LYON
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Vernon, Boutblier, Bertrand, Ligondâs
On lit dans le Courrier de Bruxelles, numéro du 26 thermidor an VI (i3 août 1798) :
EXTRAIT d'une LETTRE DE LYON DU l5 THERMIDOR (AN VI)
Plusieurs journaux, citoyen, ont annoncé qu'on avait fusillé à Lyon des égorgeurs et une personne qui se disait chevalier
459 APPBNDICSS.
de Malte. Gomme il ne peut y avoir aucun intérêt ni général ni particulier à tromper le public à ce sujet, j'ai cru que tous voudriez bien rectifier le dire des journalistes, en insérant la note suivante dans votre journal.
Depuis que la conunission militaire est établie dans cette ville, elle a condanmé à mort Vernon, ex-garde du corps ; Boutelier, prêtre ; Bertrand, curé du département du Puy-de- Dôme ; et ligondès, ûls d'un capitaine de vaisseau mort de blessures qu'il reçut en 1779 en combattant contre les deux vaisseaux anglais.... (la ligne suii^ante manque,)
Ligondès, reçu chevalier de Malte en 177 1, résidait à Malte depuis le 11 avril 1789 ; il était rentré en France, il y a deux ans, avec un congé de son ordre et des passeports visés par le consul de France à Malte. Après son arrestation, il a été réclamé par le consul de Malte à Marseille. Il s'est aussi élevé quelques difOicultés sur ce que le nom inscrit sur la liste des émigrés était Duligondais, tandis que celui de l'accusé était Ligondès. Cette différence a bien fait impression sur deux membres de la commission, mais la majorité l'a condamné à mort ; elle a été de 5 voix sur 7.
Voici la lettre qu'il écrivit à sa sœur avant de mourir:
« Dans quelques heures, je n'existerai plus ; rassemblez toutes vos forces pour consoler ma pauvre mère. J'ai imploré la miséricorde de Dieu, j'espère qu'elle sera plus grande que l'immensité de mes fautes. Je vous prie de donner a5 louis aux pauvres, et de payer mes dettes.
<x Je vous recommande, ma chère amie, de ne conserver aucun ressentiment contre les auteurs de ma mort. Je leur pardonne entièrement et ne leur veux aucun mal. J'ai remis à Claire ma bourse qui contient 3o louis, et la montre d'argent que m'offrait ma mère. 11 me reste à vous prier de rappeler toutes vos forces, et la religion à votre secours. Dieu, maître de tout, a décidé de mon sort, et nous devons nous soumettre sans murmurer.
« Adieu, ma chère Clotilde; adieu, ma bonne mère, vous êtes
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la seule chose qae je regrette, Votre nom sera sur mes lèvres quand je rendrai mon dernier soupir, et votre souvenir sera dans mon cœur tant qu'il battra ; dites à tous mes amis que mes derniers moments sont à eux.
« P.-iS. Adieu ; on m'attend pour aller à la mort. »
[De la lettre qui précède il est permis de conclure que, par cette désignation : Deux prêtres et deux émigrés (p. ^ag), il faut entendre non pas quatre nouvelles victimes, mais lo Tabbé Boutelier, que nous avons cité (p. 3s6) ; 2^ un abbé Bertrand, du Puy-de-Dôme, qu'il ne faudrait pas confondre avec l'abbé Bertrand, des Hautes-Alpes, condamné à Grenoble (18 fructidor^ p. Sia) ; 3"* Ligondès ; 4° Vemon, ex-garde du corps ; ce dernier, ainsi que l'abbé Bertrand, mentionnés dans la lettre ci-dessus. A ces victimes, il faut ajouter :]
Alexis d'ëspotchal
x5 floréal an VII — 4 mai i799
D'Espinchal, Alexis, né en octobre 1775, deuxième fils de Joseph-Thomas, marquis d'Espinchal, comte de Marsiac, maréchal des armées du roi en 17921 ; chevalier de Malte, élève de la marine royale en 1789; émigré en 179a, rentré en France en 1798 et fusillé à Lyon le 4 mcd 1799.
Nobiliaire d'Auçergne, par J.-B. Bouillet, t. II, p. 4i>-4i9} et Dictionnaire statistique du Cantal t .
I. Cette indication m*a été obligeamment fournie par M. Jean Delmas, d^Aurillac (Cantal), mon collëgae à la Société dliistoire contemporaine. Je n^ai rien trouvé aux ArchlTes nationales sur Alexis d^spinchal. M. Fré* déric Masson a donné, dans la Reçue de Paris (i** novembre iSgS), un fragment de journal ou de mémoires du marquis d'Espinchal sous ce titre : Les débuts de VémigraJtion.