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qui y ait perdu autant que celle de Bruxelles connue maintenant sous le nom d’application (PI. X, Fig. r et 2.). Un de ses effets les plus agréables est produit par des petits reliefs appelés brodes, pratiqués dans les feuilles en guise de nervures; or, ces reliefs qui font sa richesse et en augmentent considérablement le prix, ne ressortent pas du tout sur un fond de réseau fin, et auraient besoin justement d’un fond très-ajouré pour bien s’enlever. Cela est si vrai que, pour donner un peu d’attrait et d'éclat au dessin, on est obligé d'y ménager des jours que l’on a soin d’orner de points de guipure à l'aiguille très-délicats qui y sont du meilleur effet.
Fig. 40. — Guipure commune, fin du xvn siècle.
Depuis qu'on a inventé les tulles mécaniques dits bruxelles, l'application se pose généralement sur ce réseau, dont le prix de revient est minime; on réalise alors une économie considérable, mais on n’a plus qu'une dentelle doublée d’une imitation peu séduisante pour ün œil délicat; car, elle n’a plus, ainsi accommodée, ce flou qui est la propriété la plus attrayante des produits manuels. Au chiffonner elle est raide, le pli en est sec et n’a point l’ampleur, le moelleux du vrai réseau. Ajoutez que tulle et dentelle se faisant aujourd’hui en coton, tout cela n’a de la main qu’à l’aide des apprèêts malsains
que nécessite cette matière molle et légère‘; apprêts qui sont loin d’être un équivalent de la fermeté naturelle inhérente aux fils de lin qui, à cause de leur pesanteur spécifique incomparablement plus grande, fournissaient un pli tombant bien, élégant et sans raideur.
Tant que la dentelle se fit sans réseau, elle conserva son unité; ce fut d’abord le
gothique à rosaces italien qui lui servit exclusivement de modèle depuis son origine
1. On se sert du blanc de céruse pour apprèter et blanchir les applications; blanc de plomb d’après Turgan des Grandes usines, page 242,
, 95° livraison
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jusque vers les derniers temps du règne de Louis XII; puis, on adopta le style de la Renaissance dans la composition des dessins qu’on lui appliqua. Au moment de l’invention du réseau, elles rentraient toutes à peu près dans un seul genre dont le type était représenté par le point de France aux fuseaux, imité du point d'Angleterre. La valenciennes elle-même (PL VI, Fig. 3) et la malines se faisaient d’après les menus modèles, seulement le fond se composait de différents points de guipure -au lieu de brides à picots. Il y avait bien, par-ci, par-là, quelques variétés, mais les points de France et d'Angleterre étant les plus renommés, on cherchait dans toutes les fabriques à s’en rapprocher. Il n’y avait pas même d’exception pour les dentelles les plus grossières, qui étaient l’image des dentelles fines vues au verre grossissant. (Fig. 40.)
| Le réseau ayant eu différentes manières d’être : le réseau point de Dieppe, le réseau
fon Alençon, Lille où Fond clair, le réseau Malines, le réseau Valenciennes, celui dit frenne Ces ou Point de Paris, cela donna l’occasion de différentes sortes de Fe
dentelles qui prirent le nom des localités où ces réseaux étaient le plus en usage.
Le plus simple et probablement le plus ancien, qui a dû donner naissance à tous les autres, est celui qu’on emploie à la dentelle Torchon, la plus ordinaire et la moins compliquée de toutes.
Il est à deux fils et carré; les fuseaux qui le font se tordent une BE ne = fois ou deux au plus, suivant la dimension du réseau. (Fig. 41.) de la dentelle Torchon. : À ; : à
Tordus trois ou quatre fois, cela produit des lignes très-nettes, et
le réseau prend alors le nom de point de Dieppe. L’inspection
de ces réseaux démontre la simplicité du travail, qui est des plus élémentaires. (Fig. 42.)
