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qu'il peut danser, monter sur une échelle, courir et même qu'il lui est arrivé, alors qu'il se trouvait sur un escabeau, de faire un saut de deux mètres environ de profondeur et de tomber sur son moignon sans en accuser une gêne quelconque.
Au point de vue fonctionnel, il existe donc un résultat parfait. Au point de vue anatomique, nous allons voir qu'il en est de même :
En effet, l'examen du moignon nous a permis de constater que ce dernier, très solide, puisque le malade peut marcher directement sur lui sans accuser de douleur, ne présente qu’un très léger degré de bascule ; la cicatrice de l'intervention est termino-dorsale, en fer à cheval, non adhérente, non douloureuse. La palpation nous a fait apprécier la mobilité parfaite de l'articulation tibio-tarsienne et permis de sentir la tête astragalienne à peine basculée, le scaphoïde plus nettement descendu. Le moignon en avant est tapissé par un coussinet fibro-musculaire épais et bien vascularisé. Les mouvements actifs se passent au niveau de l'articulation tibio-tarsienne ; ils ont gardé leur amplitude normale. Dans l'extension la main qui palpe perçoit nettement la corde faite par le tendon du jambier antérieur dont l’attache sur le squelette restant de l’arrière-pied et en particulier sur le scaphoïde paraît très solide. Les muscles de la loge antérieure de Ja jambe se contractent normalement et entraînent un mouvement d'’extension du moignon de grande amplitude. Les muscles postérieurs ont conservé toute leur tonicité et toute leur force et déterminent des mouvements de flexion d'amplitude normale. Enfin les muscles de la loge externe permettent encore au moignon des mouvements latéraux d’ailleurs limités. Du côté de la jambe, nous avons noté une légère atrophie globale de 2,5 centimètres, portant à la fois sur les muscles antérieurs et sur les muscles postérieurs, atrophie qui, aux dires du malade, aurait tendance à s’atténuer. Nous n'avons pas noté, enfin, l'existence de troubles trophiques.
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: Quant au résultat orthopédique, il est également très bon. Cependant, et c’est là ce qui fait tout l’intérêt de la question, le blessé nous assure qu'il ne peut pas supporter les chaussures orthopédiques, qui lui avaient été conseillées, voire même les chaussures ordinaires dans lesquelles on avait fixé une lame d'’acier pour éviter leur cassure. Ces chaussures ont, d’après lui, deux inconvénients majeurs : d’une part, elles sont trop lourdes et, d'autre part, paralysant ou tout au moins diminuant dans de fortes proportions les mouvements de flexion et d’extension du moignon sur la jambe, ou plutôt de la jambe sur le moignon, pendant la marche, elles transforment ce dernier, dont la principale valeur est d’être mobile, en un moignon fixe et solidaire de la jambe et rendent ainsi la marche beaucoup plus pénible, fatigante et hésitante, autant que celle qui est réservée à un amputé selon la méthode de Syme. L’appareillage est donc très simple, il n’existe pratiquement pas. En effet, les chaussures employées par le blessé sont des bottines ordinaires à lacets, fabriquées en séries. L’extrémité de la bottine gauche qui chausse le moïgnon a été remplie avec un peu de coton tassé et sa semelle, ainsi que son talon, sont renforcés par une lamelle de cuir fixée extérieurement tout le long de leur partie externe, ce qui a l’avantage à la fois de redresser l'attitude en léger varus, que tendrait à prendre le moignon et d'empêcher la cassure de la chaussure.
Une radiographie pratiquée tardivement nous a permis d'apprécier la situation réciproque des os de l’arrière-pied : la face inférieure du calcanéum se trouve dans le plan horizontal, l’astragale à conservé une position haute et à peu de choses près normale, sa tête est recouverte par le scaphoïde, lui ,nettement descendu. En somme on peut dire qu’il y a une bascule du scaphoïde, mais que par contre l’astragale et le calcanéum ont gardé une position presque normale, en tous cas très satisfaisante et ‘bien meilleure que celle que l’on observe après une désarticulation de Chopart, même réussie.
NES AREA
Voici donc l'observation très intéressante, qui fut le point de départ de notre travail. Elle nous a permis de ürer plusieurs notions d’une importance certaine et nous à donné des vues nouvelles sur un chapitre très embrouillé de la thérapeutique chirurgicale. Elle nous montre, en effet :
qu elle empêche la bascule du moignon toujours à craindre dans la désarticulation de Chopart ;
que le résultat orthopédique est parfait et de beaucoup supérieur à celui que donnent les désarticulations du pied, que certains chirurgiens ont tendance à pratiquer systématiquement.
Nous croyons que ces résultats sont dus pour une assez grande part à la technique employée, mais nous croyons également qu'ils doivent être obtenus dans tous les cas de désarticulation pré-scaphoïdienne lorsque son indication est nettement posée.
Essayer de le démontrer est donc le but de ce travail.
TS
Schémas représentant à gauche la désarticulation de CHOPART et à droite la désarticulation pré-scaphoïdienne : P : Poids du corps. — E : Extenseurs. — F : Fléchisseurs. S : Scaphoide. — C A : Astragale-calcanéum.