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DENTELLES DE RUSSIE

en petit nombre. La production n’y étant pas dirigée, cette industrie, qui s’exerce sur des modèles antiques et démodés, tend à disparaître.

La figure 3 de la Planche XLIX représente une dentelle de provenance suédoise, déjà ancienne.

Fig. 74. — Entoilage.

Russie. — La dentelle russe a une originalité bien accentuée, qui lui est pi'opre et ne laisse pas que d’intriguer l’amateur, à cause de sa manière d’ètre, n’ayant aucune ressemblance avec toutes les autres dentelles. De prime abord, on serait tenté de croire que son origine ne se rattache à aucune de celles ayant déjà existé, mais on retrouve dans les moyens employés à sa confection le principe mis en pratique à la fabrication de la guipure de Bruges.

Son style a un cachet tout à fait oriental, qui, malgré l’absence de variété et d’élégance dans le dessin, ne manque pas d’un certain attrait. Cela fait regretter que l’art de faire la dentelle ne se soit pas développé en Russie jusqu’à devenir une industrie sérieuse, où le génie particulier aux habitants de ce pays n’eût pas manqué d’appliquer les principes de l’art décoratif dans ce qu’il a d’étranger à nos habitudes, à notre goût. Sans aucun doute, à en juger par ce qu’ils ont déjà produit, il en fût sorti des types d’un caractère inconnu , plus variés et plus élégants , et la dentelle se fût enrichie, de genres nouveaux. Le commerce s’en étant fort peu occupé, il n’y a pas eu d’industrie, mais seulement une occupation de ménage, ayant pour but principal l’ornement d’objets ou du linge destinés à l’usage de l’intérieur. Il a manqué cette excitation naturelle que crée la concurrence dans le négoce, d’où sortent les idées de progrès et de perfectionnement.

Il est vrai de dire aussi , qu’en Russie comme ailleurs, depuis près de trois siècles, les modes françaises exercent un empire absolu; le commerce dédaigne tous les objets de luxe qui ne viennent pas de Paris, ou ne sont pas faits à l’imitation de ce qui en sort. Il 11’en a pas fallu davantage pour que la dentelle russe fût reléguée à l’intérieur, et ne se montrât pas dans le monde sur les lingeries et le vêtement.

PRODUCTION ET COMMERCE DE LA DENTEL-LE

C’est dans les campagnes de la Russie orientale, du côté de Kasan principalement, que l’on fait ces solides dentelles dont les fac-similé de la Planche L représentent le genre. On en garnit le linge de table, de toilette, les draps de lit, les housses des meubles et dans quelques maisons le linge de cuisine lui-même. Les habitants des villes l’achètent directement aux gens des campagnes, qui l’apportent au marché.

Ces dentelles sont grossières, mais leur effet est très-agréable. Le travail en est fait avec un petit nombre de fuseaux, quelle qu’en soit la largeur. La confection de la dentelle reproduite en fac-similé ( PI. L, hg. i .) n’a pas exigé plus de fuseaux que ceux nécessaires pour produire la ligne qui serpente et forme le dessin. Cette ligne, dans ses mouvements, se rattache aux points de rencontre au fur et à mesure que l’ouvrage avance, par un crochetage qui demande une certaine habileté de main. Le fond se travaille par bandes de un ou de deux réseaux, se rattachant à l’ensemble au moyen de la même opération de crochetage, ainsi que les points qui forment jours à l’intérieur.

Tout ce travail est identiquement pareil à celui de la guipure de Bruges. Il serait facile d’habituer les ouvrières à des ouvrages plus fins, il en sortirait des produits d’un effet fort séduisant.

Il y a deux ans, la mode à Paris a pris goût aux dentelles russes, et l’on en a fait venir une certaine quantité. Mirecourt s’est mis à en faire et s’est approprié ce gerfre, qu’il a perfectionné.

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