaient le nom de

fausses valenciennes: on en faisait aussi à Lille et à Dieppe, et par exception quelques véritables. (PL XI, Fig. r, et PL XLIX, Fig. 2 et 3.)

GELAUPIIURIE. VAI

Page 1