CHANSONS DE PRINTEMPS
Ce que disent les oiseaax. •— Une grande horloge de la Forêt noire. — Le rossignol et Littré. — Un ténor fourbu. — Le silence — Corbeaux et corbillards.
Que la vie est singulière I II a fallu que j'atteigne quarante-cinq ans pour connaître le Printemps. J'en ai beaucoup entendu parler, j'ai lu beaucoup de vers admirables là-dessus» je me suis trouvé à la campagne
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dans des mois qui correspondaient à la saison printanière, mais enfin je n'ai jamais éprouvé cette joie d'être dans un grand jardin, avec du temps à moi pour voir renaître la Nature. C'est vraiment très joli...
Au début, on est un peu troublé par tous ces bruits d'oiseaux. Tout ce monde gazouillant, sifflant, pépiant, remuant, voletant à la fois vous cause une impression d'agacement; on se dit : « Qu'est-ce qu'ils ont tous à faire couic, couic, comme ça? » Peu à peu, on s'aperçoit que tout est admirablement organisé et l'on a comme l'idée d'une gigantesque horloge de la Forêt noire où les heures seraient annoncées par des oiseaux différents, où les mois qui se succèdent seraient représentés par des saints à grande barbe : saint Pierre, saint Jean, saint Michel.
Tout ce petit monde des arbres finit par emménager, se caser, s'installer. On distingue bientôt les habitudes de chaque oiseau ; il y a les matineux comme le merle ou l'alouette, les couche-tôt comme les frileuses hirondelles qui ont peur de la fraîcheur, les ar-. tistes du soir comme les rossignols et les noctambules comme les hulettes.
Au bout de quelques jours, tout fonctionne régulièrement. Il y a bien quelques querelles entre ménages, quelques coups de bec sous la feuillée, mais c'est à peine une fausse note dans l'universelle harmonie. Vous arrivez à déchiffrer cette musique aérienne comme une partition ordinaire et à distinguer l'air de flûte auquel succède une rentrée de basson. Tout cela vous a troublé d'abord par je ne sais quoi d'espiègle et de désordonné, puis vous frappe,
6 H MANIÈRE B^TA^l'JÎ'S
vous pétrifie presque par le câté fatidique, et peu ^ peu vous charme et vous preu(^ doucement par le côté de régularité et d'hç^bitude.
Il n'est pas jusqu'au coucou qui ne flpisse par te^^r une certaine place dans votre vie. Rien de bizarre en commençant coi^me ce cri : coucpic / coucoif / gui, jeté brusquement dans l'espace à des intervalles fixes, vous arrive des bois lointains. Qn s'y a^ccqulume et une émotion vous saisit quand, vers le 18 juin, ce cri cesse brusquement. Vous pensez à cet oiseé^u que vous n'avez jamais vu et qui vops parlait du fond de la forêt. Pourquoi s'arrête- t-il? Vous sentez que quelque chose vient de finir et vous vous dites : Déjà I
La Nature va devenir plus belle que jamais, elle va prendre les teintes glorieuses de l'été, elle va porter les fruits d'or de la maturité, mais elle ne sera plus juvénile, fraîche, pimpante, chantante comme au printemps.
Le grand ténor, « le chantre des nuits heureuses», se tait bientôt, lui aussi.
C'est bien le vrai compagnon et l'ami de l'écrivain que ce mélodieux rossignol.
Comme Diderot a bien exprimé cela 1
« Le pinson, l'alouette, la linotte, le serin jasent et babillent tant que le jour dure ; le soleil couché, ils fourrent leur tête sous Taile et les voilà endormis.
« C'est alors que le génie prend sa lampe et l'allume, et que l'oiseau solitaire, sauvage, inapprivoisable, brun et triste de plumage, commence son chant, fait retentir le bocage, et rompt mélodieusement le silence et les ténèbres de la nuit. »
Je ne sais rien de touchant comme la page où Littré
raconte les potions que lui donnaient les roulages du rossignol qv^i ét^iit son voisin auMesnil... Depuis 9 heures du SQir jusqu'ç^ 4 heures du matin, Littré travaillait à son dictionnaire et Ts^rtiste ailé venait tenir compagpie è^ ce bénédictin, penché sur ses arides travaux, cherchant péniblement des origines de niots, des étymologies et des acceptions.
Il n'appartenait qu'à notre poétique Zola de vilipender le rossignol et de l'appeler <« un gueulard. »
Au milieu de la nuit paisible, au fond d'une solitude où, CQpime dit Bossuet, « on ne voit pas de vestiges d'hompaes du mqnde, de curieux et de vagabonds», ce chaqt nocturne est d'un charme inexprimable.
L^ grand virtuose s'essaie yers onze heures, presque timidement, pv^is il s'assure, il égrène ses notes perlées et, peii à peu, il semble qu'i^ se mon^e lui-même, que le sileiice qvii se fait de plus en plus intense exerce sur lui Teffet o^citapt que la foule produit sur les acteurs; on dirait q^i'il se sent écouté par un public invisible et muet d'admiration.. . VeTS une heur% il est v6;*itab^enient le roi de la nuit, et à Içi fin on éprouve vin sentipient d'angoisse, oq devine qne ce nerveux se surmène, qu'il ^e liv^e tout entier, et l'on tremble que quelque chose ne se brise dans ce frêle gosier..!
Quelques mois après, vous apercevez un petit oiseau brun et laid, q ui sautille d'arbre en arbre et fai entendre un cri inarticulé: c^est votre rossignol; il croit chanter encore^ il essaie de filer un son qui ne sort pas. C'est le vieux ténor, c'est Capoul, c'est Renarcl, après les soirées triomphales de l'Opéra, venant finir à l'Eldorado...
A mesure que rautomne s'avance, le silence se fait dans le jardin, comme le silence des passions se fait dans l'âme à mesure que la vie s'achève. Vous trouviez que c'était un peu bruyant au commencement, vous trouvez maintenant que c'est un peu morne.
Ce n'est que plus tard que les corbeaux, les oiseaux de la mort, suivis de leurs fils, les corbillards, viennent remplir l'air de leurs croassements.
A certains jours, vous apercevez une immense tache noire dans un champ, une tache qui semble remuer un peu, comme un vêtement de deuil que le vent agiterait. Ce sont des corbeaux qui se rangent en cercle pour juger un des leurs. Par une sorte d'identité bizarre avec les magistrats vêtus de noir comme eux, les corbeaux sont les seuls oiseaux qui se jugent entre eux. Les : couac I couac! que vous en tendez sont des réquisitoires, et peut-être des plaidoiries d'avocats. Après quoi le coupable, qui est généralement le plus faible, est exécuté, tué à coups de bec sur la tête...
Au printemps de l'année, comme au printemps des sociétés, on aime et on chante; l'hiver venu, on ergote, on plaide et on juge
LE COMPTOIR d'escompte {Paysages et croquis.)
Grand-Bourg. — Denferi-Rochereau ou le roman d'un employé de banque. — Châteaux de financiers. — La Solitude, la Briqueterie, Froment, Ris-Orangis. — Les Juifs de grande ceinture.
l'histoire a la campagne 9
— Cahen d'Anvers et les Bergeries. — Draveil et ]a Folie. — Les abbés pour millionnaires. — Un convive qui manque an rendez-vous. — Gens heureux. — Un train spécial. — Une instruction judiciaire qui se prolonge. — Les petits torchons de Cahen d'Anvers. — Les batteurs d'étangs d'autrefois et les siffleurs de faisans sémitiques d'aujourd'hui. — L'ancien régime et le nouveau. —L'affaire du Comptoir d'Escompte. — Intervention peu connue de Sassoon. — Ouvriers et hauts banquiers
— C'est la Haute Banque qui attaque l'Usine. — Essai de portrait d'Alphonse de Rothschild. — Le rat hamster. — Le secret des grands historiens. — Pourquoi Tacite est immortel. — L'état de l'opinion. — Pas une manifestation. — L'aristocratie française rue Saint-Florentin. — • Un réveil de conscience. — La réunion de Neuilly. — La génération qui vient et celle qui s'en va. — Rothschild dans le monde officiel. — Le banquet des chemins de fer. — Yves Guyot. — Les marines de Sebillot. — Les réceptions de Mario Proth. — Sigismond Lacroix. — Richepin et la Guerre aux dieux.
