VI PREFACE
et cependant le bruit de cette réunion a retenti dans toute VEurope.
Chacun a senti qu'il s^était passé là quelque chose de généreux et de grand, quelque chose qui nous arrachait un peu à tous ces sales tripotages parlementaires, à ces marchés de conscience, à ces négociations entre politiciens et banquiers^ à Vécœurant et monotone ti'ain train de la vie présente.
Vous aviez le droit de parler haut devant tous, car votre jeunesse pourrait être donnée en exemple à plus d'un. Riche, comblé de tous les dons, brillant officier, vous avez voulu vivre, au milieu des pionniers de la libre Amérique, de la rude et virile existence des héros de Fenimore Cooper. Vous avez quitté ce Paris qui vous aimait pour votre belle humeur et votre esprit, ce Paris où la Destinée vous avait préparé un lit si luxueux et si doux, pour aller planter votre tente aventureuse à la lisière des forêts vierges, sur un solencore à moitié sau^ vage où V homme ne vaut que par lui-même et ne peut compter que sur lui-même. . .
Vous avez rapporté de vos voyages une âme plus humaine et plus moderne que celle de nos hommes politiques qui s'épuisent en inutiles redites sur des événements accomplis, qui s'étiolent et se dessèchent sur place dans Vatmosphère factice des coteries. En ces pays où l'activité individuelle se développe sans entraves, vous avez pu apprécier combien, en réalité, la valeur du travail de l'homme est supérieure à celle de l'argent... Maintenant vous riez de bon cœur de la peur de ces consei*vateurs qui tremblent à Vidée de perdre Rothschild comme l'enfant à Vidée de perdre sa