Le réseau dit Alençon, Lille ou Fond clair, est d’un tra-
vail aussi simple que les précédents; il est à deux fils également, mais de forme hexagone. Cette figure se produit par Fig. 42. — Réseau de Dieppe, l'effet du croisement de deux fuseaux au point de jonction FH ÉSNONE RER des quatre qui s’emploient dans chaque réseau. C’est le croisement de ces fils qui rend les réseaux solidaires en les rattachant ensemble. Si l’on croise les quatre fils, la figure qui se produit est forcément carrée, comme le sont les réseaux Torchon ou Dieppe. (Fig. 43.)
Le réseau Alençon se fait à l'aiguille ou aux fuseaux.
Dans ce dernier cas, il s’emploie comme fond aux den-
telles actuelles de Chantilly, Caen, Lille, etc. L'applica- RPC S SE tion de Bruxelles prend, dans le commerce, le nom Angleterre quand on l’y a posée dessus. (PL XXXV.) Fait à l'aiguille, il est le complément du point d’Alençon et du point de gaze de Bruxelles, qui sont des dentelles travaillées à l'aiguille. (PL. XXX et XLVI.)
Le réseau Malines, employé exclusivement à la dentelle de ce nom, est également à
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deux fils, mais sa forme est octogone. Il diffère en outre des précédents, en ce qu’au point de jonction des fils de deux réseaux contigus, les fuseaux, qui sont au nombre de quatre à ce point, se tressent ensemble trois ou quatre fois par quatre; ce qui donne à cet endroit une ligne d’une épaisseur double dont l'effet, par ce contraste, ne manque pas d'agrément. (Fig. 44.)
La trenne ou point de Paris est un réseau complexe deux fils, représentant un hexagone et deux triangles. C’est un carré ou une suite de carrés coupés par deux
Fig. 44 — Réseau Fig. 45. — Réseau Point de Paris, ou Fond chant.
Malines.
lignes parallèles dans le sens de la longueur du travail. Chaque carré ainsi coupé produit au milieu un hexagone, et à droite et à gauche des parallèles, un triangle. (Fig. 45.) On désigne quelquefois ce réseau par le nom de fond chant. Le fond valenciennes est un réseau quatre fils, jadis presque rond, aujourd’hui représentant un carré parfait. Aux points de
jonction, il n’y a que deux fuseaux sur quatre qui se croisent;
de cette façon il n’y a jamais que quatre fils de tressés ensemble
a a Marie et par suite l’épaisseur des lignes est partout la même. (PI. XII.) où Cinq trous. Il y a encore un réseau qu’on appelle mariage dans la fabri-
que du Puy et cing-trous dans les autres. Il est rond et se fait avec le même nombre de
fuseaux que le point de Paris. (Fig. 46.)
GE PTE eV
De toutes les dentelles aux fuseaux, celle qui a résisté le plus longtemps aux fantaisies successives de la mode, c’est la valenciennes. Cette faveur exceptionnelle n’est pas due à ses qualités artistiques actuelles; sous ce rapport, elle à hérité de son ancienne renommée sans qu’on ait rien fait pour la lui conserver. Le goût présent n’est pas exigeant et se contente des pauvretés qu'on lui offre. C’est à une autre cause, sa solidité, qu’il faut attribuer sa vogue persistante.
Quoique cette dentelle ne présente pas les mêmes garanties de durée qu’autrefois, soit, parce qu’elle se fait maintenant en fils de coton; soit, parce que nombre des fils
employés dans le remplissage des mats sont levés et reposés ensuite pour la répétition
des motifs dans lesquels ils ont servi, comme cela se pratique dans les tissus brochés ordinaires, elle n’en a pas moins relativement à la malines, à la dentelle façon Lille, une solidité supérieure. C’est pour cela qu’elle a conservé les préférences du consommateur.
C'est la ville de Valenciennes qui a donné son nom à cette précieuse dentelle, laquelle, malgré ce qu’on en a dit, se faisait aussi dans les contrées environnantes pour les sortes de finesse moyenne d’une consommation courante. Seulement, les plus fines et les plus riches se fabriquaient spécialement dans l’intérieur de cette ville, où il y avait des ouvrières en grand nombre, habituées à manier les fils extra-fins propres à ce travail délicat.