Il est agréable^ sans doute, d'assister au Renouveau ; mais je voudrais bien m'arracher un peu à la séduction légèrement endormante de cette nature et travailler sérieusement.
Je feuillette mes notes sur le Comptoir d^Escompte, et, malgré moi, je reviens à ma fenêtre et je regarde, au-delà de la Seine, le château de ce malheureux Denfert-Rochereau, qui semble placé juste en face de moi pour servir comme d'un commentaire animé à cette catastrophe.
Quel rêve réalisé que l'existence de cet homme I En 1872, il était petit employé au Comptoir d'Escompte, avec 1,200 francs de traitement; il déjeunait d'un cervelas sur un coin de son bureau, et un journal lui servait de nappe. Il épouse la fille de Pinart, il remue des millions, il achète un titre de comte et se paye la croix de commandeur de la Légion d'honneur*
10 LÀ DBBNliaB BATAILL9
Pourquoi commandeur de la Légion d'honneur? A quel propos ?
Il a des chevaux superbes, dos chasses, des domestiques qui l'appellent a monsieur le comle » gros comme le bras; il passe l'été dans ce beau château à
demi vpilé par les grands arbres Que lui ^est£jit-il
à faire? A bénir la Destinée et à rester tranquille
Non; il faut qu'il combine une affaire d'accaparement, qu'il dérange des petits industriels, de§ ouvriers qui ne lui demandent rien et qu'éperdu il en arrive à se tuer. 0 folie humaine !
Il convient de dire que c^ mort a laissé up bon souvenir à ses amis, . — ce qui fait son éloge.
Ces amis défendent sa mémoire; ils disent qu'il avait de généreux projets, qu'il voulait arracher aux Juifs le monopole de certaines affaires, qu'il leur avait déjà enlevé l'emprunt russe. Se mettre entre les mains des Rothschild dans l'espérance de combattre la Jyiverie semble au premier abord illogique, mais n'a rien qui doive étonner, étant donnée la débilité du cerveau des gens qui dirigent les grandes entreprises. Les hommes de TUnion générale se sont confiés à Feder, qui jouait contre eux dans la maison de coulisse dont il était l'associé; les monarchistes ne jurent que par Meyer; les boulangistes ont eu foi dans Naquet. Denfert-Rochereau a peut-être supposé de bonne foi qu'il était de force à mettre Rothschild dedans.
Au moment où les oiseaux chantent, je crois tout ce qu'on me dit; je ne deviens perspicace qu'en octobre
l'hISTOIRB a hh. CAHPACrNB 1 1
Comme partout en SeinQ-QtrQise, ce coin de terre est, d'ailleurs, plein d'enseignements. C'est un fragn^ent de l'histoire de la féodalité industrielle et financière epcadré dans un gracieux paysage.
Rien 4p plaisant aux yeux comme ces pentes gazonnées, ces pelouses aux déclivités douces, ces « cascî^des de verdure », écrivait Léon Gozlan dans ses Châteaux de France, qui descendent pittoresquement vers la Seine. Entre des cclaircies de bois, on aperçoit des châteaux coquets, qui du haut de la colline semblent regarder couler l'eau.
Toutes ces demeures ont eu des hôtes illustres autrefois. Petit-Bourg, qui appartient aux Binder, vit les fêtes offertes par le duc d'Antin à Louis XIV et à Pierre le Grand. Dans Grand-Bourg, plus modeste, était enclavé un petit domaine appelé la Solitude, qui appartenait à un juge du nom de Guillemard, et dont Denfert-Rochereau eut envie. Entre juges et financiers, qui ont l'habitude de traiter ensemble, on s'entend facilement. Denfert-Rochereau fit de Guillemard un administrateur du Comptoir d'Escompte, ce dont celui-ci se réjouissait jadis et dont il est marri aujourd'hui, et il installa à la Solitude ses enfants et l'abbé précepteur, qui est devenu un indispensable personnage dans toute maison de parvenus.
La Briqueterie, qui suit, appartient à M^* Pinart, la veuve du directeur du Comptoir d'Escompte et la belle-mère de M. Denfert-Rochereau; mais cette dame se trouva trop à l'éiroit dans cette demeure, quoiqu'il puisse y tenir un régiment de cavalerie, et alla s'installer à quelques pas, à Promont, une ancienne commanderie de l'ordre du Temple. De
là, elle pouvait communiquer avec M"« HoUander. M"* Hollander, dont la fille vient d'épouser le fils de M"** Pinart, occupe le château de Ris, ancienne habitation de Parlementaires, qui eut pour propriétaires, après la Révolution, le général Andréossy et Tamiral de Rigny.
•Le château de Trousseau, placé entre la Briqueterie et Fromont, joua un rôle indirect dans la catastrophe du Comptoir d'Escompte. C'était une ombre dans l'existence de Denfert-Rochereau ; il comptait bien acheter Trousseau à la prochaine occasion. De cette façon, la famille et ses alliés auraient eu toute la rive, d'Evry-Petit-Bourg à Ris-Orangis. Toute la rive... Vous comprenez ce désir de féodal...
A travers le pont de Ris, où l'on donne un sou de péage, les Juifs, qui ont le bras long, peuvent encore se tendre la main. Ris et Mainville, où Ton admire les Bergeries de Cahen d'Anvers, ne sont pas loin. M"** Hollander est une Morpurgo et M"*» Cahen d'Anvers aussi. Pendant que les Cahen quittaient Anvers, les Morpurgo nous venaient de Trieste, dans l'intention probablement de faire le bonheur des Français et de les soulager dans leur misère.
Les Bergeries, qui furent jadis à M. de Caumartin, garde des sceaux, n'ont pas d'ailleurs coûté grand chose à M. Cahen d'Anvers; elles faisaient partie du domaine de l'Etat. Cahen obtint que l'Etat les mît en vente et il les racheta à vil prix. C'est une grosse affaire pour un paysan français que d'acquérir un hectare en Seine-et-Oiso, où la terre est chère : les Juifs ne sont pas embarrassés pour si peu.
Il n'est pas sans intérêt de nous arrêter ici et de
■voir comment se forment les latifundia judaïques. Dans le Tableau des propriétés appartenant à l'Etat, UD petit volume in-4' que l'on publiait à la fin de chaque année, les Bergeries âgurent comme suit ;
«- 3 3 I is Q
Il i i
Or, par acte passé devant M. le préTet de 8ei»fi-ct- Oise, le 28 octobre 1881, ce domaine fut acquis par M, Cahen d'Anvers, moyennant 360,100 francs.
14 H ^f;^NI$]^E BATAILLE
Malgré \e gaspillage effréné de nos finances^ la France n'en est pas encçre réduite à avoir un besoin urgent de 360,000 francs.
Si M. Oahen d'Anvers était désireux de se constituer, comme totis les grands financiers juifs, un domaine princier en Seine-et-Oise, il aurait parfaitement pu donner un million pour celte fantaisie. Dans le cas contraire, il tombe sous le s^ns que TEtat n^avait aucun intérêt à aliéner une propriété nationale pour la moitié de sa valeur.
Ce qu'il faudrait pouvoir montrer à tous ceux qui s'intéressent à nos études, c'est la difficulté qu'on éprouve toutes les fois qu'on veut voir clair, c'est le désordre volontaire qui règne dans cette î^dininistration française qu'on croit régulière parce qu'elle est paperassière.
Ce Tableau des propriétés appartenant à VEtat était imprimé à l'Imprimerie nationale. Par un illogisme singulier, l'Imprimerie nationale, qui imprime des documents indispensables aux recherches, est le seul établissement qui ne soit pas assujetti au dépôt légal à la Bibliothèque nationale. Ce tableau ne se trouve qu'à la bibliothèque de la Chambre des députés, mais depuis quelques années, il ne paraît plus, faute d'argent ; il est donc impossible d'y constater la vente des Bergeries.
Le fils d'un député, antisémite plein de dévouement, se transporta, au mois de novembre dernier, au ministère des Finances, direction de l'Enregistrement et des Domaines.
— Je voudrais ayoir quelques renseignements sur les Bergeries.
l'hi&toibp a L4 câmpac^nb ]f\
— Comment donc I monsieur, trop heureux de vous élre agréable. Voilà tout le dossier; nous n-avons pas autre chose ; la propriété dont vqus pie parlez n'a jamais été vendue.
