TRAUMATISME
Si, dans les cas précédemment envisagés, la désarticulation pré-scaphoïdienne, soit par suite de la rareté de l'affection, soit par suite du caractère exceptionnel
DOI T. Ness
que présente son indication, ne paraît pas pouvoir être considérée comme un procédé fréquemment utilisable, dans les traumatismes de l’avant-pied, au contraire, elle se pose comme un procédé de choix. |
Quand on approche, en effet, de la base des métatarsiens et de l’interligne complexe de Lisfranc, quand il y a, par exemple, un traumatisme étendu, avec broiement total de l’avant-pied, comme c'était le cas pour notre malade, il faut alors de toute nécessité pratiquer une amputation du pied en arrière. La désarticulation de Chopart, sur les incertitudes de laquelle il est inutile de revenir, doit être délaissée au profit de la désarticulation pré-scaphoïdienne, dont on peut compter sur les résultats. Mais rares sont les cas où cette dernière pourra être pratiquée d'emblée. En effet, ce qui fait la valeur de cette amputation, c’est, en grande partie, la bonne dissection d’un lambeau plantaire. Or, celui-ci, le plus souvent, ne peut être taillé convenablement au voisinage immédiat d’un broiement récent et, de plus, est exposé à se mortifier, ne peut être rabattu et suturé correctement, s’il se trouve dans la zone réactionnelle, qui avoisine un grand traumatisme.
Et c'est précisément ici qu'une amputation d'’urgence, une sorte d’amputation atypique à section plane, en conservant autant que possible le lambeau plantaire, semble présenter de grands avantages, la désarticulation économique pré-scaphoïdienne n'étant pratiquée que dans un second temps.
Cette façon d'intervenir en deux temps donne un profit certain :