De ce qu’on y avait cette spécialité, et qu'ailleurs on n’essayait pas de s’y adonner, très-probablement parce qu’on n’en sentait pas la nécessité, occupé qu’on était à des ouvrages plus ordinaires, dont le débit devait être plus. grand et plus facile, les Valenciennois, glorieux et fiers des avantages de leur supériorité réelle, qu’on ne trouvait pas intérêt à leur disputer, aveuglés par un chauvinisme local dont on sent la cause, se sont aisément persuadé que ce qui était possible à l’habileté de leurs ouvrières dans lintérieur de leur ville, ne l'était plus à ces mêmes ouvrières transportées seulement en dehors des murs, sur le territoire même de la cité. De là un petit conte légendaire, que des
écrivains en passant n’ont pas manqué de recueillir et de présenter au public comme une
curiosité merveilleuse qui a excité leur admiration et leur étonnement.
ex
Il faut citer cette légende pour montrer où peut aller Le b£otisme de la crédulité humaine.
« Ce beau travail, dit M. Dieudonné, préfet du Nord en 1804, dans une statistique de ce département, est tellement inhérent au lieu, qu'un fait bien établi, c’est que, si une pièce de cette dentelle était commencée à Valenciennes et finie hors des murs, cette dernière partie serait visiblement moins belle et moins parfaite que l’autre, quoique continuée par la même dentellière, avec le même fil, sur le même carreau.
« Quelle peut-être la cause de ce phénomène? Est-ce l'influence de l’atmosphère, ainsi que les Valenciennois le prétendent? Il est de fait que jusqu’à présent cette den-
telle n’a pu être imitée dans aucune ville de l’Europe, et que cette fabrication ne s’étend pas au delà de l’enceinte de la ville. »
Ne se croirait-on pas revenu au beau temps de la sorcellerie? Un effet physique aussi bizarre ne pouvait certainement se produire sans qu’il se passât quelque chose d’extraordinaire et de surnaturel.
Peut-être quelques diablotins invisibles venaient-ils tout exprès pour brouiller les fuseaux et déplacer les épingles chaque fois que pareille expérience se faisait. Ou bien encore, la fée protectrice de la cité, jalouse de lui conserver son industrie, paralysait-elle es mains des ouvrières qui essayaient de s’y adonner au dehors?
On ne comprend pas que des gens sérieux répètent de pareils contes, bons tout au plus à amuser des enfants. C’est qu'ils y ajoutent foi et les reproduisent avec un air de satisfaction qui n’a d’égal que leur naïveté ‘
Cela ne manque pas d’à-propos en face d’une industrie qui déjà, en 1804, avait
presque complétement émigré en Belgique, et qui, depuis plus de soixante ans, a entièrement disparu de la ville de Valenciennes; alors surtout qu’on affirme, comme M. Aubry, que cette industrie, établie au loin maintenant, a de nos jours fait de grands progrès ?.
Pour donner à ce conte légendaire un air de vraisemblance que contredisent ces progrès qu’on dit encore avoir été accomplis en d’autres lieux, M. Aubry s’appuie sur la variété d’aspect des mêmes sortes de dentelles fabriquées dans des pays différents. Il ignore sans doute que ces variétés sont la conséquence d’habitudes différentes. « Le même dessin, dit-il, fait avec la même matière première, qu'il soit exécuté en Belgique, en Saxe, à Lille, Arras, Mirecourt ou au Puy, aura toujours le cachet de la ville où il a été fabriqué. Il en a constamment été de la sorte depuis l’origine de la dentelle, et jamais on n’a pu transporter le genre de fabrication d’une ville dans une autre, il y à toujours une différence sensible. »
M. Aubry connaît la dentelle pour lavoir pratiquée longtemps, mais en faisant son histoire il s’est laissé beaucoup trop influencer par ceux qui en avaient écrit avant lui.
Les lignes citées, attribuées à M. Dieudonné, préft
:t du Nord en 1804, sont empruntées au rapport de l'exposition
le de 1851; M. Aubry s’en sert pour démontrer l'impossibilité de faire dans un pays ce qui se fait dans un
2 LALE 2 de la PI. XII est le fac-simile d'une valenciennes de Belgique, et la Fig. 3 de la même planche est
ais travaillé à la
la reproduction d’un échantillon fait par une ouvr du Puy, qui n'avait jar
-nciennes,
ner EEE REReR Encens
S'il eût soupçonné qu’en descendant dans les détails les plus intimes des procédés de fabrication de chaque pays il devait trouver des habitudes différentes, il n’eût pas manqué de le faire et les causes de ces variétés d’aspect dans les mêmes genres, suivant le pays, lui eussent été révélées.
