I. HYPOTHÈSE DE L'INFLUENCE SAISONNIÈRE
Pour RENAUD, la dermite granuleuse n’est qu’une variété de farcin moins grave et moins contagieuse que le farcin ordinaire, en quelque sorte, une forme bénigne de laffection et qu'il désigne sous le nom de « farecin de la peau ».
M. BOULET, en 1850, la sépare du farcin et en fait une entité morbide, nettement caractérisée, C’est lui qui le premier donne le nom du dermite granuleuse à cette affection, qu’il considère comme une complication particulière des plaies cutanées sous l’in-
ui
fluence des chaleurs de l'été à cause du grand noïmbre de granulations qu'on y rencontre : ( Incrustations dures, jaunâtres, de nature calcaire, poreuses, sur lesquelles l'instrument s’émousse; mais qui -s'écrasent avec au moins autant de facilité que des morceaux de plâtre. »
I1 continue cette excellente description des plaies ‘d'été en ces termes :
« Quelques-unes de ces granulations sont superficielles, d’autres profondes, en général faciles à énucléer bien que incrustées dans un tissu induré qui n'existe pas dans les premiers temps.
La plaie n’intéresse que la partie supérieure de la peau et quoi qu’elle ait une tendance à s'étendre, elle ne ronge pas, ne creuse pas, à l’inverse du chancre farcineux. Elle bourgeonne, au contraire, et ses bourgeons surmontent la peau saine environnante.
C’est là un premier point acquis : la plaie granuleuse ne ronge pas comme le chancre farcineux, mais elle bourgeonne, et les tissus n’ont pas cette couleur qui annonce la cicatrisation; la nuance tire sur le brun. Le pus est séreux et clair; il n'y a pas de membrane pyogène. |
BOULEY envisage, en outre, l’évolution de la plaie « qui d’abord irrégulière dans sa forme, s'étend peu à peu en surface, en contour circulaire dont le diamètre va généralement de trois à quatre centimètres (mais peut atteindre dix centimètres). Un des caractères de ces plaies estivales, c’est le prurit ardent, insupportable, qu’elles déterminent, ne lais-