‹ La Dérivation électrolytique des médicamentsChapitre 7 sur 31 · L'ELECTROLYSE — THEORIE DES IONS · texte numérisé non relu

L'ELECTROLYSE — THEORIE DES IONS

Avant d'entrer plus avant dans l'exposition de la méthode, et même de ses bases expérimentales biologiques, il est nécessaire, Croyons-nous, de rappeler en peu de mots les notions physico-chimiques qui la conditionnent à l'origine.

On -peut distinguer deux sortes de solutions d’après la façon dont elles se comportent vis-à-vis du courant électrique : celles qui sont conductrices, et celles qui ne le sont pas. Celles qui sont conductrices ne doivent cette propriété qu'au fait de maintenir en dissolution certains corps appelés électrolytes. En effet, l’eau distillée absolument pure n'est pas conductrice du courant; mais il suffit d’additionner cette eau d'une faible quantité d’acide sulfurique pour que le pascage s’établisse immédiatement.

Les réactions des solutions électrolytiques sous l'influence du courant ont été étudiées par Faraday : il constata qu'après le passage du courant, les molécules des corps dissous se trouvaient dissociées, et avaient donné naissance à des particules nouvelles, dont une partie allait se dégager à l’électrode positive, et l’autre partie à l’électrode négative. Il donna à ces particules le nom d'ions.

Il fut amené à croire que c'était le courant électrique qui opérait la dissociation de la molécule chimique, jusque-là solidement unie, en ions : les uns, chargés négativement, se portant sur l’électrode positive, ou anode : ce sont les anions; les autres, chargés positivement, se portant sur l’électrode négative, ou cathode : ce sont les cathions.

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Par la suite, diverses études portant sur la pression oSmotique, la cryoscopie, et la tension des vapeurs vinrent démontrer l'insuffisance de cette façon de voir, et donner corps à une nouvelle hypothèse qui prit sa forme définitive dans la théorie d'Arrhénius, qui donne actuellement une explication satisfaisante des phénomènes observés.

THÉORIE D'ARRHÉNIUS.

La dissociation en ions des molécules des électrolytes en solution est préalable au passage du courant. La proportion des molécules dissociées est d'autant plus grande que la solution est plus diluée, et d’autre part en rapport avec un coefficient de dissociation établi d’après la nature de la substance dissoute, la température et le pouvoir conducteur spécifique du solvant.

Ces ions, constitués par des atomes vrais ou par des radicaux (acides, groupe oxhydrile, alcaloïdes), ont dès lors perdu toute affinité chimique, pour acquérir une autre pro-

priété : la charge électrique, soit positive, soit négative. Le courant ne fera plus alors que les trier en quelque sorte, déterminer leur mouvement vers les pôles de nom contraire, en somme assurer leur vection. Une fois au terme de leur voyage, les ions vont perdre leur charge électrique, et retrouver leurs affinités chimiques : toute combinaison avec le solvant redeviendra alors possible.

Prenons, par exemple, une solution de NaCI.

Nous savons désormais qu’elle contient des molécules entières NaCI, et des ions libres, sans affinité chimique, d’une part Na, à charge positive, d'autre part Cl, à charge négative. Faisons passer un courant continu : les ions Na se rendront au pôle négatif, les ions C1 au pôle positif, et arrivés là retrouveront leurs ‘possibilités de combinaison, soit avec eux-mêmes, soit avec le solvant, soit même avec le constituant des électrodes, s’il est attaquable.

Brièvement, nous rappellerons que la formule générale

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d’un électrolyte, indifférent électriquement dans son ensemble, est RM :

M — cathion, charge positive; R — anion, charge négative.

Il suffit de savoir que :

a) sont des cathions (+) : les métaux, l'hydrogène, les alcaloïdes; b) sont des anions (—) : les métalloïdes, le groupe oxhydrile OH, les radicaux acides.

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