INTRODUCTION
C'est la caractéristique de toute conception théologique d'expliquer le monde par un principe qui lui est extérieur et dont on décrète qu'il tient le mouvement qui l'anime. De la sorte, toute réponse à la question métaphysique est éludée, car celle-ci porte sur le principe même du mouvement et non sur ses manifestations secondaires, sur la totalité du fait de l'existence et non sur un fragment détaché. Si, d'ailleurs, on prétend justifier l'existence de ce fragment, c'est, sous le jour d'un tel point de vue, par une hypothèse qui demeure elle-même inexpliquée. Le monde expliqué par le divin, le divin reste à expliquer. On n'a rien dit.
Au point le plus extrême de son développement et sous ses formes les plus évoluées, la philosophie rationaliste remplace la notion du 6£oç par celle de la loi ou de l'idée. A la théologie elle substitue V idéologie. Rien n'est changé : car c'est encore, car c'est toujours expliquer l'existence par un principe qui lui est extérieur et qui demeure inexpli-