HISTORIQUE
Si l’ionisation n’a vraiment été établie en tant que méthode scientifique que durant ces trente dernières années, les premières tentatives d'utilisation du courant électrique pour l'introduction des médicaments dans l'organisme remontent à une époque beaucoup plus ancienne. Bien avant que ne fussent connues les lois de l’électrolyse et les propriétés des ions, quelques novateurs avaient déjà fait des essais dans ce sens, d’ailleurs purement empiriques.
Le plus ancien en date semble être un médecin italien, nommé Rossi. En'1802, il tente de traiter la syphilis en faisant passer le courant par une électrode positive, imprégnée . de sels de mercure, et placée sur une région dont il a préalablement décapé la peau au moyen d’un vésicatoire. Vers 3835, Fabre-Palaprat reprit ces essais avec divers médicaments : l’iode, la quinine entre autres, et obtint même, semble-t-il, quelques résultats intéressants. Malheureusement, peu au courant du mouvement scientifique, quoique vivant à l’époque de Faraday, il finit par mettre, à tout hasard, la substance médicamenteuse dans le liquide excttateur des piles.
Par la suite, en 1846, Kleinke fit pénétrer électriquement l'iodure de potassium à travers, la peau pour le traitement de la scrofule.
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En 1853, Hassenstein tente de nouveau l'introduction du mercure, Puis, en 4870, Von Bruns réalise une série d'expériences pour démontrer en particulier la pénétration de l'iode dans les tissus par l'électricité. Se basant sur les expériences de Von Bruns, A. Munk, en 1873, démontra la pénétration de la strychnine par le courant électrique en provoquant des convulsions chez le lapin, de même pour l'iode et la quinine chez l’homme en décelant ces substances dans les urines.
Les auteurs de cette époque étaient d’ailleurs guidés par une interprétation fausse des phénomènes; ils pensaient qu'il y avait « cataphorèse », c’est-à-dire entraînement dans le sens du courant de la totalité de la molécule non dissociée.
Cependant, il serait injuste de le passer sous silence, certains médecins, dès avant 1870, tels Pravaz ét Tripier en France, Cinicelli en Italie, avaient discerné que les lois de l’électrolyse, telles que les avait énoncées Faraday, devaient s'appliquer au corps humain.
À partir de 1890, des recherches méthodiques sont entreprises sur cette question de divers côtés à la fois, basées sur les propriétés thérapeutiques de diverses substances : Edison avec la lithine, Aubert avec la pilocarpine, Bergonié avec l'acide salicylique; puis Labatut qui compare l’action de différentes solutions sur la peau, puis Weiss, Guilloz, Frankenhauser…
Enfin, dans les premières années du siècle, les travaux fondamentaux de Stéphane Leduc, aussi puissamment démonstratifs dans le domaine expérimental que dans le domaine thérapeutique, sont venus donner une impulsion définitive à la méthode dite par lui de l'ionisation, qui n’a cessé depuis lors de se développer grâce aux apports des nombreux expérimentateurs qui s’y sont attachés.