I. Voici cette lettre
A Verdun, ce !•' décembre 1^97.
J'apprends, père Joseph, que vous continuez à tromper le peuple par Texercico sacrilège d'un ministère pour lequel vous n'avez aucune mission dans ce diocèse. Vous avez porte les crimes de votre intrusion dans le ministère à Verdun, à Haudain ville, à Sommédienne, et j'entends dire que vous le continuez à Hennemont, fesant partout un gagne-pain de nos plus
commune de Meerbeck, canton de Tervueren, département de la Dyle, un grand nombre de citoyens de tout âge et de tout sexe se sont rassemblés à diverses reprises, au son des cloches, même pendant la nuit, et ont fait des processions et autres actes publics de leur culte ;
Que le nommé Nerincks, ex-capucin de Louvain, se disant desseryiteur de la cure de Meerbreck (sic), est rinstigateur de ces rassemblements qui compromettent la tranquillité publique et entretiennent le fanatisme ; que c'est lui qui les convoque au son de la cloche , et qu'il se met à la tête des processions publiques qui en sont la suite ;
Considérant que ces actes extérieurs du culte sont une contravention aux lois de la République, et que celui qui les provoque ne peut être regardé que comme un séditieux et un perturbateur de l'ordre public ;
Arrête ce qui suit :
Art. i«'. — Le nommé Nerinckx, ex-capucin à Louvain, se disant desserviteur de la cure de Meerbeck, canton de Tervueren, département de la Dyle, sera déporté en conformité de l'article 24 de la loi du 19 fructidor dernier.
Art. 2. — Le ministre de la police générale est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui ne sera point imprimé.
Nerincks, Jean, vinfçt-deux ans, simple tonsuré, fut arrêté par erreur à la place de son frère, le curé de Meerbeck ; déporté à la Guyane, 11 s^évada avec douze de ses compagnons, mai 1^99 ; resta en Angleterre, y fut ordonné prêtre en 1809 et y mourut le aa décembre i8S5, après cinquante -trois ans de ministère à l'église Saint-Louis de Gonzague de Somerstown (Londres). Quant au curé de Meerbeck, qui est Tobjet de cet arrêté, il échappa aux poursuites.
saints mystères. Je n'ose espérer que vous vous rendrez à ma défense, mais sçachezdu moins que ce n'est pas le culte catholique que tous exercez, mais le schisme le plus criminel, et qu'autant de fonctions que vous faites, autant de fois yous faites tomber de nouveau sur vous les foudres de l'ÉgUse. Je prie le Seigneur qu'il vous éclaire et qull vous touche.
Tronvillb, vicaire général du diocèse de Verdun. ARRÊTÉS DE DÉPORTATION. 3
Gard.
i4 bramaire.
Le Directoire Exécatif, vu une lettre datée de Combes, près Bagnols (Gard), le i6 septembre 1797, signée Maga- LON [Joseph, 4^, né et prêtre à Bagnols], se disant ministre catholique et chef ecclésiastique et national, et par lui adressée au Corps législatif; Considérant que ce prêtre s^est non seulement permis dans sa lettre les expressions les plus indécentes contre le Corps législatif, mais encore qu'il y a manifesté les opinions les plus fanatiques et un esprit de révolte contre les lois existantes ; Considérant que sa présence sur le sol de la République serait très dangereuse et troublerait infailliblement la tranquillité publique....
Orne.
16 bramaire.
Après avoir pris connaissance de la dénonciation faite au ministre de la police par Tadministration départementale de l'Orne, des manœuvres employées par le nommé ^Sébastien Gadeau, prêtre réfractaire, domicilié à Berd'huis, pour renverser le gouvernement républicain et faire triompher le royalisme....
R. 44* Embarqué sur la Vaillante,
Orne.
16 brumaire.
Même texte, par un seul arrêté, contre :