Le plus ou moins grand développement et le degré d’inclinaison du plan supérieur du métier à dentelles, le poids des fuseaux, la plus ou moins grande torsion des matières employées à la fabrication, et surtout les différentes manières de piquer, sont autant de causes qui influent sur la manière d’être du produit.
De toutes ces causes, celle qui contribue le plus à donner aux dentelles similaires de chaque pays une originalité à part, c’est la piqüre, dont les procédés sont plus ou moins variables.
Partout généralement, après avoir choisi le fond qu’on a l'intention d'appliquer à un modèle, on pique à vue de nez les trous d’épingles qui circonscrivent le dessin; là Belgique est le seul pays où l’on pique d’une façon qu’on pourrait appeler d’après nature.
Aussi bien pour la valenciennes que pour l’application, il y a dans ce pays des ouvrières échantillonneuses dont la spécialité est de faire le premier morceau type
sur un dessin non piqué. C’est en confectionnant cet
échantillon qu’elles piquent les épingles à leur place la plus naturelle; on obtient ainsi une piqüre qui, après
avoir été reproduite, sert de modèle aux ouvrières qu’on
veut occuper, et leur travail, sauf les cas d’inhabileté,
pourvu qu’on leur donne le même numéro de fil qui a
Fig. 47. — Passement aux fuseaux
D servi à faire l’échantillon, sera exactement pareil.
On comprend facilement que la plus habile ouvrière
transportée dans un autre pays, Mirecourt', par exemple, n’obtiendrait plus le même
résultat avec une autre piqüre sans que l’air ou la température y füt pour quelque chose.
De ce que tous ceux qui ont essayé de faire de la valenciennes en dehors de la
ville de ce nom et de la Belgique n’ont pas réussi parce qu'ils ignoraient ce détail, on a cru à une impossibilité ; rien n’est plus simple cependant que ce travail.
Les combinaisons en sont si peu compliquées que, de toutes les dentelles qu’a imitées la mécanique, c’est celle qu’on a le mieux copiée. Avec une bonne piqüre l’ouvrière n’a qu’à suivre. Quand il s’agit des plus larges et des plus fines, c’est une œuvre de patience, ayant besoin d’une habileté de main qu’on n’acquiert que par la pratique; mais elle n’exige aucune dépense d'intelligence, comme le demandent d’autres dentelles moins compliquées en apparence, telles que les guipures et l’application.
1. On fait depuis vingt-cinq ans environ de l'application a Mirecourt; elle y est d’un beau blanc et n’a pas besoin comme celle de Belgique d’être pass
e au blanc de carbonate de plomb, mais elle n’a pas l’aspect de celle-ci à laquelle la
consommation est habituée. Cette différence d’aspect provient uniquement de la piqûre. On ne paraît pas s'en douter dans cette fabrique.
Le travail manuel n’est pas celui d’une machine automatique, il est varié comme la nature; cela explique pourquoi dans le même pays les ouvrages ne se ressemblent pas d’une manière absolue; mais quand de l’ensemble de ces ouvrages il ressort une différence d’aspect bien accentuée d’avec ceux similaires d’une autre contrée, c’est qu’il y a une cause physique indépendante des mains qui les ont confectionnés, dont on trouvera toujours la raison, si l’on veut se donner la peine de la rechercher, dans la différence des instruments employés à chaque localité. On aime assez à mettre sur le compte du surnaturel ce que l’on ne comprend pas. C’est une satisfaction pour la vanité et l’ignorance, mais c’est aussi une faiblesse contre laquelle on ne saurait trop réagir. Comment entreprendre et poursuivre une œuvre avec persévérance, si l’on écoute les préjugés populaires affirmant des impossibilités surnaturelles, décourageantes et qu’une analyse un peu sérieuse ferait vite évanouir?
