‹ La Désarticulation de la HancheChapitre 5 sur 47 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

«Avant les guerres de la République et de l'Empire, le fémur n'avait été désarticulé que cinq ou six fois pour des cas pathologiques, gangrène ou carie articulaire », nous dit FARABEUF, et il ajoute : «Ce fut D. LaRREyY, qui, par un excellent procédé, pratiqua probablement la première désarticulation traumatique. »

Avant lui, en effet, de nombreux chirurgiens avaient étudié la question de la désarticulation de la hanche, mais quelques-uns seulement avaient osé la pratiquer sur le vivant et, hélas sans grand succès.

Ce fut Moranr, célèbre chirurgien français, qui en 1738, eut l’idée d’une telle intervention, et ce furent deux de ses élèves Puraop et WoLER, qui écrivirent en 1739 le premier travail sur la désarticulation de la hanche.

On conçoit qu’à cette époque, où il n’y avait ni anesthésie, ni aseptie, ni agents hémostatiques, une telle hardiesse devait provoquer bien des protestations. Même pour des interventions beaucoup moins importantes, en effet, la mortalité opératoire était très grande. Aussi il y eut de véritables polémiques.

RAvATON, dès 1743, avait mis au point sa technique, mais lorsqu'il eut l'occasion de l’expérimenter sur le vivant,

les médecins chargés du même malade s’opposèrent à l’intervention.

LALOUETTE décrivit en 1748 son procédé à lambeaux ; et Lacroix, médecin de l’Hôtel-Dieu d'Orléans, la même année, exécuta sur le même sujet la double désarticulation à quelques jours d'intervalle. Le résultat fut fatal ; mais le petit malade, car c'était un enfant, survécut pourtant 11 jours après la deuxième désarticulation. La possibilité de la désarticulation de la hanche était done prouvée du même coup.

Les chirurgiens commencèrent alors à s'intéresser à la question et l’Académie royale de Chirurgie mit à l’étude «l’amputation du fémur à l’articulation coxo-fémorale ».

En 1756, elle proposa la question suivante pour son grand prix annuel : « Dans le cas où l’amputation de la cuisse dans son articulation avec l’os de la hanche paraît l’unique ressource pour sauver la vie à un malade, déterminer si l’on doit pratiquer l'opération, et quelle serait la méthode la plus avantageuse de le faire ».

Elle reçut 34 mémoires, mais aucun ne lui parut satisfaisant. De nombreux chirurgiens mettaient au point leur procédé. GoursAuLT en 1758 rédigea un beau mémoire. La question fut bientôt remise au concours, et, l’année suivante, en 1759, BARBET fut couronné,

Ce fut la même année que MouBLeTt publia dans le journal de Vandermonde un grand travail sur la désarticulation de la hanche «avec une érudition consommée et un talent très distingué » dit LisFRANC.

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