CONCLUSIONS
I. — La natalité décroît en France progressivement depuis le commencement du siècle, et rien n’indique que ce mouvement soit près de s’arrêter (p. 1). Ce mal est dû à un vice profond et permanent. La France, dont la population, à la fin du siècle dernier, formait 28 p. 10U de la population des grandes puissances européennes, n’en forme plus que 7 p. 100 aujourd’hui. Son rôle dans le monde va s’effaçant. La France est le seul pays de l’Europe où ce phénomène se produise (p. 3). Son industrie, son commerce, son influence morale dans le monde sont diminués par la diminution relative de sa population. C’est grâce à l’affaiblissement de la natalité que la France, loin de s’étendre au dehors de ses frontières, comme le font les autres peuples, n’a pas la force de poussée nécessaire pour protéger son territoire contre l’envahissement pacifique des étrangers. Ceux-ci colonisent notre pays, attirés par l’appel du travail, auquel la population autochtone ne répond pas suffisamment (p. 44). Ils prennent la place de
1 . Nous avons la vive satisfaction d'annoncer que 74 conseils généraux ont adopté tout ou partie des vœux que nous leur présentions pour dégrever et protéger les familles nombreuses dans leur session d’avril 1897.
Nous ne croyons pas que sur aucune proposition émanée de l'initiative privée, il y ait eu un tel accord entre les assemblées départementales.
Les conseils généraux qui n’ont pas adopté nos vœux ne les avaient pas mis en délibération. Un seul les a réjetés : le malthusien Lot-et-Garonne.
DES REMÈDES A OPPOSER AU FLÉAU
nos non nés. Ils répondent à l’appel du travail, mais au jour du danger, ils ne répondront pas à l'appel du canon !
II. — L’étude des mouvements de population par localités, par classes sociales, montre que la faiblesse de la natalité est due principalement à ce que les parents, lorsqu’ils ont quelque bien, sont ambitieux pour leurs enfants (p. 10.2, 140, 327). Lorsqu’ils n'ont rien, cette préoccupation d'une fortune à conserver disparaît naturellement. Elle disparaît aussi (p. 110, 319) lorsque l’organisation du pays est telle que les parents n'ont aucune inquiétude à avoir sur le sort de leurs enfants (Fort-Mardyck, Fouesnant et au Canada (p. 112), où la liberté de tester est, non seulement permise par la loi, mais encore mise à profit par la presque totalité des familles.
Les funestes effets des lois restrictives de la liberté de tester se font sentir, surtout en France, et les pays français (provinces françaises de Belgique, cantons français de Suisse , parce que les Français sont plus économes et plus prévoyants que les autres peuples soumis au Code civil et parce que la fortune y est plus divisée (p. 116).
Ce qui rend le mal plus grave encore, c’est que si la nation en meurt lentement, les individus n’en souffrent nullement. C’est la mort par le chloroforme, mais ce n’en est pas moins la mort.
Jamais on n’a réussi à établir sérieusement un lien quelconque entre la dépopulation de la France et la recherche de la paternité1, l’émancipation de la femme1, les réformes socialistes, etc. Nous avons dit dans quelle mesure (réelle probablement, mais d’ailleurs très faible) on peut admettre que la restauration des idées religieuses relèverait peut-être la natalité (p. 126) si elle était possible.
Nous avons vu que le nombre des mariages est suffisant en France p. 176), et que le nombre des mariages tout à fait stériles n’y paraît pas plus élevé qu’il n’était naguère ni qu’il est en d’autres pays (p. 90).