I. Mémoires du comte Deugnot, i vol., chez Dentu
Quelle touchante histoire que celle de cette femme du peuple, de cette pauvre fille des rues, de cette fille publique, devenue, par la force de l'enthousiasme, la martyre de sa foi royaliste et de sa vénération pour la mémoire de Marie-Antoinette 1
Si une femme comme Eglé, qui n'avait jamais eu rhonneur d'adresser la parole à la reine, la regrettait ainsi, que devait-il se passer dans l'âme des personnes qu'elle avait honorées de son amitié et comblées de ses bienfaits?
Le comte de Fersen écrivait dans son Journal, après avoir appris la mort de l'infortunée souveraine :
« Le 20 octobre^ dimanche.
« Quoique j'y fusse préparé, et que depuis la translation à la Conciergerie je m'y attendisse, cette certitude m'accabla. Je sortis pour parler de ce malheur avec mes amis et M"^" de Fitz-James et le baron de Breteuil, que je ne trouvai pas; je pleurai avec eux, surtout avec M""^ de Fitz-James. La Gaiclteàvx 17 en parle; c'est le 16 que ce crime exécrable a été commis, et la vengeance divine n'a point éclaté sur ces monstres!
(( Le 2 I octobre.
« Je ne pouvais penser qu'à ma perte; il était affreux de n'avoir aucun détail positif. Qu'elle ait été seule dans ses derniers moments, sans consolation, sans personne à qui parler, à qui donner ses dernières volontés, cela fait horreur. Les nions-