gr
sesse .
Machinistes ayant travaillé assises
jusqu’à la fin de la grossesse. . .
Autres ouvrières ayant travaillé assises jusqu’à la fin de la gros-
sesse .
Femmes s’étant reposées 2 ou 3 mois
avant la fin de la grossesse . . .
Femmes s’étant reposées plus de
3 mois avant la fin de la grossesse.
Ainsi le surmenage avant l'accouchement a pour conséquence de diminuer le poids de l’enfant. Cela tient en partie Bertillon. 7
au moins à ce que le surmenage abrège la grossesse. Ce que prouvent les trois chiffres suivants :
Sur 1.000 femmes, combien ont eu une grossesse de la durée indiquée :
Femmes Femmes
ayant travaillé s’étant
jusqu’à reposées
l’accouche- dans
ment. les refuges.
Durée de la grossesse : 280 jours et plus.
— — 270 à 280 jours. .
— — moins de 270 jours.
Et, pourtant, les femmes de la bourgeoisie,
malgré le
repos dont elles jouissent généralement, sont (en
moyenne
générale, et sauf de nombreuses exceptions) dans des con-
ditions moins bonnes.
La débilité plus grande des enfants dans les classes aisées peut-elle expliquer une moindre fécondité ?
On peut donc se demander si la cause, évidemment physiologique, qui diminue ainsi la vitalité du fœtus dans la femme bourgeoise, ne tend pas à diminuer sa fécondité, en sorte que sa stérilité relative ne serait pas entièrement volontaire, mais due à quelque raison physiologique telle qu’une éducation trop sédentaire des fdles. Dans ce cas, la responsabilité de la chasse bourgeoise dans la dépopulation de la France se trouverait sensiblement atténuée1- Nous ne croyons pas qu'il en soit ainsi, mais la question mérite d’être posée. Nous ne connaissons pas de documents qui nous permettent de la résoudre.
Des moyens employés en France pour restreindre le nombre
des enfants.
Une étude de l’abaissement de la natalité ne serait pas complète si elle ne comportait pas la recherche des moyens matériels employés pour restreindre le nombre des enfants.
1. Voir, dans ce sens, l’opinion du professeur Maurel, p. 200.
L'entomologiste qui veut combattre un insecte nuisible commence par en étudier les mœurs par le menu détail afin de voir à quel moment et par quel procédé il pourra le détruire. De même, pour combattre des pratiques détestables, il faut en connaître le menu détail, si répugnante que soit cette recherche. J'ai donc résolu de l’entreprendre. Il m’a paru que les médecins, confidents de toutes les misères humaines, y compris les misères morales, étaient bien placés pour me renseigner sur ce point important. J'ai donc envoyé une lettre à tous les médecins de quatre départements (Côted'Or, Lot-et-Garonne, Orne, Vienne), soit en total à 500 médecins, les priant de vouloir bien me dire par quels moyens matériels les ménages de leur pays prévenaient la grossesse, et de me dire sur quels faits se fondaient leurs réponses Elles sont au nombre de 156, et se résument ainsi :
(Unité : Une opinion émise par un des médecins interrogés)
Crime
Injec-
Contre
Eponge
ou
Pes-
Préser¬
vatif
de
Avorte
ment
crimi-
Autres
To-
Dans les campagnes.
d'Üuau.
lion.
nature.
saire.
Condom.
nel.
moyens, taux.
Très fréquent . . . .
Assez fréquent. . . .
Rare mais notable. .
Très rare ou inconnu.
Totaux . . .
2iG
Dans les villes ou dans les familles riches.
Très fréquent . . . .
Assez fréquent. . . .
Rare mais notable . .
Très rare ou inconnu.
Totaux . . .
la
Totaux.
Très fréquent . . . .
Assez fréquent. . . .
Rare mais notable . .
Très rare ou inconnu.
Totaux . . .
*"lï
Les trois quarts de mes correspondants parlent du crime d’Onan tel qu’il est décrit et flétri dans la Genèse, et le
l.A DÉPOPULATION DE LA FRANCE
signalent comme très fréquent; un tiers d'entre eux seulement parlent des injections, mais presque toujours on ne les mentionne que comme assez fréquentes; elles sont plus usitées dans les villes que dans les campagnes. Les autres procédés sont rarement mentionnés, où s’ils le sont, c'est pour signaler leur rareté ou leur absence. C’est donc le crime d’Onan qui perd la France.
