‹ La Dépopulation de la FranceChapitre 8 sur 35 · RU ND TS · texte numérisé non relu

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vient compléter ce droit donné aux générations françaises de s’empoisonner.

S'imagine-(-on quel résultat admirable pour notre population, pour l'augmentation de notre richesse nationale, pour une « plus grande France », serait obtenu par la répression de l'alcoolisme : si les 150.000 Français qui meurent chaque année de la tuberculose, fille de l'alcoolisme, vivaient, avaient eux-mêmes des enfants ; si toutes les maladies qui ont pour père l'alcool, disparaissaient : si les maisons d'aliénés n'avaient plus à recevoir les malades qui doivent jeur état à l’intempérance, si nos prisons ne s'emplissaient plus de criminels inconscients ?

Michelet résumait dans son livre, Nos Fils, la dégénérescence physique produite par l'alcoolisme par ces mots : «.… J'ai mal... comment guérir *.. quand tu ne boiras plus... »

En 1912 la production totale de l'alcool a été de 3.310.000 hectolitres, contre 2.414.000 en 1914.

3.107.000 hectolitres ont pu être contrôlés par les services compétents. L'on estime à 143.000 hectolitres, la production non contrôlée des bouilleurs de cru.

La France à en outre reçu de l’étranger 186.000 hectolitres d'alcool pur, ou sous forme de liqueurs. Mais sur cet ensemble elle a exporté 315.000 hectolitres.

Sur l'alcool resté en France, et utilisé en France 1.515.859 hectolitres ont été consommés, 681.185 hectolitres ont été dénaturés.

87.297 hectolitres ont élé livrés au vinage, 56.407 transformés en vinaigre, 165.000 consommés en franchise par les bouilleurs de cru.

Sur les 1.515.859 livrés à la consommation,829.226 hectolitres ont élé consommés comme eau-de-vie, 218.664 comme absinthe ; 10.696 ont été employés en parfumerie, le reste a été transformé en liqueurs diverses,

La Seine est arrivée avec 189.526 hectolitres imposés, soil 4.57 par habitant. Les 40.225 hectolitres du Calvados donnent 141,29 par habitant : les 108.976 hectolitres de la Seine-Infé-

rieure 12.49,

La Vendée vient au bas de l'échelle avec 3.755 hectolitres, soit 0.87 centilitres par habitant.

Notre pays se place en tête des nations pour la consommation de l'alcool. Cette consommation représente 4 litres en moyenne par personne ou 8 litres d'eau-de-vie à 50 ?/, d'alcool pur , beaucoup plus, si on défalque les femmes et les enfants. En 1830 la consammalion de chaque Français n'était que d'un litre par personne.

Le premier rang de la France, pour la consommation de l'alcool est encore plus frappant quand on calcule la consommation de l'absinthe. La France seule consomme plus d'absinthe que loutes les nations réunies.

En 1873, la consommation annuelle de l’absinthe en France était de 6.743 hectolitres ramenés à 100 degrés.

En 1878 elle est de 10.150 hectolitres ; en 1880 de 18.000 ; en 1884 de 49.335 hectolitres ; en 1890 de 105.258 hectolitres ; en 1894 de 127.888 hectolitres ; en 1898 de 219.332 hectolitres ; en 1900 de 238.467 hectolitres : en 1903 de 186.426 hectolitres ; en 1906 de 160.366 hectolitres ; en 1907 de 206.143 hectolitres ; en 1909 de 158.772 hectolitres ; en 1910 de 172.116 et en 1911 de 230.000 hectolitres,

La diminution de la natalité est visible dans les départements français où diverses condilions de culture mettent à la disposition des populations l'alcool. On peut citer parmi ces départements ceux de la région normande, où existe l’eau-de-vie de cidre ou Calvados ; ceux de la région des Charentes où l’on brûle les vins. EU si, dans certains cantons, la population ne diminue pas, du moins la race semble étiolée. Les enfants malingres, coxalgiques, les tuberculoses fréquentes s'y rencontrent plus qu'ailleurs.

L'exorbitant privilège que possèdent les bouilleurs de cru et dont le maintien est incompréhensible dans un pays d'égalité est le privilège de s'empoisonner d'alcool, d'empoisonner sa famille, ses serviteurs, tous ceux qui les entourent.

Tous les pays ou les bouilleurs de cru ont à leur disposition l'alcool, les idées les plus bizarres sont professées par les pères et les mères. On a vu des parents faire des soupes à l'alcool à leurs jeunes enfants, leur servir du café ou entrait une forte proportion d'alcool, faire boire à un enfant malade des punchs à l'alcool, des brulots. Et quand vous vous permettez une observation, une remarque, le père vous regarde en dessous : «.. que vient-il nous

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