PROLOGUE
PROLO&UE
On ne voit rien qu'un élroit escalier vaguement éclairé, dont la spirale se perd en haut, et qui s'enfonce dans un gouffre. Un reflet vert et sulfureux éclabousse les marches du bas.
Au lever du rideau, la Statue du Gommandei r apparaît, descendant d'un pas pesant. Elle tient par le bras Don Juan, magnifiquement calme.
Lâchez-moi le poignet, je descendrai tout seul.
[Il récite un nom à chaque marche.]
Ninon... Laure... Agnès... Jeanne...
[On entend les plaintes d'un chien. Don Juan écoute.]
Â.I1! ;ien«, mon éfagneul Qui me pleure. C'était une admirable bête, Monsieur.
l4 LA DERMÈRE NUIT DE DON-JUAN
[Il conliaue ù descendre.)
Armande... El vire...
[Il s'arrèle.]
Ah ! souffrez qu'on s'arrête Et, seigneur Commandeur, que, prêtant, s'il vous plaît. Une oreille à la voix du fidèle valet Qui me tenait là-haut tant d'honnêtes langages. Je connaisse le cri de sa douleur,
LA VOIX DE SGANARELLE, [d'en haut.]
Mes gages !
DON JUAN, [à -la Statue.]
Pourrais-je remonter, monsieur, quelques instants, Pour lui payer ce que je lui dois?
LA STATUE
Oui. J'attends.
Mille grâces.
[Il remonte l'escalier.]
LA STATUE, [seule.]
Reviendia-t-il?
DON JUAN, [redoscenJaiil.j
Là, je suis quitte.
Il a le coup de pied dans le cjjI qu'il mérite.