‹ La Dernière maladie de Frédéric le Noble, par le dr. Morell-MackenzieChapitre 34 sur 45 · La Maladie de l'Empereur Frédéric III, p · texte numérisé non relu

La Maladie de l'Empereur Frédéric III, p

son propre aveu, « n’opérait plus »! Gerhardt espérait, en agissant ainsi, cacher sa propre incompétence. Quelque temps après, j’avais l’honneur d’être appelé de Londres, non pas, selon toute apparence, parce que mon opinion devait avoir quelque valeur, mais parce que « quiconque savait faire un examen laryngoscopique devait arriver à la même conclusion » que le professeur Gerhardt! On voit clairement les raisons pour lesquelles on m’avait appelé. Si l’opération proposée avait été pratiquée et avait réussi, Bergmann aurait dit que la nature de la maladie était parfaitement évidente ; Mackenzie n’était appelé que pour la forme. Si au contraire l’opération avait eu un résultat fatal, Bergmann aurait rejeté sur moi toute la responsabilité.

La première accusation portée contre moi par le professeur Gerhardt est que j’ai sorti la pince de ma poche et que je m’en suis servi sans la désinfecter. Il se trouve justement que Jünstrument était enfermé dans un sac de soie doublé de laine carbolisée dont je me servais depuis longtemps. Il ajoute que je n’ai pas pu jeter la lumière sur le miroir laryngien et quelle est tombée sur la joue du malade. Naturellement, en projetant un rayon de lumière sur un miroir, ce rayon doit glisser sur le visage du

malade avant de frapper la petite glace, et si le professeur Gerhardt a vu ce rayon au moment de son passage, cela n’était certainement pas de ma faute. Prétendre que j’ai pu introduire la pince dans le larynx sans que ce dernier ait été éclairé, c’est une théorie tellement absurde qu’il est inutile de s’en occuper. J’ai déjà fait allusion à l’allégation entièrement fausse de Gerhardt que j’avais blessé la corde vocale droite. A l’époque où cet accident serait soi-disant arrivé, j’avais été accusé de maladresse. Mais dans son rapport maintenant publié, Gerhardt ne se contente plus de cette aimable insinuation et m’accuse d’avoir été maladroit de propos délibéré. Il dit 1 : « C’est le premier cas dans lequel un spécialiste du larynx ait enlevé par méprise une partie saine des cordes vocales. » Tout ce que je puis dire, c’est que l’infamie d’une accusation aussi monstrueuse retombe sur celui qui la porte. Le professeur Gerhardt a probablement voulu faire croire que, pour dérouter Yirchow et pour obtenir de lui un rapport favorable sur la partie enlevée, j’avais fait exprès d’exciser un morceau de tissu sain au lieu d’un morceau de tissu malsain. Il a pensé que sa

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