PREMIÈRE PARTIE
LA POPULATION FRANÇAISE EST STATIONNAIRE CELLE DES AUTRES PAYS S'ACCROIT DE PLUS EN PLUS VITE
Il y a cent ans que la natalité de la France diminue. Elle diminue sur toute l’étendue de son territoire (p. 103). Sa population s’est accrue de plus en plus lentement. Aujourd'hui elle est stationnaire; souvent même les décès l’emportent sur les naissances.
Cette situation est spéciale à la France.
Dans tous les pays étrangers (sauf l’Irlande), la population s accroît de plus en plus vite. Ceux qui disent le contraire (ils sont assez nombreux et quelques-uns ne manquent pas d'autorité) n’ont jamais regardé les chiffres dont ils parlent.
Fixons d’abord ces deux points :
I. — Que la natalité française diminue depuis cent ans; que sa population se soit accrue de plus en plus lentement et qu’aujourd’hui cet accroissement soit nul, c’est ce que prouvent les chiffres suivants :
Franck. — Sur 1.000 habitants, combien en un an, de
Naissances en excès
Naissances. Décès. suc les décès.
Bertillon.
Naissances.
Décès.
Naissances en excès sur les décès
1 iO
On voit que la natalité a baissé à peu près uniformément d’un point en dix ans dans la première moitié du siècle. Il y a état stationnaire pendant le second Empire,
Fig- 1. — Fiunce. Natalité et mortalité pendant le xix» siècle et le début du xxe siècle.
(Pour 1.000 hab., combien de naissances, combien de décès en un an, pendant chaque période décennale.) L’intervalle des deux courbes représente l'accroissement de la population ; il a toujours été faible; actuellement il est nul. la mortalité baissant lentement, et la natalité très rapidement.
puis la décroissance recommence, mais un peu plus rapide que précédemment. Elle a pris depuis sept ans une marche effroyablement accélérée comme le montrent les chiffres suivants :
France. — Nombre cle naissances :
Nombre
Pour
absolu