CHAPITRE IV
Mortalité.
Nous étudierons seulement, pour le moment, la mortalité générale en France et en Europe ; plus tard, lorsque nous discuterons les causes de la mortalité, nous la décomposerons en ses différents éléments : mortalité infantile ; mortalité par tuberculose, syphilis, variole, alcoolisme ; mortalité militaire;
accidents du travail, etc. Voici le tableau de la mortalité, pour 1.000 habi-
tants :
1 Hongrie. .
2 Autriche. .
gultalies
4 Allemagne. .
5 France . .
6 Hollande .
7 Belgique 8 Suisse. .
9 Danemark.
1860-63 1874-76 99,1 : "00,3 PHOTÉIA0 2 » 25,0 26,3 28,2 23,3 23,6 26,5 25,9 29 16307 » 25,0 22;8:L410:9
DOS SE à
EN QG 1841-43 1850-52 1860-63 1894-76 1881-84 1888-go 10 Angleterre. . A RAR PES 292,0 : «10,722 100 nr Nopwères 17. 18,0 18,5 19,2 17,00 10:9 * -16,6 ru de 2.) pat 0 ar, 29,9 17,918, 216,3
Contrairement à l'opinion généralement admise, il est, hélas ! trop évident que la France n'occupe pas un rang honorable dans ce tableau de la mortalité européenne. Son chiffre 22,9 est supérieur de 4,3 à celui de l'Angleterre 18,6; ce qui revient à dire qu'il meurt par an 4,3 personnes de moins qu'en France, par 1.000 habitants ; en d’autres termes, sé, au lieu de 22,9, nous possédions le chiffre de l'Angleterre, 18,6, nous aurions en France chaque année plus de 150.000 décès de motns !!
L’Angleterre, avec une natalité relativement faible, augmente sa population, tandis que la nôtre est presque stationnaire; c’est que devant l'impossibilité d'élever actuellement sa natalité, elle a concentré tous ses efforts à abaisser la mortalité : pourquoi ne pas tenter chez nous ce qui lui a si bien réussi? Ces chiffres prouvent sans contestation possible que des mesures d'hygiène appropriées, — et surtout appliquées sérieusement, — peuvent jouer un rôle important dans le problème de la population.
Nous paraissons ainsi affirmer un axiome et trop insister sur cesujet: or, c'était absolument nécessaire. On verra, en effet, plus loin, lorsque nous parlerons des moyens proposés pour combattre la dépopulation, que certains démographes, M. Bertillon entre autres, sont allés jusqu’à nier l'influence des mesures
d'hygiène.
Nous avons terminé l'exposé des facteurs immédiats de la population, pour la France et divers États européens ; nous allons entrer réellement désormais dans l'étude du problème de la dépopulation.
Dès maintenant, plusieurs points importants restent acquis, affirmés par les chiffres :
a) L'émigration est plus que compensée par l'immigration,
b) La nuptialité : 1° a légèrement diminué depuis 1800 : -— 2° son coefficient est inférieur à celui des grandes puissances européennes ; — 3° le coefficient martiabilité a aussi diminué et est inférieur à celui de la Belgique, de la Prusse et de la Hollande.
c) 1° La natalité a baissé pour la France et l'Europe depuis le commencement du xix° siècle ; — 2° notre coefficient est #rès inférieur à celui de toutes les nations européennes ; — 3° la fécondité des mariages est allée en diminuant depuis la même époque.
d) 1° La mortalité a diminué progressivement pour la France et l’Europe ; — 2° notre coefficient (22,9) est supérieur à la moyenne européenne (20,2 en 1888-1890).
e) 1° La France ne se dépeuple pas; — % la population va en augmentant; — 3° cette augmentation est très faible par rapport à celle des grands États européens. |
Mouvements de la population en France depuis 1881
Excédent Années Mariages Divorces Naissances Déces des naissances des décés 1881 282.079 » 997.057 828.828 108,229 »
1883 284.519 » 937.944 8hr.r4r 96.803 »
1888 276.848 4,708 882.639 837.867 hh.772 »
1897 291.462 7.460 85ÿ.ro7 751.019 108.088 »