Mon œuvre ne sera comprise que plus tard. Quand on aura toutes les pièces entre les mains, quand on pourra se rendre compte de ce que les Juifs ont pris à la France de toutes les manières et sous toutes les formes, grâce à la complicité d'affiliés ou d'hommes 4e leur race, qu'ils ont fourrés dans tous les emplois importants, on s'expliquera qu'il y ait des lacunes dans mes livres ; sur un point même de très minime importance, il faut entreprendre un véritable siège pour arriver à la vérité.
Après avoir traversé Main ville, à gauche, nous trouvons un château de noble apparence, qui date de Louis XIV, avec un abreuvoir à l'entrée et une belle avenue d'arbres taillés en carrés comme du temps du roi Soleil; deux taureaux supportent l'antique écusson qui orne la grille. C'est la demeure du Laveissière, des Métaux. Plus loin est un château plus moderne, la Foli«, où habite un autre Laveissière avec ses enfants et un abbé qui, cette fois, est un Père.
Le brave curé, qu'on invitait jadis au château et qui apprenait aux garçons les rudiments du latin, a fait son temps. C'était d'ordinaire un fils du peuple, sincère et franc, qui ne se gênait pas pour rappeler qu'il y avait un commandement de Dieu ait^si Qonçu :
Bien d'autrui tu ne prendras, Ni retiendras à ton escient.
Cela faisait mauvais effet dans certaines maisons. On préfère des gens plus souples qui, sous prétexte d'instruire les enfants, n'évoquent pas devant les parents de désagréables maximes. De là est sorti Tabbé dont Gyp, de son fin crayon, a dessiné tant de fois la silhouette honnête et légèrement ahurie.
Le Père qui s'est chargé d'inculquer aux jeunes Laveissière les principes de la morale, en glissant sur le syndicat des Métaux, est d'ailleurs un homme aimable et charmant pour lequel j'ai beaucoup d'amitié. J'eus un moment l'espoir de le voir venir déjeuner dans ma chaumière ; je le rencontrai sur la route, je le conviai ; il me promit, mais j'eus beau lui rappeler sa promesse, point ne le vis... Le jour où je l'attendais avec une bonne bouteille que j'avais fait déboucher, il me manda qu'il avait été obligé de
partir subitement en retraite Volontiers je lui
aurais adressé une variante du huitain envoyé par Lamartine, qui n'était pourtant pas amer, à Nadaud qui avait refusé l'invitation du poète pauvre pour accepter celle de la princesse Mathilde :
Hier, le vaincu de Pharsale M'offrit un dîner d'un écu.
Le vin est vert, la nappe est sale, Je n'irai pas chez le vaincu I Mais que la causine d'Auguste M'invite en sa riche maison, Je pars, j'arrive à l'heure juste, Mon Père, vous avez raison.
Tous ces Juifs, ou Judaïsants de grande ceinture, semblent parfaitement heureux et les foudres de la justice ne paraissent guère les inquiéter.
l'histoire a la campagnb 17
J'ai failli être avalé par un employé du chemin de fer de Lyon, parce que je voulais m'introduire dans un train qui se dirigeait sur Corbeil.
— C'est un train spécial. ..
— Quel train spécial ?
— Vous ne savez donc rien? M"® Pinart marie son fils avec M"® HoUander, et l'on a commandé un train spécial pour les invités.
— Avouez, mon ami, que M"*« Pinart aurait mieux fait de remettre l'argent destiné à ce train spécial aux actionnaires du Comptoir d'Escompte, ruinés par son gendre, Denfert-Rochereau.
L'employé se détourna pour sourire. Tout ce petit personnel, en effet, honnête et travailleur, est de cœur avec nous, mais il est terrorisé par les gros bonnets alliés à tous les financiers véreux. Que voulez-vous qu'ils comprennent à tous ces événements, ces hommes droits? Ils lisent dans un journal le détail de quelque méfait commis par les représentants de la Haute Banque, ils apprennent qu'une instruction est ouverte, que des arrestations vont avoir . lieu et, huit jours après, ils voient apparaître, radieux, insolents, superbes, ceux qui ont dépouillé leur prochain.
Les femmesont des toilettes plus originales que jamais; elles échangent entre elles de petits saints ironiques et semblent dire : « Cela passera comme le reste I » Les équipages ont été renouvelés et les purssang qui attendent à la gare emportent en quelques minutes les faiseurs triomphants vers l'opulente demeure qui les attend.
Parfois une paysanne, quand la voiture est partie
18 lUL mcaNlàl^B BATAILLE
dans un nuage de poussière, hasarde une réflexion, comme la vieille que j'entendis murmurer : « Ma fine, si notre homme avait fait un coup comme ça, je ne serais pas si fringante tout de même. »
Le luxe s'étale sans craindre les commentaires. Pour le déjeuner de cent couverts donné quelques • mois après la catastrophe du Comptoir d'Escompte, à l'occasion du mariage du fils Pinart, tous les tapissiers du pays furent mis en réquisition pour planter des tentes, pour poser des tapis. Le repas fut gai et l'on y but probablement à la santé de Prinet.
Se peut-il voir d'ailleurs magistrat plus aimable ? Il avait commencé son instruction en mars, il n'avait pas terminé en septembre, et en décembre aucun mandat d'amener n'avait été décerné (1). Los magistrats d'autrefois auraient mis à l'ombre ces administrateurs peu scrupuleux et placé leurs biens sous sé-
(1) Le 28 décembre, on réunit les actionnaires et, en guise d'étrennes, on leur offrit, au nom des administrateurs, de transiger moyennant 24 millions. Ils acceptèrent et ils parurent heureux. C'est un peu le cas d*un voleur qui dirait h, ses victimes: « Je vous ai pris votre montre, votre chaîne et vos breloques, voulezvous me donner quitus, si je vous rends vos breloques? »
Le piquant de la chose, c*est que les administrateurs, ayant racheté une partie des actions au rabais, c'est à eux-mêmes quMIs distribueront les 24 millions.
La campagne électorale entrepriseparLaur, et particulièrement la réunion de Neuilly, où cette question fut disculée à fond, finirent cependant par émouvoir Topinion publique.
IjO 6 février dernier, après dix mois d'hésitation, on se décida à faire semblant d*agir, et l'on renvoya devant la onzième chambre, à laquelle M, Seligman est attaché comme substitut, MM. Emile Layeiftsière, Secretan, jQubort et Heotsch.
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q^estre; le^ ipagistrs^ts d'aiyourd'hvii laissent |k chacun le temps de dénaturer sa fortune et de la garer de tout accidôut.
Cette façon de comprendre la ji:istice ne vous rappelle-t-elle pas notre jeu de cache- çacl^e de jadis? Celui « qui Tétait » gardait le but et touri^ait la tête en attendant que l^s petits capiarades soient cachés... Parfois ou ne se décida^ P^'S tout de suite pour une cachette : « Non, pas ici. lid, l » Celui qui gardait le but finissait par s'impatienter. « Avez- vous fini? — Pas encore I ^ Soudain, une vpix qui cherchait à dissimuler l'endroit d'où elle venait cyiait:«F... a... Fa... Fait... »
0^^ voit, Tbémis qui, pour cette circonstance,
a emprunté le bandeau de l'Amour, gourmander la lenteur des administrateurs et leur crie? : « Est-ce fait? Avez-vou§ trouvé une pachette pour vos fonds?»
Lorsqu'il s'agit de seryir les intérêts de Rothschild, il en va tout autrement. Les directeurs de TUnion générale, pu le sait, ne réclamaient aucune interr ventiond^ l'Etat; ils demandaient ^eul^ment un délai de quarante-huit heures pour essayer çle se tirer d'affaire tout seulsi. Lp^ let^yes qu'Us ayaiont reçues le matin leur garantissaient un versement (ie 25 millions qui s^u^^it reiuis la Société à flqt... On aurait pu, sans les arrêter, les faire surveiller par des agents. L'ordre de Rotb^chil^ était formel; on arrêta ces directeurjs ep pleine réunion du co^iseil, sur une plainte unique, plainte rédigée d^ns le cab^qet uiême du procureur de la République, dans le^ conditions quQ j'84 racontées, plainte tellement peu fondée
qu'il n'en fut jamais question au cours des débats.