Il était indispensable de traiter ce triste sujet, mais sans doute il est inutile de s’y attarder plus longuement.
Conséquences pathologiques de la stérilité.
M. le professeur Pinard enseigne que la stérilité entraîne pour la femme une plus grande propension au fibrome utérin. Celte conclusion, si elle était bien démontrée, serait très intéressante car elle montrerait que la stérilité ne reste pas sans conséquences redoutables ou, si l'on veut, sans châtiment.
Le professeur Pinard s’appuie sur un argument statistique que nous allons exposer et discuter. Il nous semble qu’il a bien établi qu’il existe une relation entre la stérilité et la fréquence du fibrome utérin, mais il reste à savoir si c’est, la stérilité qui a causé le développement du fibrome (tel est l’avis de M. Pinard) ou si, au contraire, ce n’est pas l’existence du fibrome, longtemps trop petit pour être diagnostiqué, qui a causé la stérilité. Voici les chiffres que l’on peut tirer des listes d’observations publiées par M. Pinard :
Nombre de femmes mariées opérées pour fibro-mijome utérin à la clinique Baudelôcque ( 1893-1904 ) :
De 30 à 39 ans. De 40 à 49 ans. De 30 à 49 ans. Tout ào-e.
Mariées sans enfants.
Mariées ayant eu des enfants .
Total .
Ainsi il s’agit des femmes mariées de plus de trente ans, c’est-à-dire ayant eu le plus souvent le temps d’avoir des
enfants ; cependant près de la moitié de ces femmes fibromateuses n’avaient pas eu d'enfants. Or nous avons vu que la stérilité complète ne se rencontre que chez le dizième environ des femmes de cet âge. La stérilité est donc beaucoup plus fréquente chez les fibromateuses que dans le commun des femmes.
Ces chiffres sont très intéressants, mais ils ne prouvent pas que la stérilité ait causé le fibrome; ils permettent d’admettre qu'au contraire, c’est le fibrome qui a souvent causé la stérilité, car ces sortes de tumeurs peuvent rester très longtemps très petites et peu appréciables. Tel n’est pas l avis de M. le professeur Pinard, et cet avis a été accepté par un grand nombre de gynécologistes. L’un d’eux, Hollandais, lui a donné une forme ingénieuse : « La population des Pays-Bas, dit-il, a la réputation d’être propre, et celte réputation est méritée ; chaque jour, on nettoie la maison avec soin ; en outre, une fois par an, on déménage tous les meubles pour ôter la poussière dans les moindres recoins. Sans cette opération (qui fait la joie des ménagères et le désespoir du sexe barbu) le logis ne tarderait pas à devenir foncièrement malpropre. On peut comparer les soins ordinaires de toilette que prend une femme bien élevée, au balayage quotidien des maisons hollandaises. Quant au grand nettoyage annuel, on peut le comparer à l’accouchement, qui tord et pétrit l’utérus et en exprime tous les germes nuisibles. Faute de ce grand branle-bas, les germes du fibrome peuvent s’y implanter et y prospérer. »
Résumé.
La faiblesse de la natalité ne parait pas être due à des causes d’ordre physiologique ou pathologique, mais seulement à la volonté.
On remarque pourtant la débilité des enfants issus de la classe bourgeoise ; on peut se demander si les causes qui amènent cette débilité (quelles que soient d’ailleurs ces
causes) ne peuvent pas influer sur la fécondité des femmes.
Le surmenage des femmes du peuple est de nature à nuire à la bonne constitution de leurs enfants. Et pourtant nous venons de dire que les enfants de la bourgeoisie sont plus souvent débiles que ceux du peuple.
Nous avons dressé la statistique des moyens matériels employés pour prévenir la grossesse.
C’est le crime d’Onan qui est généralement pratiqué.
Nous avons étudié, au moyen de la statistique, si la stérilité engendre le fibrome.
IY