Il n'existe aucun document historique qui puisse fournir quelques renseignements sur l’ancienneté de l’établissement de la première manufacture de dentelles dans la ville
Fig. 48. — Passement aux fuseaux d’après Foillet.
(Montbelliard, 1598.)
de Valenciennes; mais il y en a de très-nombreux qui prouvent que la dentelle était inconnue avant le milieu du xvr° siècle; cela n’a pas empêché qu’on ait fait remonter sa fabrication dans cette ville au xv° siècle. C’est l'opinion de M. Aubry et après lui de M" Palliser. « On y employa, » dit cette dernière « du fil de lin à trois brins. »
C’est là un détail qui a pu lui paraître intéressant, mais il eût été plus utile de faire connaître pourquoi cette époque du xv° siècle est mise en avant plutôt que toute autre.
Ce qu'il y a de certain, c’est que partout où l’on fabriquait de la dentelle aux fuseaux, au xvi‘ siècle et au commencement du xvn* siècle, elle se faisait d’après les modèles des maitres italiens ou d’après leur inspiration.
On remarque que la plupart des: modèles de dentelles aux fuseaux qui se trouvent dans l'édition de 1623 de Vinciolo ne peuvent s’exécuter sans crochetage (voir Fig. 24, page 38, et Fig. 47), tandis que ceux du recueil édité par Foillet à Montbelliard
en 1598, quoiqu’à dents assez prononcées, sont combinées pour se passer de ce procédé. (Fig. 13, page 19, et Fig. 48*.) Il en est résulté deux systèmes de fabrication différents, suivant qu’on a travaillé d’après les modèles de lun ou de l’autre; et, lorsque vers le milieu du xvu° siècle le genre Renaissance dont les dessins étaient à bords droits a prévalu, on a fait, dans les pays où l'opération du crochetage était pratiquée comme dans le Brabant, de la dentelle semblable, pour le travail, à celle actuelle dite guipure de Bruges, et dans ceux où l’on ne savait pas crocheter, un genre de dentelle dont le travail, sauf le réseau qui n'avait pas encore été inventé à cette époque, avait une parfaite analogie avec celui de la valenciennes. C’est à ce moment qu'il faut faire remonter l’origine de celle qui a porté ce nom.
La PI. VI, Fig. 3, représente un des plus beaux spécimens de cette dentelle de la fin du xvn° siècle.
M" Palliser reproduit dans son ouvrage une dentelle de même genre qu’elle attribue à la fabrication de Binche, mais qui a la même origine que la précédente. Le travail de cette ville n’a aucune analogie avec celui de la Flandre française, il est au contraire identique avec celui de Bruxelles ou de Bruges”. Il n’y a point de dentelles aux fuseaux dont le prix de revient soit aussi élevé que celui dé la valenciennes; cela tient à la quantité innombrable de fuseaux qu’elle nécessite pour peu.qu’elle soit fine et large. Aujourd’hui sa confection en réclame relativement moins, parce que tous les fuseaux qui s’emploient dans les mats ne passent pas dans le fond. Bon nombre sont levés et sont successivement reportés plus loin pour la répé-
tition des motifs où ils ont servi. Jadis tous les fuseaux des mats passaient dans le
fond, dont les réseaux étaient quelquefois si réduits qu’on en comptait jusqu’à cent par centimètre carré, ce qui exigeait pour une dentelle d’un centimètre de large quatrevingts fuseaux et huit cents pour une de dix centimètres. Pour faire une longueur d’un centimètre sur une largeur de dix d’une dentelle de cette finesse, Pouvrière devait manier dix fois les huit cents fuseaux, et comme chacun de ces fuseaux se passait d’une main à l’autre au moins huit fois pour un seul réseau, il en résultait un déplacement de soixante-quatre mille fuseaux pour un centimètre de long et de six millions quatre cent mille pour un mètre; ajoutez à cela le temps perdu à débrouiller ces innombrables fuseaux et l’on aura une idée de celui qui était nécessaire pour confectionner
seulement une garniture de bonnet, laquelle se composait de deux petites bandes de
g. 11 et r2, page 19, Fig. 37 et 38, page 5o, qui sont des modèles de la Parasola, combinés