Quand le diable y serait, vous ne persuaderez à personne qu'il y ait égalité entre les Juifs et les Chrétiens, puisque le gouvernement a agi d'une façon absolument différente envers les directeurs de l'Union générale et les administrateurs du Comptoir d'Escompte, puisqu'il est intervenu contre l'Union générale en envoyant Bontoux et Feder au Dépôt, et qu'il est intervenu en faveur du Comptoir d'Escompte en forçant la Banque de France à une avance de cent quarante millions.
Les faits sont les faits.
Il n'est pas douteux que les administrateurs d'un grand établissement de crédit n'aient trahi leur mandat, violé les statuts de leur Société, commis un véritable abus de confiance, en employant à des opérations de jeu les sommes qui leur avaient été confiées en dépôt. Il n'est pas douteux qu'ils n'aient trompé sciemment leurs actionnaires en disant, dans la dernière assemblée générale, le 31 janvier 1889: « Les opérations dont le conseil d'administration vient de vous rendre compte sont confortnes aux prescriptions statutaires et réalisées avec une parfaite régularité /. . . »
Il n'est pas douteux que ces délits ne tombent sous le coup d'articles du Code.
Il n'est pas douteux davantage que si l'on a tant tardé à poursuivre, c'est parce que Rothschild a opposé son veto absolu à toute poursuite, dans la crainte de révélations compromettantes.
C'est Rothschild qui est le grand Juge de France,
l'histoire a la campagne 21
comme il a été, aux dernières élections, le grand
Electeur.
Les protestations de Topinion publique n'inquiètent pas beaucoup les Laveissière et ne les empêcheront pas de chasser dans la forêt de Sénart.
Si Laveissière nous manque, nous aurons toujours Cahen d'Anvers. Nous reverrons ces petits torchons sales qu'on étend sur les grillages. Au premier abord, cette lessive, exposée en plein bois, produit un singulier effet ; on s'approche et Ton aperçoit sur tous ces petits torchons les initiales R. C, surmontées d'une vaste couronne comtale.
A quelques pas, on distingue un groupe haillonneux et triste à regarder. Ce sont les rabatteurs. En hiver, ils frissonnent sous leur blouse et attendent, en battant la semelle, l'arrivée du seigneur... Le voilà lui-même, le teint coloré par un bon déjeuner, vêtu de chaude flanelle sous son costume de chasse. Autour de lui se rangent des gardes à la figure martiale et à l'altitude digne, qui ont l'air d'être des invités, puis des gentilhommes à la mine si obséquieuse et si humble, qu'on les prendrait pour des domestiques...
Un jour de cet automne, je regardais le départ du train pour Fontainebleau. Soudain, je vis une main qui trahissait son origine, esquisser par une portière un petit geste protecteur : « Montez, mon cher, disait Michel Ephrussi à un grand seigneur qui porte un des plus beaux noms de la vieille France, je vous prends dans mon compartiment »
Quand on ne chasse pas, les rabatteurs peuvent encore gagner quelques sous en exerçant la profession
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dé siffleurs pour faisans. Pour qu'on ne m'accuse pas d'exagération, demandons des renseignements, sur ce métier peu connu, à un sémite chasseur, M. Adrien Marx, qui, sous ce titre: La Vie en plein air^ publie des ctirbhiques sportives dans le Figaro.
Après avoir décrit les ennuis auxquels les propriétaires des grandes thasses sont exposés de la part de leurs voisins, M. Adrien Marx ajoute :
Il faudrait être bien naif, ayouez-le, pour ne pas riposter à ces agissements par des opérations, des marches et des contremarches propres à maintenir dans ses propres fourrés des rôtis élevés par soi et nourris par soi. Le surcroît de dépenses qu'impose la lutte n'est rien auprès de ce qtt*il rapporte. Vous payez trois francs par jour un homme pour battre du tambour ou taper sur un chaudron le long d'une limite, mais il suffit qu'il vous conserve tous les jours vingt faisans — qui seraient, sans cela, sûrement occis — pour que vous fassiez une bonne affaire. Il y a dans les pays — théâtres de ces batailles contre la déloyauté d'autrul — des gamins qui se sont fait une spécialité de cet emploi. J'en sais qui pour vingt Sous chantent et sifflent du matin au soir en se promenant à la lisière d*un plant de colza ou de topinambours et paralysent toute velléité de promenade chez les chevaliers errants, à deux et à quatre pattes.
Vous entendez d'ici, dans les Loges maçonniques, les Sémites nantis qui tonnent contre l'ancien régime: « Oui, messieurs> avant notre glorieuse Révolution de 89 (triple salve d'applaudissements), on voyait des paysans réduits à battre les étangs pour protéger contre les coassements des grenouilles le sommeil de leur seigneur. »
Lé siffleur de faisans pour chasses sémitiques me parait remplacer^ avec avantage^ les batteurs d^étangs
l'histoire a la campagne 23
pour grenouilles qui, d'ailleurs, n'ont jamais existé...
Plus j'avance d'ailleurs et plus j'ai la sensation d'écrire la suite directe de l'ouvrage de Taine : les Origines de la France contemporaine. Il est parti avant moi, mais comme il travaille lentement, je le rejoins./i789 et 1889 se confondent tellement, la féodalité industrielle et financière s'est tellement reconstituée dans les cadres mêmes de l'ancienne que si nos livres étaient composés dans la même imprimerie, certains faits d'aujourd'hui pourraient entrer dans le volume de Taine intitulé : la Fin de Vancien régime, sans que personne s'aperçût qu'il y a eu substitution de paquets/
Vous rappelez-vous le passage de Taine sur les actes d'arbitraire auxquels se livraient les seigneurs chasseurs à la fin du dix-huitième siècle ? Le propriétaire d'un champ n'était pas le maître chez lui. Lisez ceci :
A voir ce qui se passe, il semble que le malheureux n'ait pas droit à une place au soleil. En effet, le champ de quiconque ose chasser est entoui?é de hauts grillages inunis d'une porte que le propriétaire ehclavé doit, sous menace de procès, tenir fermée pendant toute la durée de la chasse : être obligé de tenir close une porte qui ne donne accès que sur soi, c'est-à-dire se faire tort à soi-même et servir gratuitement de portier au voisin, c'est raide I et pourtant c'est encore là le beau côté de la médaille. En effet, la fameuàe fermeture, i)resque toujourè roûillée, fonctionne mal; en été elle est envahie par lés ronces et, bien souvent, en hiver, par les eaux, car l'emplacement le plus incommode est toujours celui qui a la préférence» en sorte qu'on ne peut entrer chez soi sans se déchirer les mains, la figure ou les vêtements ou patauger dans l'eau et la boue. Aujourd'hui c'est un pieu ^uitbnibe ou penche sur le terrain enclavé; demain c'est
toute une partie de grillage sans parler des pointes de fil de fer qu'on n'évite pas toujours sans danger.
Il n'y a plus de seigneurs cependant? Tous les citoyens sont égaux devant la loi ? Ecoutez encore.
Lorsqu'une personne quelconque a la témérité d'acheter un coin de terre à proximité de certains grands domaines, elle est immédiatement, et par ce seul fait, considérée comme un ennemi et traitée en conséquence.
S'il s'agit d'un ouvrier, il est impitoyablement privé de travail s'il n'accepte pas, pour la vente ou la location de son terrain, les conditions de l'autoritaire et peu scrupuleux représentant du puissant voisin.
Si c'est un chasseur,c'est pis encore. Toutes les vexations et les tyrannies lui sont réservées. Des gamins, dits gardiens de faisans, payés pour effrayer son gibier, font, du matin au soir, à proximité de ses champs, le vacarme le plus assourdissant en chantant, sifflant, fouettant, crécelant, jouant de la trompette, battant du tambour, carillonnant sur des casseroles, des chaudrons, des faulx, etc., ou poussent des cris sauvages qui effraient et indisposent le public.
Le petit a peur de son terrible voisin. Ce n'est pas lui qui a commencé la guerre mais c'est lui qui demande la paix; il est bien modeste dans ses désirs, comme nous l'écrivait un paysan en envoyant son adhésion à la Ligue anti-sémitique, il voudrait « qu'on eût le droit de tuer un faisan sur soimême ». Non ! un vilain n'a pas le droit de posséder, fût-ce un lopin de terre, dès qu'il porte ombrage au très haut seigneur, M. de Rothschild.
