I9SI 08-4-hQI
Pour vérifier la valeur de celte explication, il suflil de substituer l'étude de la mortalité par Age à colle de la mor-
talité générale. C'est ce que nous avons déjà fait plus haut pour l'Angleterre. Nous avons vu ainsi que l'abaissement de la mortalité y est un fait réel, qui s'observe même à tous les âges de la vie.
Voici une explication plus simple, et, à notre avis, meilleure, pour expliquer que « la mort règle la vie » :
Tout décès tend naturellement à provoquer une naissance, quel que soit l'âge du décédé. S'agit-il d'un enfant? Ses parents éprouvent le besoin de reporter leur tendresse sur un autre enfant; nous avons, en France notamment, des exemples nombreux de ce fait. S'agit-il d'un adulte ?Sa mort laisse un emploi vacant ; elle permet donc la création d'un nouveau ménage et la naissance de nouveaux enfants. S'agit-il d'un vieillard enfin? Même conclusion, car, s'il est pauvre, sa mort enlève à ses enfants une charge qui les empêchait peut-être de se marier; s'il est riche, son héritage facilite leur établissement et leur mariage. Ainsi, on comprend la relation assez étroite qui existe entre la natalité et la mortalité, et, aussi, la relation qui existe entre elles et la nuptialité J.
Ainsi s'explique que l'abaissement de la mortalité entraîne l'abaissement de la natalité. L'Angleterre nous en a fourni un exemple d'autant plus remarquable qu'il avait été, en quelque sorte, prédit à l'avance.
Entre beaucoup d'autres exemples, nous en choisirons trois : ils sont empruntés, l'un à un pays à forte mortalité (la Saxe), un autre à un pays à faible mortalité (la Suède), et un troisième à un pays que la législation a fait passer successivement par ces diverses alternatives (la Bavière).
Nous allons observer le royaume de Saxe pendant soixante ans ; La mortalité, qui était de 28,5 décès pour 1.000 vivants pendant la première période décennale