SCÈNE ïï
Mad. DE ROSEVAL, CHARLES.
CHARLES , il/ail un profond soupir et dit d'un air très triste Madame. . . .
Mad. DE ROSEVAL.
Bonjour, monsietr Charles.. • • vous voilà doncreyenu parmi nous 't . . .
CHARLES , avec un profond soupir.
Hélas! oui, madame !. . .
Hélas! et mais, cet bélas-ià! n'est pas très
galant!. . .
CHARLES
Ah! pardon, madame.. . . mais je su1is si triste. \ouSi voyez en moi l'honune le plus malneureux!
Mad. DE ROSEVAI,.
VûUSi'
CHARLES
Oui. madame, oui, si vous saviez.. . . c'est indigne.. . • me Iraliir ainsi.. . • mademoiselle Adèle
Mad. DE ROSEVAL.
Que dites-vous.. . . ma cousine.. . .
CHARLES
Oui , mademoiselle de Fcrrière! • . -
Mad. DE ROSEVAL.
Vous Taimiez donc!- . • j'ignorais.. • •
CHARLES
Je crois bien; je ne le lui avais jamais dit à elle-même, mais elle le savait bien elle, j'en suis sûr.
Madi DE ROSEVAL.
Et pourquoi ce mystère. • . .
Ah madame!. . sa présence m'imposait tant.
Mad. DE ROSEVAL, il part.
C'est bien cela. ... un premier amour.
CHARLES
Pourlant, je m'étais décidé hier, j'avais pris une belle résolution; j'allais tout avouer à mon oncle, le croinezvous.' Avant de me laisser seulement le (emps de lui nommer celle que j'aime, il m'inieiTompt avec gravité: « JNon, mon ami , non ; je vois qu'il sagit d'amour ; autrefois j aurais pu être ton confident...- entre garçons , c'est sans conséquence, mais aujourd hui que je me range • • que je me marie. • • »
mad. DE ROSEVAL, ohement.
Comment ? il se marie ! . . .
CHARLES
Mon Dieu, oui! madame!. . .
Mad. DE ROSEVAL, awc dépit ^ à part.
Il se marie!. . . le perfide... (Aal'/) Et quelle est cette femme si séduisante ?
CHARLES
Votre cousine , mademoiselle de Ferrière. . . . celle que j'aime ! jugez de "mon désespoir. . . On a bien vu des oncles trompés quelquefois par leurs neveux ; mais un neveu se voit supplanter par son oncle !. . je vous demande si c'est raisonnable ! . .
Mad. DE ROSEVAL, à part.
Adèle!. . ma petite cousine! Décidément, c'està notre famille qu'il tenait pour y choisir une victime... lui qui me pressait.,.
Air : Ah ! si madame me voyait.
Pour mon oncle, elle m'a quitté , Moi qui l'ai toujours adorée.
Mad. DE ROSEVAL, à elle-même.
Trahir ainsi la foi jurée!
C'est une horreur, en vérité!
CHARLES, à madame de Roseval.
N'est-il pas vrai? c'est une indignité !...
Mad. DE ROSEVAL, à part.
Combien, d'nne pareille offense,
J'aimerais à le voir puni. . •
Mais, que faire pour ma vengeance?
Ah ! Dieu ! . . s'il était mon mari ! [bis.)
CHARLES
Ce qui me console , c'est que mon oncle me vengera!. . il la rendra maiheureuse, et alors, ah!. • • alors, ça me fera encore plus de peine.
Mad. DE ROSEVAL.
Vous croyez que Saint-Elmc ?. . .
CHARLES
Je vous le demande , madame , un homme qui ne songe qu'à ses plaisirs! toujours dans les bals, dans les spectacles.... léger, capricieux dans tous ses sentimens. . . • quel mari pour mademoiselle de Ferrière !
Mad. DE ROSEVAL.
En effet Ah! que j'ai été bien inspirée de ne pas
accepter Toffrc de sa main! . .
CHARLES
Comment madame, mon oncle vous a offert P. . .
Mad. de roseval.
Sans doute!
CHARLES
Et vous Tavez refusé.''
Mad. DE ROSEVAL.
A peu près ! . . •
CHARLES, très précipitamment.
Ah! madame. . . mais vous ne connaissiez donc pas mon oncle.' c'est un homme d'honneur, im excellent homme , un peu dissipé; mais qui, une fois en ménage, serait le modèle des maris.
Mad. DE ROSEVAL.
Comment, quand vous venez de me dire?. . .
CHARLES
Mon dieu, oui. . Mais c'est que j'i^^norais.. . . Vous concevez qu'épousant une jeune personne qui n'est pas assez âgée pour lui imposer...
Mad. DE ROSEVAL.
C'est-à-dire que moi, j'ai l'â^e nécessaire
CHARLES
Non, madame... ce n'est pas là ce que j'entends!... mais votre esprit... votre raison!., mon Dieu!., pourquoi l'avoir refusé!'. ... il vous aurait rendue heureuse , et il n'épouserait pas Adèle ! . . . .
Mad. DE ROSEVAL.
Air : De ma Céline, amant modeste.
Quoi! vous iillcz me faire un crime, Quand mes motifs. • .
chari.es.
Vous n'en avez aucun.
C'est moi seul qui serai viclime; Et cet hymeu n'a pas le sens commun.
Adôlc est j. une, il ne l'est plus, je pense j S'il est fort riche, Adèle a des appas.
Mad. DE ROSEVAL.
Mariage de couveuance. . .
Les époux seuls ne se conviennent pas.
CHARLES
Et dire que dans une heure , tout sera fini !
Mad. DE ROSEVAL.
Dans une heure !..
CHARLES
Oui, madame!. . au château de madame de Ferrière!. . à une demi-lieue d'ici- . . mon oncle s'est tant moqué du mariage, qu'il veut que le sien se fasse incognito. . . le notaire est prévenu, le contrat est dressé!. . . . madame, conseillez-moi ! . . . ne m'abandonnez pas ! . . . .
Mad. DE ROSEVAL.
Et quel conseil voulez-vous que je vous donne, mon pauvre Charles! ... il faut oublier Adèle- • . il faut. . . . SAINT-ELME dans la coulisse. Williams, laisse reposer Zilia... et lu la conduiras
après an château de madame de Ferrièrc ; je m'en îraî dans la voiture de ces dames.
CHARLES
Dieu ! c'est mon oncle ! . . . .
>iad. DE ROSEVAL.
Lui!. . . et que vient-il faire icii*. . . . CHMiLES ai'ec douleur.
Il vient pour vous prier à sa noco. • • ah! madame!. . . je n'y survivrai pas., je retourne à Paris!... je ne pourrais pas être témoin i". . . .
Mad. DE ROSEVAL.
Non!... non!... ne vous éloignez pas... restez au château! ^. . . .
CHARLES
Quoi, madame?. . .
Mad. DE ROSEVAL.
Il vient. . . laissez-nous!. . . {Charles sort).