‹ La dernieère année de Marie AntoinetteChapitre 28 sur 44 · I. Mercier, Nouveau Paris · texte numérisé non relu

I. Mercier, Nouveau Paris

1. Le club diis jacobins occupait l'emplacement où est aujourd'hui le marché Saini-lionorc.

Tautre bande d'insulteurs à gages. Cest une nouvelle bordée de huées et de hurlements. La charrette repart; elle passe devant T Assomption, en face de la maison du menuisier Duplay, demeure • de Robespierre*, et débouche dans la rue Royale. De chaque côté de cette rue, il y a une triple haie de gardes nationaux; combien parmi eux ont horreur du crime qui va se commettre! Et cependant pas un n'élève la voix ; point de protestation, point de murmures. La garde nationale, dans le fond du cœur, maudit les régicides, mais elle tremble, et sa terreur est telle, que si quelques hommes s'avisaient de vouloir sauver la reine, elle ferait feu sur eux.

Il y a bientôt une heure que la charrette est partie de la Conciergerie; enfin voici la place fatale, la place qui justifie si bien son nom de place de la Révolution, et qui devrait aussi s'appeler la place du crime. Elle regorge de monde ; les terrasses du jardin des Tuileries sont remplies ; il y a des curieux jusque dans les branches des arbres des Champs- Elysées. La charrette passe entre les deux grands pavillons du Garde-iMeuble, et se dirige vers la gauche, pour s'arrêter dans l'espace compris entre les deux Renommées de pierre qui sont devant le jardin, et la statue de la Liberté qui est au milieu de la place. C'est là qu'est dressé l'échafaud de la reine '^.

1. C'est sur l'emplacement de celte maison qu'on a ouvert la rue Duphot.

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