‹ La déportation ecclésiastique sous le directoireChapitre 1 sur 114 · EXTRAIT DU RÈGLEMENT · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU RÈGLEMENT

Art. 14. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier et choisit les personnes auxquelles il en confiera le soin.

Il nomme pour chaque ouvrage un commissaire responsable chargé de surveiller la publication.

Le nom de l'éditeur sera placé en tête de chaque volume.

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société sans l'autorisation du Conseil et s'il n'est accompagné d'une déclaration du conunissaire responsable, portant que le travail lui a paru digne d'être publié par la Société.

Le commissaire responsable soussigné déclare que Vowçrage La déportation ecclésiastique sous le Directoire, préparé par M. Victor Pierre, lui a paru digne d'être publié par la Société D'niSTomB contemporaine.

Fait à Paris, le i*^ janvier 1896,

Signé : L. Scieur.

Certifié :

Le Secrétaire de la Société d'histoire contemporaine^

E.-G. IdSDOf.

INTRODUCTION

La jnstice politique du Directoire, après le coup d'État du i8 fructidor, se traduisit sous deux formes principales : la juridiction sommaire des commissions militaires pour les émigrés rentrés, la déportation pour les prêtres. En 1893, la Société d'histoire contemporaine m'a chargé de publier un recueU de documents inédits dont la majeure partie concernait les commissions militaires i ; édité sous les mêmes auspices, le présent volume est consacré tout entier à la déportation ecclésiastique.

La loi du 19 fructidor an V contenait les deux articled suivants :

Art. XXIU. — La loi du j de ce mois, qui rappelle les pré' très déportés^ est révoquée.

Art. XXIV. — Le Directoire Exécutif est investi du pouvoir de déporter^ par des arrêtés individuels motivés, les prêtres qui troubleraient dans Vintérieur la tranquillité publique.

Ces deux articles forment la base légale de la persécution directoriale.

I. 18 Fructidor. Documents, pour la plupart inédits, reeneillis et publiés pour la Société d^histolre contemporaine, par Victor Pibrrb. Le général Hoche, Lettres de Mathieu Damas au général Moreau, Le coup iPÉtat, La déportation. Les commissions militaires. — Paris, in-8, Alphonse Picard, 189S.

VIII INTRODUCTION

J'en ai exposé ailleurs le mécanisme et les résultats i. J'ai donné les noms des déportés à la Guyane, en indiquant le sort de chacun d'eux ; j'ai distribué par départements les miUe à onze cents prêtres internés à la citadelle de l'île de Ré et les deux cent cinquante de l'île d'Oléron, ainsi que ceux, en moins grand nombre, qui furent laissés à Rochefort. Ces longues listes étaient empruntées aux Archives du ministère de la marine, toutes officielles par conséquent ; je n'ai ni à y revenir, ni à recommencer, même avec une autre distribution, une publication déjà faite.

Aujourd'hui, il s'agit de montrer, par la production de ses actes authentiques, le rôle, si j'ose dire, personnel du Directoire dans les poursuites qui amenèrent tant de déportations. De même qu'on a fait sortir des Archives les jugements des tribunaux révolutionnaires, de même j'exhume la multitude de ces arrêtés au bas desquels chaque Directeur apposa tour à tour sa sign^ature. Au risque de monotonie, je les donne tous, sans exception : pour qu'on puisse les juger, il n'est permis ni de les mutiler ni de les choisir. Les plus vagues formules ont suffi : en les lisant, on croit avoir sous les yeux ces lignes non moins sommaires et non moins uniformes par lesquelles Herman ou Dumas condamnaient, en l'an 11, des groupes de soixante personnes, appartenant aux conditions les plus diverses. Pendant vingt-deux mois, de vendémiaire an VI jusqu'à la fin de prairial an VII (22 septembre 1797-18 juin 1799), ces discussions et ces signatures d'arrêtés de déportation occupèrent les instants, pour ne pas dire les journées du Directoire, et la première chose dont il y ait lieu de s'étonner, c'est que, chargés de tant d'intérêts au dehors et au dedans, ces dépositaires du pouvoir suprême aient prodigué tant d'heures à ces minutieuses et interminables œuvres de police.

On ne trouvera dans ce recueil que les arrêtés émanés du

I. La Terreur sous le DinECTOïKE, histoire de la persécution poUtiqae et religieuse après le coup d'État du j8 fructidor, par Victor Pierre, diaprés des documents inédits, Paris. 188;, in-8. Retaux, éditeur.

INTRODUCTION. IX

Directoire ; mais, quelque large place qu'ils y tiennent, ils sont loin de représenter la totalité des arrêtés en vertu desquels s'exerça la déportation. Le Directoire s'était déchargé d'une partie de ses attributions sur les administrations centrales, c'est-à-dire de dépcurtement, ou même sur les administrations municipales ; toutes les fois qu'il y avait infraction à des lois positives, c'est-à-dire à toutes ces lois de persécution qu'avait fait revivre l'abrogation de la loi du 7 fructidor an V, ces administrations prononçaient d'office et sans en référer, au moins obligatoirement, au pouvoir central ; celui-ci, sans abdiquer son droit sur ces mêmes cas, se réservait ceux où, sans violer aucune loi et même en étant en règle avec toutes, les ecclésiastiques avaient pu encourir la qualification de prêtres a turbulents ou perturbateurs. » Ces arrêtés des administrations centrales ou municipales, j'ai dû les écarter; je n'aurais pu les donner au complet, et, d'ailleurs, le soin de les publier ne relève-t-il pas de l'érudition locale, plus compétente et mieux informée ?

Pour l'étude des commissions militaires, les documents étaient dispersés comme au hasard dans les cartons des Archives ; on ne les rencontrait qu'isolément, soit à Paris, soit {dlleurs. Il n'en est pas de même des arrêtés de déportation. Ils sont classés par ordre chronologique dans quatre cartons de la série F7 (4371, 4^72, 4^73, 4374)» naèlés seulement à d'autres actes du Directoire, tels que fermetures de cercles constitutionnels, suspensions ou suppressions de journaux, ordres d'arrestation, etc., et quelques lois ou décrets d'intérêt général. La presque totalité des arrêtés, à quelques unités près, ne concerne que des prêtres et des religieux ; j'ai reproduit ceux qui frappent quelques laïques, à cause de leur petit nombre >. On peut dire que la déportation fut l'arme spéciale employée contre les prêtres ; en adoptant le titre : La Dépor^

I. J'en relèye huit ; six hommes : Aiguier, p. a3i ; Bernard, p. 539 ; Cazati, p. i65 et 399; Porta, p. 47; Raynaud, p. 34o; Saint- Auhert, p. 4?; deux femmes : Christine Aiguier, p. a3i, et Marie Rannel, p. 39a. Cependant, les laïques ont payé un tribut plus large à la déportation; on en trouve une

X INTBODUCTION.

iatUm ecclésiastique^ je ne fais donc que me conformer à la réalité des choses.

Cette publication se divise en deux parties : la première, de beaucoup la plus considérable, est consacrée aux AaRÊTâs DB DÉPORTATION ; j'ai rassemblé dans la seconde, sons le titre de Hapports d'arrêtés, la série de ceux par lesquels le Directoire rétracta quelques-unes de ses premières décisions.

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