‹ La dépopulation de la France; ses conséquences, ses causes, mésures à prendre pour la combattreChapitre 30 sur 149 · II. — Pays où la mortalité est élevée · texte numérisé non relu

II. — Pays où la mortalité est élevée

Autriche 8,0 37,6 27,0

Hongrie (1891-1900) ... 8,7 40,6 29,9

Allemagne (1891-1900) . . 8,2 36,1 22,2

Prusse 8,2 37,0 21,9

Bavière (1891-1900) ... 7,7 36,4 25,3

Saxe 9,1 39,3 24,0

Wurtemberg (1891-1900). 7,3 34,2 23,3

Bade 7,5 33,1 22,0

Espagne (1891-1900) . . . 7,9 35,1 29,8

Italie (1891-1900) 7,2 34,6 24,1

Russie (1891-1897). ... 9,1 47,5 36,4

Serbie (1881-1891) .... 10,9 45,5 25,9

Bulgarie (1890-1899). . . 8,5 39,3 26,2

Parmi les dix pays dont la mortalité est inférieure à 20, il n'y en a que deux dont la natalité dépasse (et de bien peu) 30; ce sont ceux dont la mortalité atteint presque 20.

Dans les douze pays dont la mortalité dépasse 20, la natalité dépasse largement 30; il n'y en a que trois où elle soit inférieure (et de bien peu) à 35.

De tous les pays à mortalité faible, celui qui a la mortalité la moins faible est la Finlande ; c'est aussi (avec les Pays-Bas) celui dont la natalité est la moins faible (32). Ce chiffre est largement dépassé par tous les pays à mortalité forte inscrits dans la partie inférieure du tableau.

De ceux-ci, celui dont la natalité est la moins forte est Bade (33); c'est aussi un de ceux dont la mortalité esl la moins forte.

Tous les autres ont une natalité qui dépasse 34 ; la Russie, dont la mortalité atteint le maximum (36,4) a aussi

I Pays dont la mortalité est inférieure à Zo décès pour looo habitants.

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Nuptialité

Natalité

■Mortalité

Fig. 4. — Mouvements de population des pays de l'Europe en 1891-1899.

une natalité exubérante; elle atteint le chiffre extraordinaire de 17,5.

11 vu Longtemps que cette loi du parallélisme des mouvements de population a été formulée.

L'illustre fondateur de la statistique scientifique, l'astronome Quetelet, écrivait déjà en 1835 :

«... Une grande mortalité marche généralement de front avec une grande fécondité... Je regrette que l'état actuel de la statistique (1835) ne me permette pas de présenter les observations d'un plus grand nombre de pays.» [Physique sociale, tome Ier, liv. II.)

Il étudie ensuite diverses provinces, diverses villes, et conclut ainsi : « Tous ces nombres tendent à prouver qu'il existe un rapport direct entre l'intensité de la mortalité et celle de la fécondité. Le nombre des naissances est réglé par le nombre des décès. »

Il y ajoute, mais plus timidement, le nombre des mariages.

Achille Guillard, le créateur du mot « démographie x », et le premier auteur qui en ait écrit un traité, écrivait en 1855 :

« Les naissances sont moins nombreuses où la vie est plus longue, et réciproquement. . .

« En général, partout où l'espèce humaine est rapidement moissonnée, les mariages et les naissances s'accélèrent à l'envi des décès... On pourrait inscrire, comme résumé de la loi des mouvements de population, cette demande avec sa réponse :

« D. Quelle est la localité où l'on trouve le plus d'enfants ?

« R. C'est celle où les hommes meurent le plus vite.

« La mort mesure la vie ; la vie mesure la mort, » [Démographie comparée, ch. iv.)

1. El d'une partie du vocabulaire de celte science. Les mots natalité, m&rtinatalité, table de survie, etc., ont été créés par lui. .l'ai l'honneur d'être son petit-fils.

Voici comment s'exprimait le Dr Bertillon père quelques années plus tard :

« La concordance des mouvements de la natalité et de ceux de la mortalité peut s'établir par deux points de départ : tantôt c'est la natalité qui modifie la mortalité générale ; tantôt c'est la mortalité qui stimule la natalité. . . » (Art. Natalité, du Dict. enc. des Se. méd.)

William Farr, l'illustre créateur de la statistique anglaise dresse, en 1872, le tableau suivant dans lequel les districts de l'Angleterre et Galles sont classés suivant l'élévation de leur mortalité1 (décès annuels pour 1.000 habitants en 1861-1870).

Angleterre et Galles. — Pour 1.000 vivants :

Nombre Excès

de districts. Décès. Naissances. des naissances.

On voit que plus les districts ont une mortalité faible, plus leur natalité est faible. L'accroissement de la population reste à peu près constamment la même. W. Farr ajoute ces paroles très remarquables : « Si des mesures d'hygiène venaient à réduire la mortalité des districts dont la mortalité est 22,0, et l'abaissaient à 19,2, les naissances seraient réduites dans la même proportion ou plus encore, à savoir de 35,6 à 32,2 ; et si la mortalité était abaissée à 16,7, la natalité pourrait être réduite comme dans les districts les plus salubres à 30,1. Les décès perdant 5,3, les naissances perdent 5,5, comme on le voit sur le tableau.

«... Ainsi il n'y a pas connexion inévitable entre la

1. Le tableau contient, en outre, les villes de Manchester et Liverpool, que nous ne reproduisons pas.

diminution graduelle de la mortalité dans le royaume et l'accroissement plus rapide de la population. »

C'était là une véritable prophétie (voir le diagramme p .72) : W. Farr semblait prévoir là ce qui devait arriver dans son pays pendant les (rente ans qui suivirent. La mortalité anglaise s'est abaissée de 22 à 18 pour 1.000, et parallèlement la natalité s'abaissait de 35 à 30. Ce sont, à très peu de chose près, les chiffres qu'il annonçait. Ce qu'on voit par les chiffres suivants :

Angleterre et Galles. — Pour 1.000 habitants en un an, combien en un an de :

Mariés.

Naissances.

Décès.

Il faut remarquer — car c'est très important — que cette diminution de la mortalité concerne tous les âges, du moins jusqu'à 45 ans (voirie diagramme p. 73).

Angleterre et Galles. — Pour 1.000 vivants de chaque âge1, combien de décès en un an :

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

ans.

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