‹ La dépopulation de la FranceChapitre 12 sur 158 · u 50.367.178 -fG · texte numérisé non relu

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ces habitants nouveaux ne sont pas des bébés : tous les âges.

ils

Ces avantages appartiennent de plus en plus à nos voisins. Chaque année, l’Allemagne s’accroît de 900.000 paires de bras, l’Autriche-Hongrie de 500.000, les lies Britanniques d’environ 500.000 également. Ions ces nouveaux venus ont besoin de manger, par conséquent de travailler. C’est ce qu’ils font : les fabriques sortent de terre pour les recevoir et leur donner de l’ouvrage. De là vient 1 essor sans cesse plus rapide de 1 industrie dans ces pays. Mais ces nouveaux venus ne sont pas seulement des producteurs, ce sont aussi des consommateurs ; il leur faut des vêtements, des habitations, des aliments ; leur existence donne une vie nouvelle à toutes les industries, au grand profit du pays tout entier et de tous ceux qui 1 habitent.

Nos socialistes, heureusement, paraissent le comprendre aujourd’hui. La « librairie du Parti socialiste » \ient d éditer 1910) une excellente brochure de propagande intitulée socialisme et dépopulation, par M. Robert Hertz (au piix de 0 fr. 15). Mais quelques-uns ne justifient pas ce beau titre de « socialiste », qu’ils se sont donné, car les intérêts de la société ne les touchent pas. Ils ne songent qu’à l’intérêt de l’individu. Ils ne voient pas que les deux intérêts sont fatalement solidaires et que lorsqu’il y a antinomie entre eux, elle résulte d’un législateui maladroit et non pas de la nature des choses. Le bonheur de l’ensemble des individus a pour fondement indispensable la puissance de l’Etat.

Craignez la multiplication des hommes, disent ces faux docteurs ; elle vous donnerait des concurrents et avilirait la main-d'œuvre !

Quel non-sens ! Ces prétendus concurrents consomment en même temps qu’ils produisent. Ainsi, loin d avilir la main-d’œuvre, ils la rendent plus nécessaire et plus précieuse, par conséquent plus chère.

Si la France s’était donné, comme l’Allemagne, 65 millions d’habitants, les méridionaux ne seraient pas, comme

ils le sont, embarrassés de leurs vins; il y aurait 2o millions de gosiers de plus pour les absorber 1.

Les fabricants de vêtements auraient 25 millions de clients de plus à équiper ; les entrepreneurs de bâtiments (quand le bâtiment va, tout va !) auraient à bâtir pour les loger, cinquante villes telles que Lyon ou Marseille2, etc...

Non, certes, le travail ne manquerait pas ni les ouvriers non plus ! L’agriculture cesserait de « manquer de bras ». Non seulement la main-d’œuvre ne serait pas moins recherchée, mais elle serait mieux payée parce que le pays serait plus riche.

1. Voici ce qu'a écrit très judicieusement le professeur Gide :

« Du reste, il y a une cause générale et bien autrement grave qui domine toute cette question. Aujourd'hui on n’entend parler que de la mévente des vins: il y a quelques mois, c’est de la mévente des blés qu on gémissait. La mévente est forcée dans un pays quand la consommation ne peut plus s'accroître : or, comment pourrait-elle s accroître dans un pays comme la France où la population est stationnaire? Gomment un pays qui ne fait plus d'enfants, c’est-à-dire plus de consommateurs, peut-il s’étonner de ne plus trouver de débouchés à ses produits? Ah! certes on n'entendrait pas parler de la mévente des vins si la France avait gagné depuis trente ans, comme 1 a fait 1 Allemagne, seize (M. Gide écrivait en 1900 ) millions d'habitants déplus; môme dans une année comme celle-ci, il n'y aurait pas trop de vins pour tous! Mais il y a trop de vins et trop de blé, et trop de tout, là où il n’y a pas assez d'hommes.

« Prêcher aux agriculteurs, aux industriels et aux commerçants de s evertuer à produire davantage, les stimuler r>Qr

{Émancipation de Nîmes , 15 octobre 1900.)

pensée : Conséquences économiques de la déc, (Rev. Econ. intern., mars 1910),

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