C'est en vain que le chasseur tyrannisé se montre conciliant et prêt, pour être agréable à son voisin, à accepter un échange de chasse. Ce n'est pas suffisant. C'est son bien môme que, par esprit d'envahissement, on veut avoir, à tout
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prix, ou plutôt au plus bas prix. Je connais deux instituteurs qui, prenant au sérieux le droit qu'a chaque citoyen de devenir propriétaire, ont osé acheter quelques coins de terre à proximité du domaine de deux grands seigneurs israélites: l'un a été forcé de quitter sa commune; l'autre a été l'objet de persécutions révoltantes dont il a fait un résumé complet qu'il a rintention de publier un jour sous ce titre : Une nouvelle vigne de Naboth au dix-neuvième siècle. Qu'un malheureux, chargé de famille, privé de toutes les jouissances de la vie et manquant de pain, ait de la jalousie contre ie riche, c'est mal, très mal, toutefois excusable ; mais que ceux qui vivent dans l'abondance et le superflu et ont plus que per sonne intérêt à ce qu'il ne soit porté aucune atteinte au droit de propriété, osent jeter un œil de convoitise sur le bien d'autrui, sur le lopin de terre que le pauvre arrose chaque jour de sa sueur, c'est quelque chose d'odieux, c'est un scandale.
— C'est le livre d'un socialiste que vous citez là?
Non, c'est une modeste plaquette, une brochure de simple apparence, éditée à l'imprimerie du Briard (1). C'est la protestation d'un maire de Seine-et-Marne qui lève un coin du voile et qui laisse deviner, plus encore qu'il n'attaque, l'effioyable tyrannie que les Juifs possesseurs de Latifundia font peser sur tout le département avec la complicité de préfets qu'ils désignent eux-mêmes et la connivence des hauts fonctionnaires de l'administration des forêts, qui se vantent publiquement de ne recevoir d'ordres que des Rothschild.
Allons, les Francs-maçons, âmes de boue et cœurs
(i.) La chasse et ses abus dans le département de Seine-et-Marne^ notamment dans les cantons de Lagny, Tournan et Rozoy^ par Levesque, ancien maire de Villeneuve-Saint-Denis. — Provins, imprimerie du Briard,
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de Valets, allotis, les sportulaires de la gauche qui vivez aux crochets des banques juives, allons, la Clémente Amitié, vomissez quelques injures contre un vieux prêtre français et battez un triple houzé en l'honneur du suzerain de Seine-et-Marne, le Rothschild de Francfort.
Ce que je viens de ^ire me dispense d'insister sur TafFaire des Cuivres elle-même. Laur avait, dans un discours véritablement prophétique, dénoncé les dangers et rimihoràlité de celte monstrueuse opération d'accaparement : Opportunistes et broitiers ont été d'accord pour le huer. J'ai expliqué longuement Taffaire dans la Fin d'un monde. Ce que j'ai dit à cette époque, pas plus que ce qu'avait dit Laur, n'a pu empêcher la catastrophe ni décider le gouvernenieût à appliquer lés lois. Je constate cependant qu'éclairés par tàhl de désastres, les gens commencent à hausser les épaules quand lés feuilles juives me traitent d'énérgumène ; ils comprennent maintenant combien mon œuvre est sérieuse et avec quel soin je me suis renseigné avant d'écrire.
Les Rothschild ont joué leur jeu habituel ; ils ont amorcé les SecretàU et les Laveissière par l'appât du gain; ils les ont lancés en avant en leur promettant de les soutenir et, quand leur concours a été réclamé, ils se sont bien gardés de le donner; ils ont serré au contraire la corde qu'ils avaient passée au cou de leurs complices, ils ont joué à la baisse contre eux à Londres et le coup a été fait.
C'est le coup géminé qui réussit toujours à Israël et qu'il recommence toujours. Les Rothschild ont,
aoa seulement réaU$é fin bénéfice éqorn^e, mais comme agents de Bismarck, cp^ipt^e assqciés de Bleischroeder et banquiers 4e la Triple Alliance, ils Qntyuiné le second établissement national de France, le seul établissement qui eût pu nous rendre quelques services en temps de guerre. Quand ils auront détruit encore quelques établissements de second ordre, il n'y auî'a plus qu'eux, ils tiendront la clef du coffrefort de la France, ils seront les rois absolus.
En cette occasion les Rothschild semblent même avoir poursuivi un triple but.
Oe qu'on ignore généralement, en effet, c'est qu'un des principaux acteurs dans le drame du Comptoir d*Escompte fut Sassoon. La catastrophe, je puis Taffirmer de source certaine, était annoi^cée à Haïphong, la veille du jour où elle se produisit à Paris. Los (succursales du Comptoir d'Escompte en Orient, dans rindo-Chine et dans l'Inde, avaient une importance coni^idérable et faisaient obstacle aux Sassoon qui s'efforcent de centraliser entre leurs doigts crochus toutes les affaires ûpancières de ces régions, de devenir pour TOrieut ce que les Rothschild sont pour l'Europe ; ils ont déjà monopolisé à peu près complèten^çnt le çqmmerce de l'opium et ils empoisonnent les Chinois avec entrain.
Edouard Sassoon, gendre du baron Gustave de Rothschild, e^tun Juif moitié anglais, moitié indien, avec unteint de safran et une figure en lame de couteau, agrémentée d'ui^e moustache noire et de favoris rasant de longues oreilles; il se maria au temple de la rue de la Victoire au son d'une excellente musique, et Reyer, invité à la cérémonies fit môme une scène
à la baronne de Rothschild parce qu'on lui avait donné des billets bleus au lieu de billets blancs.
Le gendre de Gustave de Rothschild édifie sa famille par sa ferveur et, lors des fêtes de Peçah en 1888, il fit office de Hazan et ce fut lui qui le premier récita THaftarah, ce dont les Archives israélites le complimentèrent.
On vous dit qu'il n'y a plus de sujets de roman : il y en a trop... Voilà un petit commerçant qui a travaillé toute sa vie ; il ne veut pas spéculer, il place son modeste avoir en actions du Comptoir d'Escompte qu^il regarde comme un placement de tout repos ; il se réfugie à la campagne, à Montfermeil ou àNogent, et il dort tranquille convaincu qu'avec des administrateurs aussi décorés son saint -frusquin est en sûreté. Patatras! Un Sassoon venu des bords du Gange tombe dans ce bonheur et enlève à ce vieillard le fruit de ses économies...
N'est-ce pas, d'ailleurs, le roman fait homme que ce Juif toujours en mouvement, toujours en train de préparer quelque mauvais tour au prochain, toujours suspendu au fil du télégraphe pour bouleverser le pauvre monde ?
Le Juif évidemment voit tout autrement que nous; il se détermine par d'autres mobiles que ceux qui nous font agir.
En raisonnant d'après la simple logique on aurait compris que des ouvriers qui gagnent à peine de quoi vivre, des fondeurs, des tourneurs en cuivre se soient lassés d'une vie rude, qu'ils aient pris leurs outils, qu'ils se soient rués sur un établissement financier et qu'ils l'aient mis au pillage.
L'acte, sans doute, aurait été repréhensible, mais enfin il se serait expliqué. Personne dans le monde des travailleurs ne s'est porté à une violence de ce genre ; depuis dix-huit ans le prolétaire n'a pas bougé; l'homme qui bouge, l'homme qui attaque un grand établissement français et qui finit par le détruire ne peut absolument invoquer aucune excuse.
Cet homme a tout ce que l'or peut donner : il jetterait des billets de banque par la fenêtre pendant toute une journée que le soir venu, il serait encore plus riche qu'un roi ; il a des châteaux princiers, des palais magnifiques oii toutes les merveilles du Passé, tous les chefs-d'œuvre des maîtres de l'art sont rassemblés dans un ensemble éblouissant; il a des chasses incomparables, des bois immenses, des eaux jaillissantes, qui versent une douce fraîcheur au milieu de l'été torride; il a des volières grandes comme des maisons où chantent des oiseaux au plumage éclatant; il a des appartements vastes comme ceux de Versailles où, sur un mot de lui envoyé par le télégraphe, viendraient roucouler tous les ténors et toutes les prima donna de l'univers.
