habitants en 1890 . Sur une augmentation
de 13.233.631 habitants, 4 millions proviendraient de l’émigration et plus de 9 millions de l’excédent des naissances sur les décès. ... Le croît naturel aurait été ainsi de
Massachusetts.
Michigan . .
Vermont . . .
ISbl
14 p. 100 ou 13 p. 100 par an, proportion à peu près égale à celle de l'Allemagne, c’est-à-dire très élevée. Il faut observer que ceci n’est guère qu’un minimum » En réalité,
l’excédent des naissances sur les décès a dû être de 13 par an et pour 1 .000 habitants, proportion très élevée. Même en admettant une mortalité très faible, cela prouve une natalité considérable. Cela est confirmé par le Census de 1910 (16 millions d’hab. de plus qu’en 1900, dont 5,7 immigrés en sus des émigrés, et 10,4 par excès de naissances; soit 13 pour 1.000 hab. et par an, comme ci-dessus; l’excès réel des naissances sur les décès doit être de 15).
Ainsi la natalité des Etats-Unis ne peut pas être fixée, mais il est certain qu’elle est très élevée dans l’ensemble du pays. Il est probable qu’elle est plus faible dans les États de la Nouvelle Angleterre, mais cela même n’est pas prouvé.
De ces diverses observations, il résulte que la civilisation est parfaitement conciliable avec un large développement de la population. Jamais l’accroissement de la population n’a été aussi élevé qu’à notre époque dans tous les pays de l’Europe (excepté en France). Cependant ils n’ont jamais été aussi civilisés et nous ne pouvons pas avoir la prétention outrecuidante d’être plus civilisés qu’eux.
Les idées démocratiques, voire même socialistes, ont fait en tous pays des progrès très rapides dans ce dernier quart de siècle, et l’accroissement de la population n’en a pas été ralenti.
El pourtant il paraît bien probable qu'elles sont en partie responsables de la dépopulation de la France. C’est qu’en France, elles n’agissent pas seules.
7° Les régions les ri.us ignorantes sont les plus fécondes. — M. Del Vecchio, professeur de statistique à Gênes, a fait une élude des plus intéressantes sur la relation qui existe entre l’ignorance et la fécondité. (Gli analf abêti e le nascite nelle varie parti d'Ita/ia, Bologna, 1894) .
Plus l’ignorance est g’rande, plus la natalité est élevée ! Telle est la conclusion que M. Del Vecchio appuie sur un très grand nombre de documents. Je ne puis les citer tous, à mon grand regret, car c’est alors qu’ils prendraient toute leur valeur. En voici le résumé :
Sur
100 habitants
Sur 1.000 habi-
de
de plus
6 ans, com-
tanls, combien de naissances en
bien d’illettrés ?
1 an (1876-1887).
Districts les plus instruits. . . .
Italie \ Districts moyenne-
Septentrionale. j ment instruits. .
' Districts les moins
V instruits .
Districts les plus j instruits .
, \ Districts moyenne-
Italie Centrale . ment instruits. .
f Districts les moins \ instruits .
f Districts les plus instruits .
Italie ) Districts moyenne-
Méridionale. j ment instruits. .
f Districts les moins instruits .
Ce tableau est certainement très intéressant. On remarquera que les districts étudiés diffèrent considérablement au point de vue de 1 instruction (surtout dans 1 Italie du Nord) et très peu seulement au point de vue de la iécondité, laquelle est partout très élevée. L influence fâcheuse de l’instruction paraît donc assez constante, mais faible.
Une autre remarque s’impose. Les districts les plus ignorants sont presque toujours les plus pauvres, ceux où la mortalité est la plus élevée ; ainsi ce tableau revient à dire que la pauvreté et la mortalité élevée s accompagnent d’une natalité élevée, ce que nous savions déjà. Il ne suffit peut-être pas pour prouver que l’ignorance ait une action qui lui soit propre.