‹ La dépopulation de la FranceChapitre 42 sur 158 · COLONIES AUSTRALIENNES QUI SONT ACQUISES AUX THÉORIES · texte numérisé non relu

COLONIES AUSTRALIENNES QUI SONT ACQUISES AUX THÉORIES

socialistes. — Il est vrai, et pourtant les conditions démographiques de ces colonies sont entièrement différentes de celles où se trouve la France. Même actuellement, leur natalité, qui est de 25 à 30 naissances pour 1.000 habitants, est incomparablement supérieure à celle de la France (20) ; quant à l’accroissement de la population, il dépasse en Australie les chiffres les plus élevés de l’Europe (de 14 à 19 pour 1.000 habitants.) Cela est dû à l’extraordinaire faiblesse de la mortalité (de 10 à 13 décès pour 1.000 habitants.

Ainsi : mortalité extrêmement faible ; natalité presque moyenne; accroissement de population très rapide, ainsi se résume la situation de l’Australasie ; ce sont là des caractéristiques très favorables.

Il est vrai qu’autrefois (je veux dire en 1861-70), la situation était bien meilleure encore. Elle était même paradoxale, et sans autre exemple connu. La mortalité était déjà très faible (quoique un peu plus forte qu’à présent), mais la natalité dépassait 40 dans cinq des sept colonies, en sorte que l’accroissement de la population atteignait et dépassait 25 pour 1.000 habitants et par an. C’est un chiffre sans autre exemple (même chez les Franco-Canadiens).

Natalité et Mortalité en Australie dans la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XX: siècle.

Naissances, décès pour 1.000 habitants en un an.

Population

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Nouvelle -Galles du

Sud .

Victoria 1 .

Queensland .

Australie du Sud . .

Australie de l'Ouest .

Tasmanie .

Nouvelle-Zélande. . .

i. Victoria : En 1854-60, natalité, 38,4; mortalité, 19,3.

Les Australiens ne se sont pas maintenus ainsi en dehors des règles ordinaires de l’humanité. Leur mortalité, quoique très faible, est devenue plus faible encore ; leur natalité a baissé bien davantage et l’accroissement de la population a cessé' d’être prodigieux, tout en restant supérieur à ce qu'il est en Europe. Il n'y a donc aucune analogie entre la natalité des Français et celle des Australiens. Leur situation démographique reste excellente. Ils s’en émeuvent pourtant, ce qui prouve qu’ils sont prévoyants. Ils ont institué une commission de dépopulation qui a été aussi active que celle de France a été lente dans ses travaux, mais qui ne paraît pas avoir jeté beaucoup de lumière sur la question.

6° La natalité parait très faible dans la Nouvelle Angleterre, mais non pas dans le reste des Etats-Unis

COMME ON l’a PRÉTENDU PAR ERREUR. — NOUS dlSOIlS que la

natalité parait très faillie dans les Etats de la Nouvelle Angleterre parce que, en effet, il est douteux qu’elle le soit réellement.

Il n’est pas ordinaire que les auteurs d’une statistique quelconque soient les premiers à proclamer par écrit qu’elle

est tout à fait mauvaise. C’est pourtant ce que les statisticiens de plusieurs Etats ont eu la franchise d'imprimer à plusieurs reprises en tête de leurs publications.

Lorsque j’étais aux États-Unis (1893), j’ai visité plusieurs d’entre eux, et ils ont bien voulu m’en dire plus long encore qu’ils n’en impriment. Ils estimaient qu'un tiers des naissances n’étaient pas enregistrées. Cela tient à ce que l’enregistrement des naissances n’est pas dans les mœurs américaines. Dans presque tous les États il n’y a pas de registre de l’état civil; ces registres n’existent que dans quelques États, presque tous dans la Nouvelle Angleterre, (actuellement, on les institue dans beaucoup d’Etats). Mais les habitants n’en reconnaissent pas l’utilité et très souvent ils ne font pas enregistrer la naissance de leurs enfants. « N’y a-t-il pas, demandai-je, des peines prononcées contre ceux qui y manquent? — Oh yes, but we do'nt like persécute them ! » c’est le refrain qu’on entend sans cesse aux États-Unis quand il s’agit des lois d’utilité publique.

La statistique des décès, sans être aussi bien faite qu’en Europe, est beaucoup plus complète par la raison que l’existence d un mort ne peut pas échapper comme celle d’une naissance à la connaissance de l’autorité publique.

Prenons pourtant les chiffres tels qu’ils sont. Nous trouvons une situation démographique qui n’est en rien comparable à celle de la France. La mortalité apparaît comme très faible. La natalité n’apparaît pas comme ayant tendance à diminuer. L’excès des naissances sur les décès, quoique médiocre, est loin d’être nul.

Natalité et mortalité dans les États où la registration existe depuis longtemps.

Excès

Sur 1.000 habitants er. un an :

Naissances.

Décès.

des naissances.

Connecticut. . 1

lb , 7 3,4

Laissons de côté ces statistiques insuffisantes et certainement trompeuses, des États à registration, et cherchons ce que peut être la natalité de 1 ensemble des États-Lnis.

Un certain nombre d auteurs ne se sont pas beaucoup fatigués pour l’évaluer. Admettant sans hésiter les chiffres publiés par les États de la Nouvelle Angleterre, ils ont admis, sans plus de scrupule, cjue ceux de tout le reste du continent américain devaient être semblables. Et ainsi s est établie une sorte de légende sur la faiblesse de la natalité aux États-Unis. On a même écrit des chiffres pour la fixer !

Or, des chiffres, il n’y en a pas, puisqu’il n’y a pas de registres de l’état civil, sauf dans quelques Etats.

Les statistiques de l’excellent Census américain, et celles non moins soignées de l’émigration, donnent pourtant une base sérieuse au calcul. Plusieurs auteurs américains l’ont fait; nous préférons l’emprunter à Y Economiste français. M. Pierre Leroy-Beaulieu reconnaît (17 janvier 1903) que la natalité des États-Unis est probablement très élevée : « La population des États-Unis (y compris Alaska et Ilavaï, mais non compris Porto-Rico et Philippines), s élevait le 30 juin 1900 à 76.303.387 personnes, au lieu de

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