Cet homme qui a tout converse dans un salon somptueux avec d'autres hommes presque aussi riches que lui et dit : « Il y a un ouvrier qui passe en ce moment, un peu las de sa tâche, dans une rue de Bellevilleoude Ménilmontant ; c'est celui-là que nous visons et que nous allons déranger de son travail par une gigantesque opération financière. Cela nous procurera plus de millions encore. »
C'est le Capital — et quel Capital! — qui provoque }e Travail, qui ruine TÉpargne : c'est le Palais
gui déçlarç la guerre à TUsine, ce sont ^es ^i\^iayds gui s'insurgeï^t contre les Sous (1)...
Il faudrait la \ l^me du Dumas, qui a éç^it certaipa portraits inoubliables des Lettres de Junius, pour analyser à fond l'être qui accomplit ces choses sans en éprouver le plus léger émoi de conscience.
Ces étres-l£^ sont difficiles à peindre, car il est malaisé de démêler en ces natures ce qui est d'obédience génésique, de fatalité de race, de nécessité de fonction et ce que Tindividualité elle-même ajoute de passionnel, de violent, de personnellement voulu à Texécution de la consigne du Kahal.
Le type chez Alphonse de Rothschild appartient à Tordre des rongeurs ; à le voir, il fait Teffet d'un rat blanc et c'est un rs^t blanc en effet, un rat colossal du genre hamster, rat tout particulier qui a des abat-
(1) Les 3 milliards de Rothschild représentent à peu près le salaire de 3 millions d^ouvriers travaillant toute une année, sans un jour de repos, à 3 francs par jour. Le salaire de 456,621 ouvriers travaillant une année à 6 francs par jour n'atteindrait q\ie 999,999,999 francs.
En admettant qu'Alphonse de Rothschild n'ait personnellement augmenté sa fortune que d'un milliard; — qu'il ait 60 ans (il n'en a» je crois, qu'environ 58) ; — qu'il ait commencé à travailler à 10 ans révolus et qu'il n'ait donné qu'une moyenne de 7 heures par jour; cette augmentation de fortune suppose un gain de 53 fr. 65 par minute. Un homme parlant seul ne pourrait au maximum prononcer que 40motsen moyenne dans ce laps de temps, — en forçant un peu.
Les ou'Tiers peuvent se rendre à la Chambre où, d'ailleurs, on refuse de ^es recevoir en blouse, à moins qu'ils ne soient députés, ils sont sûrs de ne jamais entendre les bons radicaux parler de tout cela à la tribune pas plu«, du reste, que dans leurs journaux; ils trouvent plus simple d'altaquer un malheureux capucin qui fait maigre toute l'année et qui vit avec 500 franco par %u .
jouesi pour y acçuinul^r les p^^Qy^çicui^. 0e rongeur léviathaoesque joue de ses dents, de ses cisailles, au3si biei) la piU( que le joi^r. Il se creuse des galeries à la fois de parcours pt 4e garde dans le blindage des navires comme dans le plancher des maisons. Pour Tassomn^er il faudrait lui faire crouler la maison sur la tête ou couler le navire ; c'est là sa force, car c'est grosse affaire à tenter et on y regarde à deux fois (i)y
Ce rongeur abuse de la situation, il grignote toute une flotte en se faisant rat d*eau pour la traversée ; il sapeHovite une ville en trottant par les caves et en grimpant à travers les greniers. Infatigable, il visite toutes les armoires qu'il met à sac et tous les gardemangei*s qu'il niet à sec.
Nulle trace : à peine un débris poussiéreux ou un crottin desséché que la bête a laissé comme indice de son passage. Nul bruit : ce n'est pas le fauve avec ses rugissements et ses grands battements de queue... quelques coups de dei^ts rapides, à la morsure terrible, un gémissement sourd, un râle de victime et plus rien... Le rongeur est déjà rentré dans sqi^ trou, il se terre sous un meuble dans le salon ou sou^
(1) « Le rat, écrit Toussenel, dit l'invasion des Barbares; telle horde, tel rat: à chaque occupation de la superficie correspond une occupation du sous-sol. Il y a eu le rat des Qoths, le rat des Vandales^ le rat des Huns; il y a le rat normand, anglais et le rat tertiaire moscovite. On pourrait compter les couches des Barbare» qui se sont superposées l'une à l'autre sur notre sol par le nombre des variétés de rats que le sol a successivement nourris. »
Les Sémites, en envahissant la France, ont amené leur rat à eux, et le rat brun, le rat indigène, le rat parisien a complètement dispara depuis 1^ comipencement de ce siècle.
une futaille dans la cave, et de là il guette une autre proie...
Rothschild a étranglé l'Union générale, il a étranglé le Comptoir d'Escompte, il étranglera la France, mais, à part le léger crottin poussiéreux dont je parle, on ne trouve pas grand' chose quand on arrive sur le théâtre de l'accident. On aperçoit un monsieur à favoris blancs qui vous demande avec une ironie ■froide ce que vous cherchez. — Nous cherchons un rat de la grosse espèce qui cause des ravages affreux. — Désolé de ne pouvoir vous renseigner I Moi je suis membre du Jockey-Olub et de l'Académie des*Beaux- Arts ; si vous ouvrez une souscription, voilà mon louis...
L'homme en lui-même est intéressant quand on le . regarde de près, qu'on le suit à travers les rues, alors qu'il est lui-même et qu'il flirte dans Paris toujours suivi de deux agents qui veillent sur sa précieuse personne. Il a le type slave beaucoup plus que lé type allemand; il y a en lui comme dans Bismarck, qui est plus Touranien que Germain, un czar rêvant de toute puissance, d'autocratie cruelle, d'autorité sans limites et sans contrôle. Au physique même le Sémite est très mâtiné en lui. Comme beaucoup de Juifs, d'ailleurs, il exècre au fond la race dans laquelle il est né et, s'il n'était pas le roi des Juifs, il souhaiterait l'extermination de ce peuple maudit dont il a par-dessus les épaules.
Au contraire de Bismarck qui est biberonnier comme Falstaff, il est sobre comme Shylock, mais s'il n'était pas inexorablement maintenu par le séculaire Kahal, condamné ^ être impénétrable pour
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accomplir une implacable mission, dominé aussi par un incommensurable besoin d'acquisivité, il aurait des visées d'indépendance personnelle, il deviendrait volontiers fantaisiste, peut-être même alcoolique ou morphinomane, poursuiveur de chimères et de rêves à forme artistique. Examinez en effet le haut de la figure, il n'est point vulgaire ; les yeux même, quoique clignotants et miteux, ont une certaine expression; ce qui animalise l'être c'est le bas du visage qui est horrible; la bouche sans lèvres, avançant comme pour happer et mordre, est tout à fait d'un rat...
Après avoir regardé l'homme qui agit, l'historien social doit étudier l'effet produit sur autrui par cette action et là encore il a de précieuses notes à recueillir.
Beaucoup s'imaginent à tort que, pour écrire une page d'histoire sociale qui émeuve profondément, il faut quintessencier, raffiner, subtiliser ou bien en:: core s'efforcer de rassembler des détails plus ou moins scandaleux. Rien n'est plus faux : il faut, au contraire, prendre des faits d'une notoriété presque banale, des faits qui soient connus de tous, rechercher l'impression que chaque classe de la société a ressentie devant ces faits, montrer par cette impression quel est l'état de conscience du pays.
Ne vous y trompez pas, ce qui a fait de Tacite le plus grand historien de tous les temps, c'est que cet homme, dont le nom signifie silence et dont l'œuvre parlera éternellement, a introduit pour la première fois l'âme des foules et des corps constitués dans l'histoire. Dans la peinture de la cour de Tibère ou
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^e NérQû, cen'eslnirEmpereur,pi S^aïi,^iP^Uîta qui m'intéressem le plus, c'est Rome elle-même, c'est le Sénat, cet être collectif dont j'apergois les transes et les lâchetés, dont je surprends en quelque (^çon les coliques à chaque mouvement du Prince, (iont je devine les flux de ventre dans le laticlave. ; Disons Tancienne France, tout ce quiblessaU le sentiI^e^t 4e la justice innée dans Tâme de uqs pères, tput ce qui attaquait les intérêts des natifs, toi^t ce qui était même une simple atteinte aux usages et aux traditions était une occasion de manifestations bruyantes, de protestations indignées, de chansons et de charivaris. ATheure actuelle, cette nation que Ton nous représente comme perpétuellement en ébuUition est devenue plus facile à conduire qu'un troupeau. C'est Rothschild lui-même qui l'a dit : çç Les Frwç^is sont comme les moutons, ils aiment ^ être toiidus, cela les rafraîchit. »
Après ce coup du Comptoir d'Escompte dont tout te*ïnonde parlait à Paris, il n'est pas venu à 200 personnes l'idée qui serait venue de suite à des Parisiens ^'autrefois, l'idée d'aller faire du tapage rue Saint- Florentin, d'aller siffler et chansonner le Juif allemand. Les ouvriers de l'usine Cail, menacés d'être jetés sur le pavé, n'ont jamais songé une minute à manifester devant l'hôtel de Bamberger.
