V. — CERTAINES PLAIÉS GRANULEUSES SONT-ELLES DE NATURE CRYTOCOCCIQUE
I] convient, pour être complet sur la question, de signaler l'hypothèse, émise en 1920, par le D' ROGER, de la possibilité d’une origine cryptococcique de certaines dermites granuleuses. Déjà en 1910, DUrPUY FERRET et MERCIER avaient signalé des granulations spéciales des plaies estivales, qu’ils pensaient être de nature mycosique .
Frappé, d'une part, par l’existence de petits foyers secondaires faisant songer à une auto-inoculation, et, d'autre part, par l’insuccès des recherches du parasite sur des plaies récentes et non traitées, le D' ROGER a vu s’accroître ses doutes par la constatation, sur un grand nombre de plaies examinées, dans la région de Nîmes et de Marseille », d’un parasite qui paraît appartenir à la tribu des exoacées et que, jusqu'à plus complète informée, il propose de désigner sous le nom de € cryptocoque ».
Il remarque d’abord que le pus, quasi amicrobien, donne sur les frottis un grand nombre de macrophages et de polynucléaires, constatation qui dut faire naître l'hypothèse d’une mycose.
D'autre part, il constate ( l’existence d’un éléiment arrondi, ovalaire, ou piriforme capsulé, libre ou inclus dans les phagocytes, de dimensions variables, à peine supérieures à celles des leucocytes de SEMMER, mais dont ils se distinguent nettement par
la présence d'une capsule et leur situation dans les macrophages, qui en sont parfois bourrés, ainsi que les polynucléaires. Ces parasites sont faciles à déceler tellement ils sont nombreux, en général, au milieu des granulations caséeuses dont ils paraissent à eux seuls constituer la masse. Libres, ils sont isolés ou groupés en amas plus ou moins considérables affectant des formes diverses.
Leur colorant de choix est l’éosmé bleu de méthylène après fixation rapide à l'alcool éther (éosine d’abord pendant demi-heure, puis bleu de méthylène pendant demi-heure).
Certaines présentent trois zônes : 1° Une zône centrale arrondie et ovalaire fixant énergiquement l’éosine et prenant une teinte rubis; 2° Une capsule réfringeante autour de cette première zône; 3° Enfin une Zône bleuté limitée par un liseré d’un bleu plus foncé. |
Plusieurs auteurs intrigués par cette découverte ont cherché à la contrôler. Pour la plupart d’entre eux il ne s'agirait là que de granulations d’ésinophiles, très nombreuses dans les affections parasitaires.
L'étude expérimentale faite par le D° ROGER par ensemencement Sur gélose SABOURAUD des produits de raclage de plaies d'été amène l’auteur à isoler
deux parasites :
1° Une levure; 2° Une spore dont la cuticule présente de distance
Cp
en distance des épaississements qui lui donnent l’aspect d’une roue dentée et qui cultive sur gélose sous la forme d'une poussière noire dont là teinte blanchit par repiquages successifs.
Des plaies ordinaires ensemencées avec ce parasite n’ont jamais évolué à la façon des plaïes d'été.
C’est un parasite surajouté en conclue le D' ROGER. Pour DESCAZEAUX, il s’agit de spores parasites du tube digestif des mouches.
PATHOGENIE
Il reste donc aquis que la dermite granuleuse ou mieux l’habronémose ‘cutanée est due à la présence irritante, dans les tissus, d'une larve erratique de l’habronème, parasite normal de l'estomac du cheval, et que cette larve est apportée au niveau des plaies par la mouche domestique, hôte intermédiaire des habronèmes.
Plusieurs points de la pathogénie vont attirer no-
tre attention.