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dire, celui-là, semble penser ce père ? un bon verre d’eau-de-vie, faite par nous, n'a jamais fait de mal ; nous savons comment cela est fait, c'est nous qui l'avons fabriquée, loyalement. »
Les deux phénomènes « alcoolisme et dépopulation », sont en étroite connexion. Aussi, nombreux sont les systèmes proposés pour remédier à ce mal.
Parmi eux, on peut citer en premier rang celui de M. Alglave : Il part de cette idée, que pour des raisons fiscales, la consommation de l'alcool ne peut êlre restreinte, que d'autre part on ne peut guère empêcher quelqu'un de consommer de l'alcool, si tel est son désir. Le système consiste donc à confier à l'Etat le Monopole de la rectification et de la vente en gros de l'alcool. Ainsi, après la rectification, l'alcool est devenu aussi peu nuisible que possible.
Le système Suisse qui ne s'applique qu'aux eaux-de-vie de grains et de pommes de terre, et qui laisse de côté les eaux-de-vie de vin, de mares, de fruits, est un autre système qui peut restreindre l'alcoolisme, ou rendre l’alcool moins offensit.
A côté de ces monopoles tendant plutôt à fournir un produit moins nocif, on peut placer les systèmes qui restreignent la consommation.
Ce sera le système du monopole de la vente en détail en Russie, qui réside dans le fait que : l'alcool est vendu en petites bouteilles, qu’il est interdit d'ouvrir dans le débit.
Ainsi, boira de l'alcool celui qui le voudra bien, avec une volonté certaine et réfléchie. En France, on peut supposer que beaucoup succombent àl’exemple, à l'entraînement. Ils entrent plusieurs dans un débit, ils jouent, chacun veut offrir sa ltournée, chacun veut être aimable et les tournées succèdent aux tournées. Puis le pli est pris pour l'avenir.
Au lieu de cela, le Russe devra aller consommer chez lui, sous l'œil de sa femme, de ses enfants. Il n'osera pas ; il s’abstiendra.
Et c’est ici que l'on peut faire une remarque purement économique ; et formuler une réponse à ceux qui peuvent craindre, par la diminution de la consommation d'alcool, une diminution de recettes fiscales. C’est que le travail d'un tempérant sera bien plus productif pour lui et pour l’ensemble de la nation que le travail du consommateur d'alcool. C’est qu'il épargnera à la nation bien des
dépenses d'hôpitaux, de prisons, c'est que sa descendance sera une richesse pour son pays, au lieu d'être une cause de faiblesse et de pertes.
D'autres systèmes ont essayé de remédier au mal. Ce sont encore le système du monopole, de la vente au détail dans là Caroline du Sud. dans quelques comtés de la Caroline du Nord, de F'Alabama, de la Georgie. Là, on ne consomme pas dans les débits, on doit consommer chez soi. Bien plus, ce qui forme la caractéristique de ce système, c'est que pour acheter de l'alcool, il faut en faire la demande par écrit. Comme le moujick russe qui n'ose pas boire devant sa femme, l'Américain de ces comtés osera-t-il signer une demande d’achat d'alcool ?
Un des systèmes les plus connus est encore le système dit de Gothembourg, ou le système Norvégien. Il consiste en un monopole de la vente en détail de l'alcool. Il date d’une loi de 1894, il peut être considéré comme la résultante d’une loi suédoise beaucoup plus ancienne ‘1855).
Il s'applique à toutes les liqueurs fortes, titrant plus de 21°.
Le monopole de la vente de ces liqueurs est concédé, non pas à des villes, comme en Amérique, mais à des associations de personnes honorables, agissant par philantropie et avec désintéressement. Ces personnes n’exciteront donc jamais à la consommation. Elles n’y ont aucun intérêt, elles ne feront jamais crédit ; dans les débits, jamais il n'est servi de liqueurs aux enfants, aux individus en état d'ivresse, aux mendiants, aux gens inconvenants ou simplement de mauvaise apparence.
Dans les débits on doit rester debout, on n'y peut fumer, on n'y joue pas.
Ce système est appliqué en Finlande.