Sans doute, en pareille occurrence, toute la mécanique gouvernementale, qui reste inerte devant les fc\its (l'accaparement, se serait mise en mouvement. Rothschild a le droit de saccager un établissement national, vous n'avez pas le droit de briser une vitre ^ son palais. On vous aurait dit : « Vous troublez
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Tordte j>, comme si lui-même ne Tavait pas troublé bien davantage en jetant la panique sur le marché de Paris. En tout cas on n'a eu à dire cela à personne, car personne n'a caressé» un seul instant, un aussi criminel projet ; pas un groupe ne s'est formé devant cet hôtel de Tlnfantado qui, depuis Talleyrand jusqu'à Rothschild, semble voué par destination à abriter toujours la Trahison...
En voyant la façon dont les volés acceptent tout aujourd'hui, on est tenté de répéter avec Sieyès : a J'en veux à la lâcheté, à la bassesse des victimes, je les méprise, je vois qu'elles ne souffrent pas tout ce qu'elles méritent, qu'elles n'en ont pas encore assez, je vois qu'elles s'enorgueillissent de leur abjection, de leur malheur et je ris non de gaîté, mais de mépris. »
Vous avez regardé la Poule, régardez maintenant l'Élite. Vous n'avez pas besoin d'aller chercher bien loin l'impression qu'ont eue de ces événements ceux qui personnifient la France monarchique, les porteurs de noms illustres, les descendants de connétables et de maréchaux. Quelques jours après, les Rothschilds ouvraient leurs salons pour une fête et le patriciat accourait, comme s'il eût voulu féliciter les princes d'Israël du bon tour qu'ils avaient joué aux Français.
Le cadre est splendide comme d'habitude. Ecoutez plutôt la description lyrique de VÉvénement (1).
(i) Événémintt 15 liai 1889.
Il est onze heures. Encadré dans ses grilles solennelles, le portail monumental de Thôtel du grand banquier laisse passer les équipages; ils s'arrêtent sous un flot de lumière devant ie large perron qui présente, au fond de la cour, ses degrés hospitaliers. Les lions énormes qui y sont accroupis semblent regarder d'un air doux les fraîches toilettes et les souriants visages passant devant eux.
Le vestibule s'ouvre avec ses proportions colossales et son caractère de sévère magnificence. Soutenu par des' colonnes ioniques, dallé de marbre blanc et noir, il est orné de statues dont les piédestaux disparaissent sous des buissons d'azalées. Dans un renfoncement, deux dauphins entrecroisés forment une fontaine qui distille goutte à goutte sa fraîcheur et son harmonie; des guirlandes de fleurs y mêlent les grâces de leur coloris et de leur parfum.
Une haie de laquais se tient immobile, en livrée d'une sobre élégance : veste à pans gros bleu garnie d'une double rangée de boutons de cuivre plats, sans armoiries et sans chifTre, laissant à peine entrevoir l'extiémité du gilet de panne jonquille; bas de soie rose, souliers à boucle; point de poudre.
L'escalier est immense. Au-dessus du palier, de blanches statues s'alignent dans les niches dont le rebord est jonché de roses; telles devaient être les ofTrandes aux divinités de l'Olympe, au Parthénon ou à Delphes. Le plafond s'arrondit en voussures percées d'œils-de-bœuf...
En montant, on aperçoit l'enfilade de salons, par de grandes fenêtres vitrées qui permettront tout à l'heure de regarder, comme des loges d'un théâtre, le flot grandissant des invités, arrivant dans le chatoiement des traînes soyeuses, le nuage des dentelles encore jetées sur les épaules nues, la fulguration des pierreries pareilles à des constellations en marche.
La foule respectueuse et émue défile devant les huissiers « qui introduisent sans annoncer. »
La baronne Alphonse est en blanc et « son avenant accueil rehausse son immuable beauté. » M"* Mau-
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rice Ephrussi est en rose. Un seul rang de perles au cou et une abeille de diamants dans le*s cheveux 0 On dirait, s'écrie le chroniqueur enthousiasmé, V Aurore descendue de VEmpyrée pour sourire de plus près aux mortels. »
Tout le personnel accoutumé est là, et il nous faut abréger un peu Tinterminable liste de VÉvénement,
Voici rambassadrice d'Autriche en tulle crème parsemé de violettes de Parme ; Tambassadrice dltalie, en polonaise de faille noire avec devant brodé vert émeraude ; la comtesse dePourtalès en tulle et satin vert gazon drapé de guirlandes de roses thé ; la princesse Murât en tulle bleu céleste sur une traîne de satin pareille, relevée de roses soufre, pluie de diamants au cou ; la princesse de Broglie en satin bouton d'or; la duchesse de Morny en tulle aurore, style Pompadour, tout fleuri de roses de mai; la marquise de Gallifet en toilette orange avec ceinture empire gris argent et bretelles d'or ; la marquise de Massa, la marquise «le Saint-Sauveur dans un nuage de tulle coquelicot.
Voici encore la comtesse de Belbeuf; la comtesse i)ucos, la vicomtesse de La Rochebrochard, la comtesse de Meffray, en drap d'argent ; la vicomtesse de Montreuil, la comtesse d'Alsace; la marquise de Massa, la marquise de Chaponnay, la baronne Reille, la vicomtesse de Groy, madame de Salverte.
Les hommes sont de marque eux aussi.
Voici le duc et le prince de Broglie, le baron Haussmann, le comte de Galard, le prince Murât, M. Magnin, gouverneur de la Banque de France, le comte de Chabrol, le comte d'Andigné, le comte de Gabriac, le baron Reill ', le duc de Montmorency, MM. Dubois de l'Étang, Girod de l'Ain, le baron Calvet-Rogniat, MM. Chevandier de Valdrôme, Urbain Chevreau, le baron de la Bastide.
Rien ne manque à la fête, pas même Marie- Antoinette, dont le portrait, nous apprend toujoursuoti e guide « fait précisément face à la fenêtre devant kquelle Téchafaud de la reine fut dressé. » Oe n'e^t plus le centenaire de 89 c'est le centenaire de 93. Le clavecin de l'infortunée souveraine est à Ferrièrep, son portrait est rue Saint-Florentin, les Montmorency tricotent des jambes dans les salons d'un Juif. C'est complet...
Aussi bien la fête bat son plein et le baron Alphonse (7e Rothschild lui-même vient de faire un tour de valse avec la baronne d'Hervey de Saint- Denis, qui après une telle galanterie ne saurait se déterminer à partir encore.
Dans la salle du buffet on commence à souper en attendant que de petites tables y soient dressées après le cotillon.
Elle est ornée de cinq grands lustres de cristal de roche et percée de cinq grandes croisées qu'enveloppent des rideaux de satin orange, à bandes de soie blanche, brodée de fl'urs de nuances variées. Des peintures pompéiennes décorent les murailles, d'un côté; Tautre paroi est recouverte de glaces où se mire un beau buste du seizième siècle. Au bout de la pièce, dans une grande niche de marbre gris, incrusté de cuivre, on voit une remarquable statue de Vénus se garant contre une flèche que veut lui décocher l'Amour.
En constatant la présence, rue Saint-Florentin, de tous ces grands seigneurs accourus pour faire des courbettes chez les Rothschild, après la catastrophe du Comptoir d'Escompte, il est juste de reconnaître qu'une salutaire réaction est en train de se produire.
La réunion de Neuilly, qui a eu un retentissement européen, est un témoignage éclatant de ce fait.
