ÉPILOGUE
Morte, Marie-Antoinette a inspiré, comme de son vivant, des dévouements profonds et des sentiments enthousiastes.
Pieux admirateurs de la reine, conservez religieusement son souvenir dans le fond de vos cœurs. Visitez de temps à autre, au château de Versailles, la chambre qu'elle occupa depuis son arrivée à la Cour, cette chambre qu'elle habita dix-neuf ans, où elle mit ses quatre enfants au monde, et d'où elle ne fut arrachée, le 6 octobre 1789, que par l'invasion des assassins. Placez-vous sur ce grand balcon qui est au-dessus de la cour de marbre, et où, le même jour, elle apparut si noble, si courageuse, devant une populace féroce, qu'un enthousiasme irrésistible souleva la foule et que les furies qui voulaient, quelques secondes auparavant, mettre en pièces la fille des Césars, eurent involontairement des larmes dans les yeux, et poussèrent un long cri de : « Vive la reine l »
Faites un pèlerinage au Petit Trianon, séjour légendaire, tout empreint de la poésie et du charme de cette belle et bonne souveraine. Méditez, un matin d'automne, dans cette grotte où pensive, solitaire, elle se recueillait, semblable à la statue de la Mélancolie, quand on vint lui dire que les envahisseurs approchaient.
Agenouillez- vous devant sa tombe, dans la vieille basilique de Saint-Denis, hantée par tant d'ombres royales.
N'oubliez pas non plus de faire de pieuses stations à la chapelle expiatoire, silencieuse et tranquille au milieu de la cité bruyante.
M. Henri Martin l'a dit au Sénat, le 6 février 1879 : « Louis XVI a un monument funèbre comme sa des-
tinée, et devant lequel on ne saurait passer sans émo* tion. Ce monument, élevé par sa famille pendant lesquelques années où le pouvoir lui a été rendu en Franee, est resté debout à travers toutes les révolutions. Au temps même de la plus affreuse guerre civile, au milieu des plus effroyables scènes, il a été respecté. 11 le sera toujours ».
Dans la chapelle expiatoire, à gauche, en face de la statue de Louis XVI, assisté par un ange, regardez le groupe de marbre qui représente Marie-Antoinette, soutenue par la Religion, et, sur le socle, lisez et relisez cette lettre admirable écrite par l'auguste victime, \& jour même de son supplice, à une sainte, Madame Elisabeth. Ne manquez pas la messe qui est dite, chaque année, le 16 octobre, dans la crypte, à Tendroit même où reposèrent les restes de la reine, depuis le 16 octobre 1793 jusqu'au 21 janvier 1815. Mais allez surtout réfléchir dans le cachot de la Conciergerie. Baisez les mains, les pieds, le côté du Christ, que la prisonnière contemplait, et qui fut sa consolation suprême^ Lisez l'inscription gravée sur la plaque de marbre noir, placée derrière le crucifix, et suivez le conseil que vous donnent les deux dernières lignes de cette inscription : « Qui que vous soyez, adorez, admirez et priez > . Quisquis hic ades, adora, admirare, precare.
WN