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D'abord elle met le pied à l’abri de l'infection. Une asepsie parfaite est facile à entretenir au niveau d’une tranche de section nette, propre, exempte de lambeaux sphacélés, alors qu’elle serait impossible au niveau de chairs broyées, fortement infectées, où les arthrites infectieuses des petites jointures du tarse auraient tôt fait de se développer.
Ensuite, elle permet la réparation complète des désordres qui se sont produits au niveau des articulations voisines. Ne connaît-on pas les épanchements, souvent sanguins, dans les articulations du tarse, qui ont été ébranlées, sans être directement lésées, par la force du traumatisme? N'est-ce pas la meilleure thérapeutique que de laisser le pied dans un repos complet?
Enfin elle donne la facilité au matelas musculocutané de bourgeonner, de retrouver une vitalité nouvelle, une vascularisation parfaite, qui permettront au chirurgien une taille facile d’un lambeau satisfaisant, une suture totale. et solide, sans risquer la désunion, l'infection ou le sphacèle.
Cette prudence opératoire nous semble nettement indiquée. L'observation rapportée par le Docteur Molin tendrait à infirmer cette assertion, puisqu'il a pu obtenir un bon résultat en intervenant en un seul temps. Le cas peut-être s’y prêtait spécialement, le lambeau lui à paru sans doute suffisant pour pratiquer une désarticulation pré-scaphoïdienne d’emblée. Maïs nous croyons que, dans la majorité des cas, il est sage, si l’on veut être certain du bon résultat définitif, de se mettre à l’abri de tous les risques possibles et nom-
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breux, en pratiquant les deux temps séparés de l’intervention économique. Cette technique a donné à notre maître, le Docteur Laroyenne, les meilleurs résultats, non seulement dans le cas que nous rapportons, mais encore dans celui de désarticulations plus hautes. C’est un procédé qui, par ailleurs, pourrait être pratiqué avec intérêt dans les gangrènes spontanées.
Telles sont les indications, on le voit, nombreuses, de la désarticulation pré-scaphoïdienne. Ce sont, en somme, les mêmes que celles de la désarticulation -de Chopart, du temps où:elle jouissait d’une grande renommée. Autant nous sommes aujourd'hui adversaires de cette dernière, autant nous voudrions, dans l'avenir, voir se généraliser la méthode d’'Hayward.
Conclusions
La désarticulation pré-scaphoïdienne est une intervention ancienne, préconisée et tentée avec succès dans la première moitié du x1x° siècle. Elle paraît avoir été oubliée depuis et n'être que très rarement pratiquée à l'heure actuelle. |
Ses avantages ont pour cause la conservation du scaphoïde, qui, d’une part, empêche la bascule du moignon et, d'autre part, permet de conserver l’action des muscles jambiers.
Les résultats fonctionnels sont excellents : la station debout est parfaite, la marche à peine gênée.
Les résultats orthopédiques sont de loin supérieurs à ceux que fournissent les désarticulations du pied ou la désarticulation de Chopart.
La technique est simple, ne comportant pas de précautions opératoires spéciales.
Les indications sont nombreuses et, parmi elles, se placent au prémier rang les traumatismes de l’avantpied. Il sera souvent récessaire de traiter ces traumatismes en deux temps : dans un premier temps, qui n'’aen vue que la suppression de l'infection et de la douleur, régularisation et amputation atypique en
do Ep le
ménageant, autant que possible, les chairs plantaires ; dans un second temps, amputation pré-scaphoïdienne. Cette ligne de conduite, applicable d’ailleurs à d’autres amputations partielles ou totales du pied, a souvent l'avantage de permettre d’être plus conservateur, que si l'on opérait en un seul temps. |
Va : Le PRÉSIDENT DE LA Trèse, Le Doyen, TIXIER JEAN LEPINE.
Vu et permis d'imprimer Lyon, le 21 Octobre 1931.
Le RECTEUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE L’'UNIVERSITÉ,
Josepx GHEUSI.
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