On a pu voir, fraternellement mêlés aux ouvriers, rapprochés des travailleurs par un élan de patriotisme
et de justice, des gentilshommes dont le nom évoque les plus belles pages de notre histoire :1e prince d« Tarente, le duc de Luynes, le duc d'Uzès, le comte de Gontaut-Biron, le comte de Dion, le vicomte de Ker?eguen, le marquis de Saulty, le baron de Meyronnet, le vicomte deBreteuil,le prince Poniatowsky.
A Taccueil qu'a reçu notre vaillant ami, le marquis de Mores, quand il a affirmé en termes éloquents le dégoût que la France entière éprouvait pour la Juiverie, les représentants de l'aristocratie ont dû comprendre /combien tous les Fr ançais seraient disposés à s'embrasser, si le Juif, payé par l'Allemagne, n'était pas toujours là pour souffler la discorde, pour envenimer les malentendus, pour nous pousser constamment à nous battre entre nous. /
La foule aristocratique qui se pressait au mois de mai dernier dans les salons de M. de Rothschild représente dix-huit ans de la vie de Paris, une période spéciale pendant laquelle l'influence juive, correspondant à Thégémonie de l'Allemagne dans le monde, a été vraiment à son apogée dans la vie parisienne.
Pour tous ces grands seigneurs et ces grandes dames, le Juif apparaissait comme un bienfaiteur. Sur l'assurance que leur en avait donnée le comte de Paris, ces bonnes gens étaient convaincus que Rothschild n'avait qu'un désir : celui de restaurer la monarchie ; en attendant il restaurait les estomacs par de bons dîners et distrayait les yeux par de belles fêtes...
Au bout de dix-huit ans, tout ce monde a fini par s'apercevoir qu'il avait été déplorablement mystifié. Il n'est pas de vileoie que les Juifs n'aient fait à ces
êtres bien superficiels, bien légers sans doute, mais honnêtes et sans fiel. Ceux auxquels la ruiné de TUnion générale avait laissé quelques plumes les ont perdues dans d'autres affaires, sur la foi de renseignements que les barons hébreux, d'accord avec leurs compères de la Bourse, fournissaient à leurs prétendus amis sous le sceau du plus inviolable secret. Ceux mêmes qui ne se sont pas occupés d'alTaires se sont trouvés à demi ruinés parles crises industrielles et agricoles produites par Tinsatiable avidité des Juifs.
Là, cependant, n'est point la cause déterminante de Taversion que les gens de cœur, dans la haute société, commencent à éprouver pour tout ce qui est Juif ; cette cause est moins personnelle et plus élevée. Sans apercevoir toute Timportance de la question sociale, beaucoup de vrais Français ont été indignés du sans-laçon avec lequel les Juifs allemands opéraient leurs razzias, traitant la France en pays conquis, renversant tout ce qui les gênait ; êtres de délicatesse et d'impression, ceux-là ont été moins choqués peut-être de l'acte lui-même que de la brutalité, du cynisme, du goujatisme delà forme.
Ce qui est certain, c'est que le monde véritable ne cache pas qu'il en a des Juifs par-dessus les épaules. Dans les grands cercles, on ne leur épargne pas les avanies ; on raconte devant les Juifs mondains les méfaits commis par la bande, les suicides causés par elle.
Edouard de Rothschild, le fils d'Alphonse de Rothschild, a été honteusement éconduit lorsqu'il s'est présenté au Jockey-Club et à l'Union; il y a dix ans, il aurait été reçu d'acclamation...
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Au cercle de la rue Royale, la galerie encourageait de ses sympathies le marquis de Mores, taillant au baccara contre Maurice Ephrussi et, lorsqu'il gagnait, disant gaiement au gendre de Rothschild : « Encore de l'argent pour servir à la propagande antisémitique ! » Un autre se serait fâché. Le Juif ne se fâche pas ; il masque sa colère sous un sourire jaune et il songe, à part lui, qu'il se vengera sur nos malheureux paysans français en agiotant davantage encore sur les blés.
La génération qui vieillit n'osera jamais aller jusqu'à la rupture complète ; elle a ses habitudes prises; elle est liée aux Juifs par les souvenirs d'une existence qui a été commune pendant de longues années. Rothschild ferait sauter demain la Banque de France et donnerait un bal huit jours après, qu'il aurait toujours son salon plein et que la « grande liste » serait fidèle au rendez- vous.
La génération qui a passé par l'armée est différente; elle n'a pas eu l'occasion de fréquenter les hôtels sémitiques et elle ne semble guère disposée à en apprendre le chemin.
Les pères sont les premiers à dire à leurs fils: « Nous avons vécu avec les Juifs, cela ne nous a pas réussi et nous nous sommes déconsidérés comme à plaisir. Vous avez la chance d'entrer dans la vie libres de tout engagement avec la Juiverie, tant mieux pour vous ! Que notre exemple vous profite I »
Pour écrire une histoire sociale complète, il faut tenir compte de ces nuances qui révèlent la transformation qui s'opère dans les esprits.
Après avoir admiré Alphonse de Rothschild dans sa gloii-e mondaine, il nous reste à le suivre au milieu de la pompe officielle. Oelle-ci ne lui a pas manqué, et, au mois de septembre dernier, nous le voyons présider ie banqucL ùca directeurs de ch emins de fer; à sa droite, est assis le ministre des Travaux publics, Yves Guyot.
Sans doute, avec les idées d'austérité qu'évoquait jadis le mot seul de République, il semble étonnant au premier abord qu'un ministre républicain s'asseye à côté d'un homme qui a été mêlé à une affaire d'accaparement et qui, en conséquence, est sous le coup de poursuites judiciaires.
Pourquoi voulez-vous, cependant, qu'Yves Guyot qui, après tout, est un pauvre diable, qui ne possède aucune fortune personnelle, ait l'àme plus fîère que le duc de Montmorency, se montre plus difficile que les Reille qui affichent des sentiments ultra-catholiques?
Vers 1867, Yves Guyot était employé par Nadar à gonfler les petits ballons qui s'élevaient avant le grand dans les ascensions publiques. Nadar, mon voisin de l'Ermitage, me rappelait ce souvenir cet été en prenant un apéritif sous la tonnelle. A Bruxelles, Guyot oublia de gonfler les ballons. Nadar se mit en colère, Guyot pleura et Nadar, qui est bon, pardonna (1).
(1) Guyot, ministre, ne se souvint pas de la clémence de Nadar envers le gonQeur de bail )ns délinquant; il mit en retrait d'emploi un ingénieur dépendant du ministère des Travaux publics. C'était cruel, car Guyot avait initié lui-môme M. Soulié aux droits
l'histoire a la campagne 43
Sébillot, le beau-frère de Guyot, se préparait à occuper les hautes fonctions de directeur de la comptabilité en peignant des mariaes qui, je dois le dire, se vendaient difficilement. C'était un spécialiste, il ne peignait que des marées basses... Jamais, malgré toutes les instances» il ne voulut peindre une marée haute; peut-être qu'il ne savait pas...
J'ai toujours été faible pour les camarades, je trouvai certain charme à ces grèves mélancoliques avec leurs varechs- encore tout luisants d'eau salée et leurs rochers verdâtres et polis par la mer. Je le dis dans le Petit Journal, où je rendais compte du Salon, et Sébillot voulut à toute force qu'il y eût chez moi une esquisse de lui. Je l'ai encore : elle représente naturellement une marée basse...
qa'a tout homme libre de manifester son opinion. M. Soulié rappela cette histoire au ministre dans une lettre assez dure :
« J'ai connu autrefois M. Yves Guyot, conseiller municipal do Paris, qui me présenta comme membre à la Ligue des contribuables (rue de Lancry, Paris). Il trouvait peut-être bon alors que je fisse de la politique ; du reste, il défendait à ce moment les petits contre les puissants; il luttait contre l'envahissement de la haute banque juive qui a aujourd'hui mis la France en coupe réglée.
« M. Yves Guyot a, un jour, adoré ce qu'il brûlait la veille ; aussi est-il devenu ministre. Moi, je suis resté fiJèle aux mêmes principes» principes qui constituent la politique du général Boulanger; aussi voudrait-on pouvoir me nuire.
» Dans ces conditions, vous reconnaîtrez, M. le ministre Yves Guyot, que c'e^t un honneur pour moi d'ôtrcî frappé par vous, et je vous remercie de ne ra'avoir pas oublié.
B Veuillez agréer, monsieur le ministre, l'assurance de ma considération distinguée.