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pement complet, il n’est pas moins nécessaire à la mére pendant les trois ou quatre semaines qui suivent l'accouchement. Elle a un besoin absolu d’un mois de repos, même dans le cas de suites de couches normales, qui nécessitent des soins hygiéniques et antiseptiques de tous les instants ; c’est à ce prix seulement quelle évitera l'infection de ses organes génitaux surmenés : métrites, salpingites, source de stérilité ultérieure (D' Napias).
La Suisse depuis 1877, l'Allemagne depuis 1878 possèdent des lois sur la protection des femmes enceintes pendant le dernier mois de leur grossesse et le mois qui suit l'accouchement.
A la suite du vœu de la conférence de Berlin en 1890 sur ce sujet, tous les Étatseuropéens, sau/ la France, légiférèrent de même, ainsi que l'indique le tableau
suivant :
Interdiction du travail.
Suisse. , . . loi du 23 mars 1877 2 semaines avant et 6 semaines après l'accouchement.
Allemagne. , loi du 17 juillet 1878 3 semaines après. loi du 1° juin 1891 6 semaines après ou 4 avec certificat médical.
Hongrie. . . loi du 21 mai 1884 4 semaines après. Autriche , . loi du 8 mars 1885 4 semaines après, 6 dans les mines.
Hollande . . loi du 5 mai 1889 4 semaines après. Belgique . . loi du 13 décembre 1889 4 semaines après. Danemark. . 1889 1 semaine avant, 4 après.
Norwège . 1892 OÔ semaines après ou 4 avec cer-
tificat médical.
En outre, en Allemagne, la loi sur l'assurance contre la maladie accorde l'indemnité pendant les
quatre ou six semaines de repos. En Autriche, de
SET en
même, l'indemnité est égale à 60 p. 100 du salaire, avec gratuité des soins médicaux ; en Hongrie, 50 p. 100 du salaire et soins médicaux gratuits. Les résultats de ces lois ne tardent pas à se faire sentir : le bureau du travail suisse constate que la mortalité des enfants qui, avant la loi, était, y compris les mort-nés, de 20 à 30 p. 100, s'était depuis son application, abaissée à 5 p. 100! De même à Vienne, le D' Schuber constate que depuis la législation, les suites de couches sont beaucoup moins fréquentes et moins graves chez les femmes accouchées.
En France, en 1888, un projet de loi fut déposé par M. de Mun et complété par Brousse, en 1891, au sujet de l'indemnité; discuté à trois reprises à la Chambre, il fut repoussé!!! Depuis le 14 novembre 1899, M. Paul Strauss a repris la question au Sénat ; il réclame l'interdiction du travail des femmes deux semaines avant et quatre semaines après l’accouchement, avec bénéfice de l'assistance médicale gratuite et secours nécessaires à domicile ou dans un établissement hospitalier : malgré toute la bonne volonté de l’auteur, le projet sommeille dans les cartons du Sénat; pendant ce temps des milliers d'enfants naissent chétifs et leurs mères deviennent stériles par la reprise prématurée du travail à l'usine ou à l’atelier.
Et que l'on n'aille pas croire cette loi applicable seulement à un nombre restreint de femmes; 3.914.711 étaient employées en 1890 à toutes sortes de travaux (manufactures, industries mécaniques, commerce, transports, mines, pêcheries, professions