‹ La dernieère année de Marie AntoinetteChapitre 40 sur 44 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

En 1816, on découvrit un document, jusqu'alors inconnu, et maintenant immortel : la lettre adressée par Marie-Antoinette à M™^ Elisabeth, le matin du 16 octobre lyoS.

Fouquicr-Tinville, à qui le concierge Bault avait remis cette lettre, s'était abstenu de renvo3^er à sa destination; il Tavait confisquée. Quand, après le 9 thermidor, il fut lui-même mis en jugement, la Convention chargea trois de ses membres de procéder à la vérification des papiers de Tancien accusateur public, devenu à son tour accusé. La lettre de la reine fut jointe à la liasse du procès et revêtue de la signature de Fouquier-Tinville, ainsi que de celle des trois députés délégués de la Convention. Elle passa ensuite entre les mains du conventionnel Courtois, qui avait mission d'examiner les papiers trouvés chez Robespierre. Personne n'avait parlé de la lettre de Marie-Antoinette, et aucun des membres de la famille ro3^ale n'en avait idée, quand Louis XVIII, instruit de l'existence d'un document si précieux, le fit prendre chez M. Courtois.

Le 22 février rSiG, le duc de Richelieu, président du conseil, et le comte Decazes, ministre de la police, en donnèrent lecture, Tun à la Chambre des pairs, l'autre à la Chambre des députés.

« Le roi, dit le duc de Richelieu, a voulu que la Chambre des pairs partageât la première avec lui les sentiments que fait naître un t.l écrit, conservé comme par miracle au milieu de tant dedes-

tractions. Pour le multiplier et le rendre, en quelque sorte, présent à tous les yeux, il en a été gravé un fac-similé, dont il sera distribué un exemplaire à chacun des pairs et des députés. »

Le comte Decazes dit à Tautre Chambre : « Cette lettre est reconnaissable par l'empreinte de récriture de la reine, dont les caractères ne sont nulle part tracés d'une main plus ferme et plus sûre, comme pour montrer le calme de son âme en cet affreux moment. Elle n'est pas signée, mais Tauthenticité en est garantie par un témoignage qui inspire rhorreur... Le testament de la victime est signé de ses bourreaux. Ce testament respire la tendresse d'une mère, d'une épouse, d'une sœur et d'une amie, la dignité d'une reine, la fermeté d'un sage; il est digne d'être entendu à côté de ce testament auguste et saint, qui mérita d'être lu dans la chaire de vérité, après la parole de Dieu. »

Quand le ministre eut fini la lecture de la lettre si pathétique et si touchante, des larmes étaient dans tous les yeux ; l'assemblée tout entière se leva aux cris de Vive le roi !

Les deux Chambres envoyèrent au souverain une députation pour le remercier de la communication qu'il leur avait faite, et pour présenter leurs hommages à Sa Majesté et à M""" la duchesse d'Angoulême. Le chancelier de France, président de la Chambre des pairs, et M. Laine, président de la Chambre des députés, portèrent la parole. Le roi répondit à M. Laine : « Je suis sensible

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