LIBRAIRIE
DES SCIENCES SOCIALES, 13 , rue des Saints-Pères.
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daiil l'acle, mais duii.t VaccoinpUsseuient. Page 167, ligne 21, au lien de luidroposilirisle, lisez : posirislopluih^'. Page 264, li;,'ne 22, au lien de instinct, lisez : intérêt. p.!-?. 2r>S. ligne 2(*, an lien de science, lisez : sienne.
rUOLOGUK
Pendant notre grande tourmente révolutionnaire, quelques esprits, frappés des ravages produits par ce météore social, effrayés du bouleversement des institutions qui avaient servi de base à la société française, cherchèrent, guidés par Fhistoire du passé, les institutions nouvelles qui pouvaient la réorganiser.
Saint-Simon , doué d'une puissance synthétique remarquable, affligé du chaos d'idées au milieu duquel les législateurs se perdaient, et ayant compris qu'une société n'a d'existence possible qu'à la condition de croyances communes qui font converger tous les efforts vers un même but, indiqua dans de larges ébauches comment il concevait le plan de l'édifice nouveau qu'il s'agissait d'élever. Ces études ont servi , après sa mort, à fonder l'école qui a pris son nom, et dont Prosper Enfantin a été le chef. Les travaux de ses adeptes, à la fois critiques et organiques, n'ayant pas eu toute la maturili'' nécessaire pour pouvoir être acceptés sans opposition, furent en butte à toute sorte d'attaques plus ou moins fondées. Des modifications improvisées sous le feu do la polémique^, uv
]mi'onl avoir la solidiU' (iiriino longue mi'dilalion pciil seuir (loiiiuT à de semblables liavaux. L'enticprise dût échouer. Elle se perdit surtout par le côté moral et dogmatique, mal compris par Saint-Simon lui-même et aveuglément suivi par ses continuateurs. Cette dissolution fit adopter et vulgariser par un des principaux membres de cette école la théorie sociétaire de Fourier, conçue et élaborée en même temps (jue celle de Saint-Simon. L'auteur de la doctrine sérielle, voulant éviter de soulever contre son système les susceptibilités, les oppositions politiques et théologiques, s'était surtout appliqué à traiter les questions d'organisation industrielle. Les vulgarisateurs de ce système, après avoir, pendant quelques années, occupé les esprits désireux de trouver une solution à l'anarchie économique, ont fini, en s'écarlant des recommandations du réformateur, par se perdre dans l'imbroglio politique et dans des tentatives pratiques prématurées, et partant utopiques. L'école sociétaire a dû s'éclipser à son tour et entrer dans sa période de méditation silencieuse, après avoir semé dans le monde ses idées sur l'association économique.
Auguste Comte avait connu Saint-Simon et avait rompu le pain religieux avec ses premiers disciples. Ayant reconnu l'insuffisance des solutions enfantiniennes, il reprit en silence les ébauches du maître pour élaborer et élever une synthèse sociale en harmonie avec les connaissances scientifiques du xix« siècle, qu'il a publii'e sous le nom de Philosophie de la Religion positive. L'œuvre volumineuse de ce savant, avec sa langue et ses formules transcendantes, connue et appréciée de quelques disciples seulement, serait restée ignorée de la plupart des pensoui's qui cherchent à découvrii' les plages
du nouveau monde à travers les épaisses vapeurs du présent, sans le bon vouloir de deux de ses disciples, MM. Célestin de Blignères et de Lombrail, qui, par un Abrégé et un Sommaire, ont cherché à vulgariser cette doctrine.
Depuis l'avortement de l'essai enfantinien, quelques fils qui avaient quitté le toit paternel pour courir le monde des idées et fraterniser avec des solutions différentes, se sont remis à l'étude de la synthèse religieuse ; ils font entendre les vagissements d'un nouveau-né que le grand-père n'a ni baptisé ni consacré. Ce petit-fils lui reproche d'avoir compromis par ses élucubrations personnelles le nom et les œuvres de Saint- Simon. Pour rendre le public juge de la déviation enfantinienne, ils ont publié une édition des OEuvres choisies du maître. L'ex-pape saint-simonien, après un silence qui pouvait faire croire à une abdication, n'a pas attendu l'apparition des pièces de conviction : il s'est hâté de donner aussi une édition à laquelle il s'est permis « quelques légères suppressions qui, nous le croyons fermement, dit-il, auraient été effectuées par Saint-Simon, s'il avait publié lui-même ces prodigieux manuscrits. » Il a fait suivre les travaux du maître d'une science de Vhomme ou physiologie religieuse, et d'une théorie sur l'immortalité de l'âme, qu'il donne comme une continuation des travaux de Saint-Simon. Nous voici donc avec trois variantes issues de la même souche rénovatrice.
Nous voulons nous occuper ici spécialement de l'œuvre d'Auguste Comte, comme étant plus complète et se présentant avec le caractère scientifique qui lui a permis de prendre le titre de positive, dénomination déjà indiquée par Saint- Simon.
Avant d'entrer en matière, nous poserons quelques ques-
lions pivjiulicicllt's. Les divcises braiiclies lU's sciences particulières iloiil l'ensemble doit former la science jrénéralc, existent-elles ? Celles (jui sont connues et adoptées à notre époque sont-elles arrivées au degré de maturité et de clarté nécessaires pour établir des principes assez évidents pour que l'enseignement amène les ignorants et les savants à l'unité de foi intellectuelle et morale ? Auguste Comte possède-t-il toutes les connaissances dont se compose le savoir luimain à notre époque ? Dans les parties de science encore douteuses et incomplètes, l'intelligence ne peut-elle en faire jaillir une lumière qui puisse modifier profondément des points de science regardés aujourd'hui comme certains et indiscutables? Comte a-t-il suivi le vrai chemin qui conduit du connu à l'inconnu ? A-t-il eu la puissance de génie qui féconde le présent et fait naître l'avenir? — La critique des travaux de Comte nous édifiera sur ces diverses questions.
Nous ferons observer que ce savant a été professeur de mathématiques, répétiteur d'analyse et de mécanique à l'Ecole Polytechnique, et examinateur pour l'admission à cette école. Son titre intellectuel est surtout rationnel et à dominante synthétique.
Pour ne pas nous égarer et éviter les fausses interprétations, nous citerons textuellement les passages de son Catéchisme et de l'Abrégé de M. de Blignères qui peuvent donner aux lecteurs une idée de sa doctrine et servir à nos observations et réfutations.