‹ La dernière nuit de don JuanChapitre 14 sur 58 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

LA MARIONNETTE DE POLICHINELLE, [tapant sur le Diable ]

Pan I — Tiens ! mon bâton s'est cassé 1 Sale bête !

^Le Diable a disparu.]

Tu changes de bâton?

LA MARIONNETTE DU DIABLE, [reparaissant . 1

Crrrrr !

LA MARIONNETTE DE POLICHINELLE, [tapant de nouveau. |

Pan I C'est inouï !

[Le Diable a disparu encore.] DON JUAN.

On ne bat pas le Diable !

LA MARIONNETTE DE POLICHINELLE

On le fait souffrir?

Oui.

LA MARIONNETTE DU DIABLE, reparaissant.

Tiens! comment?

Tu verras quand tu seras grand.

LA MARIONNETTE DU DIABLE

Peste

LA MARIONNETTE DE POLICHINELLE, [tapant à tour de bras sur le petit Diable.]

Pan! un autre bâton I... PanI un autre... Pan!...

Reste Calme !

LA MARIONNETTE DE POLICHINELLE

C'est que j'ai peur !

Sans peur et sans remord...

LA MARIONNETTE DU DIABLE

Il faut vivre sa vie...

II faut mourir sa mort !

LA MARIONNETTE DE POLICHINELLE

II m'emporte! à quoi bon être brave? Je miaule!

DON JUAN, [au petit Diable.]

Alors, vous l'emportez comme ça sur l'épaule ?

PKEMIÈRE PARTIE. 45

LA MARIONNETTE DU DIABLE

N'est-ce pas que c'est effrayant?

C'est curieux.

Mais comme il se tient mal !

LA MARIONNETTE DU DIABLE

Toi, tu te tiendrais mieux?

Oui.

LA MARIONNETTE DU DIABLE

Toi, lu me ferais souffrir?

Oui. Ça te navre?

LA MARIONNETTE DU DIABLE, [changeant tout à coup de voix.]

Ça m'intrigue. Je pose un instant mon cadavre.

Je voudrais bien savoir, mon cher, par quel moyen...

Tiens!... et ça t'a coupé l'accent italien?

LA MARIONNETTE DU DIABLE

...Tu me ferais souffrir?

-Tu sais bien que lu soulïres Quand lu suspens un êlre au-dessus de les gouflVcs Sans qu'il pâlisse 1 Quand lu l'emporles, lu veux Qu'il se fasse Iraîner longlemps par les cheveux Et s'accroche à lous les piliers du péristyle! Tes cornes, sur le feu que ton mufle ventile, Ne veulent secouer qu'un lutteur décousu... Moi, quand lu m'auras pris, tu ne m'auras pas eu !

LA MARIONNETTE DU DIABIE

Pas eu ? J 'aime « pas eu » I

Pour m'avoir, mon bonhomme.

Il laudrait m'avoir fou, rageant, et hurlant comme Ce pitre I Ou bien l'œil clos, pâle, le souffle à bout. Gisant... comme j'avais les femmes ! Mais, debout, On ne m'a pas! Je ris sous la porte où le Dante N'a pas gravé pour moi sa phrase intimidante, Car j'ai des souvenirs plus brûlants que tes crocs! Seulement, moi, c'est moi!

LA MABIONNETTE DU DIABLE

C'est-à-direP

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